Bénin : tout savoir sur les 24 ministres du premier gouvernement Wadagni

Le premier gouvernement de Romuald Wadagni dessine une équipe mêlant continuité technocratique, reconduction de cadres clés du régime Talon et émergence de nouveaux profils encore peu connus du grand public. Entre le maintien d’Yvon Détchénou à la Justice, la promotion d’Aristide Médenou à l’Économie, l’arrivée de Corinne Amori Brunet aux Affaires étrangères et la création d’un portefeuille dédié à l’intelligence artificielle, cette équipe donne les premiers indices de la méthode Wadagni.

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Bénin : tout savoir sur les 24 ministres du premier gouvernement Wadagni
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Le premier gouvernement de Romuald Wadagni combine continuité et renouvellement ciblé. Plusieurs figures clés de l’ère Talon sont reconduites, notamment Yvon Détchénou à la Justice, Benjamin Hounkpatin à la Santé, Véronique Tognifodé à la Famille et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, désormais recentrée sur la Communication et les Médias. Le pôle économique occupe une place centrale avec Aristide Médenou, ancien directeur général de l’Économie, nommé ministre de l’Économie et des Finances, entouré de trois ministres délégués chargés des Finances et de la Microfinance, du Budget et de la Fonction publique, ainsi que de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette.

Le gouvernement affiche aussi de nouveaux signaux politiques. Corinne Amori Brunet, ancienne ambassadrice du Bénin en France, prend les Affaires étrangères, marquant une rupture générationnelle dans la diplomatie béninoise. Un ministère dédié à la Transformation digitale, à l’Innovation et à la stratégie nationale d’intelligence artificielle est confié à Mahouna Aklogan, tandis que plusieurs nouveaux ministres restent encore peu documentés publiquement. L’ensemble donne l’image d’une équipe technocratique, orientée vers la continuité économique, la sécurité, la diplomatie pragmatique, le numérique et la gestion des attentes sociales du nouveau mandat.

Yvon Détchénou – Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation

Premier ministre cité dans le décret n°2026-314 du 24 mai 2026 portant composition du gouvernement du président Romuald Wadagni, Yvon Détchénou est une figure de continuité dans un exécutif de transition générationnelle. Avocat de carrière, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin (2017-2020) et ex-vice-président de la Conférence des barreaux de l’espace UEMOA, il avait été nommé pour la première fois à ce portefeuille le 17 avril 2023 par l’ancien président Patrice Talon, en remplacement de Sévérin Quenum.

Fils de feu Antoine Détchénou, ancien directeur du CEG de Gbégamey à Cotonou et ex-directeur de l’Office du Baccalauréat, il est le troisième avocat consécutif à occuper le poste de Garde des Sceaux sous l’ère Talon, après Joseph Djogbénou et Sévérin Quenum. Expert juriste auprès de la Commission de l’UEMOA et ancien membre de l’Autorité de protection des données personnelles (APDP) du Bénin, il avait été fait chevalier de l’Ordre national du Mérite de France en novembre 2022, cinq mois avant sa première nomination.

En deux ans sous Talon, il aura conduit la création de quatre nouvelles structures judiciaires — dont la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF) et l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués (ANRACS) —, fait adopter par l’Assemblée nationale en mars 2025 une réforme du Code de procédure pénale (loi n°2025-06), et défendu un budget sectoriel de 37,6 milliards de F CFA (environ 57 millions d’euros) pour 2026, axé sur la digitalisation des procédures et l’achèvement de la prison civile de Ouèdo à Abomey-Calavi. Le président Wadagni lui confie la mission de poursuivre ces chantiers sous le signe d’un « État de droit plus fort ».

Aristide Médenou – ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la coopération

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Aristide Médénou hérite d’un portefeuille que son nouveau chef de l’État a lui-même occupé pendant près de huit ans sous la présidence de Patrice Talon, de 2016 à 2023. En confiant les Finances à son ancien directeur général de l’Économie, Wadagni signale une volonté de continuité technique tout en marquant une rupture dans les visages.

