Côte d’Ivoire : l’ex président Laurent Gbagbo reconduit à la tête du PPA-CI

Laurent Gbagbo a été reconduit à la tête du PPA-CI lors du premier congrès ordinaire du parti, tenu à Abidjan. Cette reconduction intervient dans un climat de fortes tensions internes, marqué par la radiation d’Ahoua Don Mello et de plusieurs cadres, ainsi que par une série de suspensions visant des responsables accusés d’indiscipline politique.

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Côte d’Ivoire : l’ex président Laurent Gbagbo reconduit à la tête du PPA-CI
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Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a reconduit jeudi 14 mai son fondateur Laurent Gbagbo à sa présidence lors de son premier congrès ordinaire, tenu au Palais de la Culture de Treichville, dans le Sud d’Abidjan selon plusieurs sources présentes sur place. Le congrès a également prononcé trois radiations et au moins vingt-cinq suspensions parmi les cadres du parti.

L’annonce lève un suspense entretenu depuis octobre 2025, lorsque Gbagbo avait déclaré au micro du journaliste Alain Foka « J’ai assez donné. » Le 7 mai 2026, réuni en session extraordinaire du comité central au siège du parti à Abidjan, l’entourage du dirigeant avait finalement obtenu de lui qu’il reste. « Je reste avec vous pour continuer le combat », avait-il déclaré ce jour-là, selon l’agence APA. La reconduction par le congrès consacre cette décision.

Le congrès a également prononcé la radiation sans surprise de Ahoua Don Mello, ancien vice-président exécutif du parti et ex-candidat à la présidentielle d’octobre 2025, Fernand Ahilé, ancien secrétaire national, et Kanga Kouakou Antoine, dont le ralliement récent au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir, avait précipité l’exclusion. Stéphane Kipré, ancien premier vice-président exécutif, et Georges Armand Ouégnin ont été suspendus de toutes activités partisanes pour dix-huit mois. Onze autres membres ont écopé de suspensions de douze mois, pour un total d’au moins vingt-cinq cadres et militants sanctionnés.

Ces décisions s’inscrivent dans une crise de discipline interne ouverte lors des élections législatives du 27 décembre 2025. Le PPA-CI avait décidé le boycott de ce scrutin, mais plusieurs cadres sont passés outre la consigne. Kipré a été le seul à se faire élire dans cette configuration. Don Mello, dont les difficultés avec la direction du parti datent de l’élection présidentielle d’octobre 2025, avait soumis sa candidature à la Commission électorale indépendante (CEI) alors que le PPA-CI avait désigné Gbagbo comme son unique candidat. Il s’était alors défendu de toute indiscipline. « Je n’ai violé aucune règle », avait-il déclaré lors des procédures. Blaise Lasm, ancien responsable régional des Grands-Ponts, détenu depuis plusieurs mois pour atteinte présumée à la sûreté de l’État dans un dossier distinct, figurait parmi les quelque cinquante-trois cadres interdits d’accès au congrès par une décision signée le 12 mai.

Un débat sur la relève

Né le 31 mai 1945 à Mama, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, 81 ans, a fondé le Front populaire ivoirien (FPI) en 1982 avant d’accéder à la présidence de la République en 2000. Son mandat s’est achevé dans la violence post-électorale de 2010-2011. Transféré à La Haye pour y être jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité présumés, il a été acquitté en première instance en 2019 et définitivement en appel en 2021. De retour en Côte d’Ivoire en juin 2021, il a fondé le PPA-CI en août de la même année. La formation a boycotté l’élection présidentielle d’octobre 2025, remportée par le président sortant Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, et les législatives de décembre 2025. Le thème retenu pour le congrès et la Fête de la Renaissance organisée en parallèle était « Cohésion et remobilisation pour la conquête des libertés et de la souveraineté ».

La reconduction de Gbagbo à 81 ans relance le débat sur la question de la succession à la tête d’un parti qui, depuis sa création, n’a pas encore clairement identifié de successeur consensuel. Plusieurs cadres influents coexistent dans l’appareil, sans qu’aucun ne s’impose à ce stade. Les travaux du congrès couvrent notamment la révision des textes fondamentaux, le panafricanisme et les alliances stratégiques, le processus électoral et la restauration de la démocratie.

Le congrès doit se poursuivre vendredi 15 mai, avant un grand meeting populaire prévu à Songon-Dagbé les 15 et 16 mai 2026.

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