Corruption d’Etat en Afrique du Sud: deux suspects de premier plan arrêtés aux Émirats

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L’Afrique du Sud tente de les amener devant la justice depuis des années: deux frères de la sulfureuse famille Gupta, au cœur d’un vaste scandale de corruption d’Etat impliquant l’ex-président Jacob Zuma, ont été arrêtés aux Emirats.

Le ministère de la Justice sud-africain a déclaré lundi soir dans un communiqué avoir reçu confirmation: « Le ministère de la Justice et des Services correctionnels confirme qu’il a reçu des informations des autorités des Émirats arabes unis (EAU) selon lesquelles les fugitifs Rajesh et Atul Gupta ont été arrêtés ». Les autorités des deux pays sont en discussion sur la procédure à suivre, poursuit-il, ajoutant que « le gouvernement sud-africain continuera à coopérer avec les EAU ».

Ajay, Atul et Rajesh Gupta, trois frères d’origine indienne et redoutable trio d’hommes d’affaires, sont accusés d’avoir pillé les caisses de l’Etat, avec la complicité de M. Zuma pendant ses neuf ans au pouvoir (2009-2018). Interpol a lancé en juillet un avis de recherche contre deux d’entre eux, dans le cadre d’un contrat douteux d’1,5 million d’euros (25 millions de rands). Le troisième frère, Ajay, n’est pas concerné ici mais il est cité dans une autre affaire de détournements de fonds et corruption.

« Tout ce qu’ils voulaient »

En 2016, après des révélations dans la presse, un rapport accablant sur la corruption généralisée détaille comment la fratrie proche de M. Zuma a remporté de lucratifs contrats publics et participé à la gestion des affaires de l’Etat, allant jusqu’à nommer des ministres.

Ils sont accusés d’avoir siphonné les caisses des entreprises publiques dans plusieurs secteurs: l’électricité avec Eskom, les transports avec Transnet et l’aviation avec SAA. Le trio a fui l’Afrique du Sud peu après la création, en 2018, d’une commission présidée par le juge Raymond Zondo et chargée d’enquêter sur la corruption d’Etat.

Un volet remis en avril de son rapport, dont les conclusions sont encore attendues, souligne qu' »il est clair que dès le début de son premier mandat, (l’ancien) président Zuma était prêt à faire tout ce que les Gupta voulaient qu’il fasse pour eux ».

Ces scandales ont contribué à la chute de l’ancien chef d’Etat, lâché par son parti et poussé à la démission. Condamné à la prison en juillet pour outrage à la justice, il est aujourd’hui en liberté conditionnelle pour raison de santé. Son procès pour corruption est toujours en cours.

Le successeur de Jacob Zuma, l’actuel président Cyril Ramaphosa, a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Mais il a lui-même été entendu par la commission Zondo.

Arrivés en Afrique du Sud en 1993, les Gupta ont bâti un empire commercial, investissant les secteurs miniers, informatique et des médias. En 2019, le Trésor américain leur a imposé des sanctions et gelé leurs actifs sous sa juridiction. Selon certaines estimations, le trio aurait raflé environ trois milliards d’euros (50 milliards de rands) au travers d’activités illicites.

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