Aristide Médénou est un économiste de formation, diplômé notamment de l’American University ayant ensuite intégré le ministère de l’Économie et des Finances du Bénin où il a gravi progressivement les échelons de la technostructure. Il y occupe le poste de Directeur général de l’Économie (DGE) — l’une des directions les plus stratégiques du ministère, chargée de la planification macroéconomique, de la modélisation budgétaire et du suivi des politiques de développement — avant sa promotion au rang de ministre. En novembre 2025, il préside encore à ce titre les Journées scientifiques de l’économie, forum annuel réunissant chercheurs, experts et décideurs sur les enjeux économiques du Bénin.

Dans cette configuration gouvernementale inédite, le ministère central des Finances qu’il dirige est flanqué de trois ministres délégués — chargés respectivement de la Microfinance, du Budget et de la Fonction publique, et de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette —, traduisant une « gestion sectorisée » des finances publiques voulue par Wadagni. À lui revient la coordination d’ensemble de cette architecture complexe, ainsi que le pilotage de la coopération économique internationale du Bénin au moment où le pays doit renégocier plusieurs accords de financement avec ses partenaires multilatéraux.

Corinne Amori Brunet – ministre des Affaires étrangères

Nommée le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Corinne Amori Brunet accède au portefeuille des Affaires étrangères en succédant à Olushegun Bakari. Elle incarne une trajectoire inédite dans la diplomatie béninoise : franco-béninoise par sa mère, elle est la première femme ambassadrice du Bénin en France et la première issue du secteur privé et de la diaspora à avoir été investie de cette responsabilité à Paris.

Sa formation se déroule entièrement en France : baccalauréat scientifique au lycée Aristide Briand, classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Saint-François de Sales, licence en commerces et affaires internationales à l’Université Paris XII, puis master en international business management à l’INSEEC. Avant la diplomatie, elle construit plus de dix ans de carrière dans la finance et les médias, notamment au sein du groupe Novethic, spécialisé dans l’investissement responsable et la RSE, puis chez Publicis, géant mondial de la communication. En 2021, elle est distinguée par la French-American Foundation comme Young Leader, programme d’excellence réservé à de jeunes personnalités franco-américaines à fort potentiel de leadership.

Le 12 juillet 2023, le président Talon la nomme ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin en France — une première historique —, avec juridiction élargie sur la Belgique (juin 2024), l’Allemagne (décembre 2024) et la Finlande (mai 2025). Elle remet ses lettres de créance au président Emmanuel Macron le 29 février 2024. En avril 2026, elle accompagne la communauté béninoise de la diaspora lors du vote pour la présidentielle, affirmant l’engagement de la représentation diplomatique envers les Béninois de l’étranger. Le 24 mai 2026, le président Wadagni la rappelle à Cotonou et lui confie la tête de la diplomatie béninoise, capitalisant sur ses réseaux européens et sa maîtrise des enjeux multilatéraux — elle siégeait également comme déléguée permanente du Bénin auprès de l’UNESCO.

Djibril Mama Cissé Moussa – ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique

Portrait 4 — Djibril Mama Cissé Moussa, ministre délégué à l’Intérieur et à la Sécurité publique

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Djibril Mama Cissé Moussa effectue une ascension directe depuis le terrain préfectoral vers les responsabilités régaliennes de la sécurité nationale. Administrateur civil de formation et ancien secrétaire général de la mairie de Parakou, la deuxième ville du Bénin, il avait été désigné préfet du département du Borgou par décret du président Patrice Talon lors du Conseil des ministres du 2 juin 2021, selon le décret n°2021-284. Le Borgou, département du nord-est béninois dont Parakou est le chef-lieu, est l’un des territoires les plus sensibles du pays sur le plan sécuritaire, en raison de sa proximité avec le Niger et du Nigéria ainsi que des incursions jihadistes dans la zone des Trois Frontières.

À ce poste, il se distingue par une gestion rigoureuse de l’administration territoriale. Le 18 mai 2026 — soit six jours seulement avant sa nomination au gouvernement — il préside encore à Parakou une cérémonie de récompense des agents préfectoraux, valorisant publiquement le « travail bien fait et l’excellence » dans ses services. Ce geste, largement commenté dans la presse régionale du Borgou, témoigne d’un style managérial axé sur la culture du résultat jusqu’au dernier moment de son mandat préfectoral.

