Burkina : plusieurs personnalités renvoyées devant la justice pour l’assassinat de Norbert Zongo
Le procès de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, tué en 1998 avec trois de ses compagnons, n’ouvrira pas à la date initialement envisagée au Burkina Faso. Un recours introduit devant la Cour de cassation par l’avocat de l’un des accusés suspend la procédure, alors que trois personnes ont été renvoyées devant le tribunal par la chambre d’instruction.

Le procureur général près la cour d’appel de Ouagadougou a annoncé que le dossier était prêt pour « la tenue d’une audience » de jugement. Le 31 juillet, Me de Banagoulo Yaro a toutefois saisi la Cour de cassation pour contester l’arrêt rendu par la chambre d’instruction, entraînant le report de l’ouverture des débats.
La justice burkinabè affirme vouloir parvenir à une issue « diligente » dans le respect des règles de procédure. Le calendrier du procès ne pourra cependant être arrêté qu’après l’examen de ce recours.
Trois personnes renvoyées devant le tribunal
Après plusieurs années d’instruction et de rebondissements judiciaires, la chambre d’instruction a ordonné le renvoi de Wanga Christophe Kombasséré, Banagoulo Yaro et Paul François Compaoré, le frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré.
Selon les éléments communiqués par le parquet général, les deux premiers sont poursuivis pour des faits liés à l’assassinat de Norbert Zongo et à la destruction volontaire aggravée de biens. François Compaoré est, lui, poursuivi pour des faits de complicité ou d’incitation à la commission d’un assassinat, selon la qualification retenue dans la procédure. Ces accusations devront être examinées par le tribunal et ne constituent pas, à ce stade, des condamnations.
Norbert Zongo, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été tué le 13 décembre 1998 à Sapouy, alors qu’il enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré. Le journaliste a été retrouvé dans un véhicule incendié avec son frère Ernest Zongo, Blaise Ilboudo et Abdoulaye Nikiéma.
Le quadruple meurtre avait suscité une forte mobilisation au Burkina Faso et de nombreuses demandes d’enquête indépendante. La procédure a été relancée au fil des années, notamment après la chute de Blaise Compaoré en 2014.
François Compaoré, qui vit à Abidjan depuis 2024, est également visé par la procédure judiciaire. Il s’était rendu en Côte d’Ivoire pour rendre visite à son frère et n’aurait pas réussi, selon les informations disponibles, à faire renouveler son visa pour la France. Les modalités de sa comparution devront être précisées dans le cadre de la procédure.
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