Burkina : l’entrepreneuriat bientot une discipline obligatoire dans les cursus universitaires

Le Burkina Faso veut faire de l’entrepreneuriat une discipline obligatoire dans les cursus de licence et de master, dès la rentrée universitaire 2026-2027. Cette réforme, portée dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous, vise à mieux préparer les étudiants à l’auto-emploi dans un pays où le marché du travail reste dominé par l’informel.

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Burkina : l’entrepreneuriat bientot une discipline obligatoire dans les cursus universitaires
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Le Burkina Faso envisage d’ériger l’entrepreneuriat en discipline transversale obligatoire dans l’ensemble des cursus de licence et de master. Cette orientation se dégage des travaux de 36 commissions d’experts réunies du mardi 9 au jeudi 11 juin dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), dont la restitution s’est tenue à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, sous l’égide de la Direction générale de l’enseignement supérieur. L’information a été rapportée par l’Agence Ecofin à partir du communiqué officiel.

L’entrepreneuriat rejoindrait ainsi un ensemble de nouveaux modules transversaux destinés à tous les programmes, aux côtés de l’anglais, du sport, des langues nationales et d’une formation civique et patriotique. Ces enseignements s’imposeraient aux établissements publics comme aux institutions privées d’enseignement supérieur (IPES). Une partie de ce socle avait déjà été fixée par deux arrêtés entrés en vigueur le 1er octobre 2025, dont l’application aux curricula, qui inclut également l’informatique et les arts, a été différée à la rentrée universitaire 2026-2027 pour permettre une refonte des programmes.

Le directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Honorat Roger Charles Nébié, a présenté cette relecture comme une démarche destinée à « endogénéiser et harmoniser » le contenu de l’enseignement supérieur. Le directeur général de l’enseignement supérieur, Gnidouba Roger Lanou, a rattaché la réforme à un décret de 2018 et à la volonté d’introduire des éléments de professionnalisation et des valeurs civiques, évoquant l’objectif de « construire le citoyen de demain ».

Lancée en 2024 à l’initiative du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, l’IPEQ vise une transformation d’ensemble du système éducatif burkinabè. Elle comporte un volet d’infrastructures, avec la construction annoncée de complexes d’amphithéâtres et de bâtiments administratifs, et ce volet pédagogique de révision des contenus.

Un marché du travail dominé par l’informel

La réforme intervient dans un contexte où l’insertion des diplômés demeure difficile. Selon l’Enquête nationale semestrielle sur l’emploi (ENES) de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), le taux de chômage national s’établissait à 3,5 % au second semestre 2024, en recul par rapport aux 5,3 % de 2023.

Ce taux global masque toutefois des écarts selon le niveau d’études. L’INSD relève que le chômage augmente avec le niveau d’instruction, les personnes ayant atteint l’université affichant une proportion de sans-emploi environ deux fois supérieure à celle des personnes de niveau primaire. L’économie reste par ailleurs très largement informelle, avec 93,5 % d’emplois informels recensés en 2024, le secteur formel n’employant que 6,7 % des actifs occupés au niveau national.

C’est cet écart entre niveau de diplôme et débouchés que la révision des curricula entend réduire, en orientant la formation vers la création d’activité plutôt que vers la seule recherche d’un emploi salarié.

Une université orientée vers l’auto-emploi

L’introduction de l’entrepreneuriat dans les programmes prolonge des dispositifs déjà engagés. En janvier 2024, l’Université Joseph Ki-Zerbo avait accueilli le lancement du Statut de l’étudiant-entrepreneur du Faso et d’un pôle de préincubation, avec l’appui de l’Agence universitaire de la Francophonie, pour accompagner les projets portés par les étudiants.

La portée de la mesure dépendra des moyens pédagogiques mobilisés et de la formation des encadrants, l’entrepreneuriat supposant un accompagnement distinct des enseignements académiques classiques. Les nouveaux modules transversaux ont vocation à s’appliquer à compter de la rentrée universitaire 2026-2027.

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