Sa nomination à l’Intérieur et à la Sécurité publique, en qualité de ministre délégué auprès du président de la République, s’inscrit dans l’architecture sécuritaire du gouvernement Wadagni, où la tutelle directe de la présidence sur ce portefeuille régalien est explicitement affirmée par le libellé même de sa fonction. En faisant le choix d’un praticien de l’administration déconcentrée plutôt que d’un politique, le président Wadagni signale une approche technocratique de la gestion de la sécurité intérieure, dans un contexte où le nord du Bénin reste soumis à une pression sécuritaire croissante.

Gildas Agonkan – ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale

Gildas Habib Bignon Agonkan — surnommé « Jobloski » — est l’un des profils les plus atypiques de l’exécutif. Administrateur du développement local de formation, il a d’abord construit une expérience dans la société civile et les collectivités locales, avant d’être élu député à l’Assemblée nationale du Bénin, où il préside le réseau parlementaire sur la Décentralisation et le Développement local et siège au réseau Eau et Assainissement. C’est à la sortie d’une audience avec le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou — qu’il appelle « ancien patron » —, qu’il annonce en août 2023 sa nomination comme ambassadeur au Niger, marquant sa transition du législatif vers le diplomatique.

Nommé par décret n°2023-319 du 14 juin 2023 ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près la République du Niger, il ne peut présenter ses lettres de créance qu’un an plus tard, le 6 août 2024, en raison des tensions entre Cotonou et la junte de Niamey. Sa mission tourne court le 1er février 2025 : lors d’une cérémonie à Gaya, dans le sud-ouest du Niger, il formule publiquement des « excuses au peuple nigérien » au nom du Bénin, une initiative non mandatée par Cotonou qui déclenche son rappel immédiat pour « consultations ». Le 1er juin 2025, le ministre des Affaires étrangères Bakari confirme officiellement qu’il ne retournera pas à son poste de Niamey. Entre-temps, il avait obtenu en mars 2025 un agrément simultané du Burkina Faso pour y être accrédité depuis Niamey — signe que son réseau sahélien restait jugé opérationnel à Cotonou malgré la polémique.

C’est précisément cette connaissance intime des fragilités sécuritaires et diplomatiques du Sahel que le président Wadagni mobilise en le nommant à la Défense nationale. La Nation Bénin lit sa désignation comme « le choix de la compétence et de l’engagement » pour un portefeuille régalien confronté à la pression jihadiste au nord du pays et à la nécessité de gérer des relations complexes avec les régimes militaires voisins. Son mandat : poursuivre la modernisation des Forces armées béninoises tout en tenant fermement le fil diplomatico-sécuritaire avec le Niger et le Burkina Faso.

Olushegun Adjadi Bakari – ministre du Tourisme et du Commerce extérieur, en charge de l’Industrie et de la promotion de l’investissement privé

Né le 24 octobre 1979 à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville), de parents béninois, Olushegun dit « Shegun » Adjadi Bakari est l’un des sept ministres reconduits du gouvernement Talon dans l’équipe de Romuald Wadagni. Il change cependant de registre : après avoir occupé le poste de 30e ministre des Affaires étrangères du Bénin de juin 2023 à mai 2026, il hérite désormais d’un portefeuille économique élargi couvrant le tourisme, le commerce extérieur, l’industrie et l’investissement privé.

Sa formation est entièrement tournée vers la finance internationale. Diplômé d’un Master of Science en finance de SKEMA Business School (promotion 2005), il forge ses premières armes dans les grandes institutions françaises : Société Générale, puis BMW France dans le financement automobile. Il accumule ensuite plus de 18 ans d’expérience en financement de projets internationaux, dont une fonction de conseiller économique du président togolais Faure Gnassingbé de 2016 à 2021, avant de s’engager dans l’entrepreneuriat en Afrique. Il cofonde notamment MAuto, une startup de distribution de scooters et motos électriques au Bénin et au Togo, dans laquelle il prend la tête en tant que partenaire du fonds d’investissement ATIF (Africa Transformation and Industrialization Fund), avec une vision qui dépasse la mobilité pour englober la fourniture d’énergie domestique.

Nommé pour la première fois dans le gouvernement béninois comme ministre-conseiller chargé des Investissements avant d’accéder aux Affaires étrangères en juin 2023, il conduit sous Talon une diplomatie qu’il théorise en « 4D » : Disponibilité, Diaspora, Digital et Développement. En deux ans à la tête de la diplomatie béninoise, il multiplie les ouvertures bilatérales, dont les premières consultations politiques Bénin-Serbie en juillet 2025, une rencontre avec son homologue français Jean-Noël Barrot en juillet 2025, et une présence remarquée dans les forums multilatéraux sur la transition énergétique africaine. Le président Wadagni capitalise désormais sur son réseau international de financeurs et d’investisseurs pour piloter l’attractivité économique du Bénin depuis ce nouveau portefeuille.

Ady Yéton Bloukounon Goubalan – ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche

Portrait 7 — Adin Yéton Bloukounon Goubalan, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Adin Yéton Bloukounon Goubalan arrive au ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) avec un profil entièrement construit dans la recherche agronomique et les organisations internationales spécialisées. Docteur en agronomie, il a exercé pendant plusieurs années comme chercheur à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), institution de référence mondiale dont le siège régional est basé précisément à Ibadan, au Nigéria, à quelques centaines de kilomètres de Cotonou.

Sa trajectoire internationale prend son plein essor à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), où il occupe le poste de chef d’unité au Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest, basé à Accra. Dans cette fonction, il représente l’organisation dans de nombreuses réunions stratégiques continentales et mondiales, défendant les intérêts de l’Afrique de l’Ouest sur les dossiers de sécurité alimentaire, de gestion des ressources naturelles et d’adaptation agricole au changement climatique. C’est depuis ce poste onusien qu’il est directement appelé par le président Wadagni pour prendre en charge le portefeuille agricole béninois.

Son arrivée au MAEP intervient dans un contexte où l’agriculture représente encore plus de 20% du PIB béninois et emploie la majorité de la population active. Il hérite des chantiers en cours de l’ère Talon, notamment le Programme de croissance pour le développement durable (PC2D), la filière coton qui fait du Bénin le premier producteur africain, et les défis de la mécanisation agricole et de l’accès aux intrants dans les zones rurales. Sa connaissance des mécanismes de financement international agricole et de la politique agricole régionale de la CEDEAO constitue l’atout majeur mis en avant par les observateurs pour expliquer ce choix.

Benjamin Hounkpatin – ministre de la Santé

Nommé pour la sixième fois consécutive au portefeuille de la Santé dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni le 24 mai 2026, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin est le symbole vivant de la continuité institutionnelle entre l’ère Talon et la nouvelle présidence. Né le 31 juillet 1974 à Porto-Novo, gynécologue-obstétricien de formation, professeur titulaire du CAMES depuis 2021 et ancien bâtonnier du Collège national des gynécologues obstétriciens du Bénin, il avait été nommé pour la première fois en juin 2018 par Patrice Talon et n’a plus quitté ce portefeuille depuis, traversant ainsi quatre compositions gouvernementales consécutives sous Talon avant de franchir l’alternance présidentielle.

Sa formation est intégralement béninoise : docteur en médecine de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de Cotonou en 2002, spécialisé en gynécologie-obstétrique en 2007, il gravit ensuite tous les échelons du CAMES — maître-assistant en 2013, maître de conférences agrégé en 2016, professeur titulaire en 2021 — tout en exerçant comme médecin responsable des urgences au CHU de la Mère et de l’Enfant Lagune (CHU-MEL) de Cotonou de 2010 à 2018. Avant sa première nomination, il coordonnait le Programme régional Santé de la Reproduction et prévention du VIH dans la région de la CEDEAO, ce qui l’avait imposé comme interlocuteur naturel de l’OMS sur les dossiers de santé maternelle en Afrique de l’Ouest.

En huit ans à la tête du ministère, son bilan est structurant : près de 2 800 agents de santé recrutés, le nombre de magistrats passé de 17 à 24 juridictions sanitaires, plus de 500 échographes déployés dans les formations sanitaires, un casier judiciaire entièrement dématérialisé avec 538 000 casiers délivrés en ligne, et le déploiement en avril 2024 du vaccin antipaludique RTS,S/AS01 — dont il vaccine personnellement le premier enfant bénéficiaire, surnommé « Fenou ». En décembre 2024, il représente le Bénin à Lyon lors de l’inauguration de l’Académie de l’OMS aux côtés d’Emmanuel Macron et du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le président Wadagni lui confie la mission de parachever la couverture sanitaire universelle et de consolider les acquis dans un secteur encore confronté au sous-financement structurel et à la pression du paludisme.

Sèdami Mèdégan Fagla – ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en charge de la Formation technique

Nommée le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Romarique Sèdami Mèdégan Fagla franchit un palier décisif dans une ascension construite méthodiquement depuis les bancs de l’université. Née le 10 décembre 1978 à Cotonou, elle est maître-assistant des universités du CAMES en chimie organique et chimie pharmaceutique à la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université d’Abomey-Calavi, où elle enseigne depuis de nombreuses années. Membre du bureau politique et de la direction exécutive nationale du parti Union Progressiste (UP), elle est élue députée à l’Assemblée nationale lors de la 8e législature (2019-2023), où elle s’implique notamment dans les audiences publiques sur la santé et les questions d’éducation.

En décembre 2024, le président Patrice Talon la nomme ministre conseillère à l’Enseignement secondaire, supérieur et à la Recherche scientifique auprès de la présidence de la République, un poste de préfiguration qui lui permet de prendre la mesure du secteur depuis les couloirs du Palais de la Marina. Elle en profite pour visiter les universités publiques, notamment l’Université d’Abomey-Calavi en mai 2025, et engager un dialogue direct avec les promoteurs de l’enseignement supérieur privé sur les difficultés réglementaires du secteur, notamment la relecture d’un décret encadrant leurs activités.

Le président Wadagni la propulse au rang de ministre plein le 24 mai 2026, en lui confiant l’Enseignement supérieur, la Recherche scientifique et la Formation technique dans un contexte où les universités béninoises font face à la pression démographique, à l’inadéquation de la formation avec le marché de l’emploi et à la nécessité de renforcer la recherche appliquée. Elle hérite également d’un dossier sensible : la régulation de l’enseignement supérieur privé, qui s’est considérablement développé sans cadre suffisamment robuste. Membre d’une famille qui illustre plusieurs facettes de l’expertise publique béninoise — son frère Ouanilo Mèdégan Fagla est directeur général du Centre national d’investigations numériques — elle incarne une génération de technocrates politiques formés à l’intersection du savoir académique et de l’engagement partisan.

Clément Couchadé – ministre de l’Enseignement secondaire

Adéyèmi Clément Kouchadé effectue une transition directe de la gestion municipale vers les responsabilités ministérielles. Originaire de Pobè, chef-lieu de la commune du même nom dans le département du Plateau, il est élu maire de Pobè en février 2026, à peine trois mois avant sa nomination au gouvernement, après avoir longtemps siégé comme conseiller communal de cette même ville. Sa connaissance du terrain éducatif local est réelle : le département du Plateau, enclavé à la frontière nigériane, est l’un des territoires béninois où les défis d’accès à l’enseignement secondaire de qualité sont les plus aigus.

Son parcours institutionnel est ancré dans la gestion des ressources naturelles et de l’administration publique. En septembre 2011, le président Thomas Yayi Boni le nomme directeur général de l’Office national du bois (ONAB), établissement public chargé de la gestion du patrimoine forestier béninois. Il exercera cette fonction plusieurs années, acquérant une maîtrise de la gestion des établissements publics à caractère industriel et commercial avant de s’engager plus activement dans la vie politique locale. Son itinéraire partisan est lui aussi révélateur des recompositions politiques béninoises : coordinateur de la 22e circonscription électorale et cadre de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) — le parti de l’ancien président Yayi Boni — il démissionne publiquement de cette formation en octobre 2021, signalant son ralliement à la mouvance présidentielle qui soutient Patrice Talon. On lui reconnaît une « rigueur et une connaissance des réalités pédagogiques » ainsi qu’une participation active aux réformes d’évaluation et de revalorisation de l’enseignement secondaire.

Le président Wadagni lui confie un portefeuille stratégique à un moment charnière : l’enseignement secondaire béninois doit absorber les cohortes croissantes issues du primaire dopé par la gratuité scolaire, recruter et fidéliser les enseignants qualifiés et moderniser les curricula pour les arrimer aux besoins du marché du travail. En faisant le choix d’un élu local plutôt que d’un technocrate pur, Wadagni envoie un signal de proximité avec les territoires dans un secteur où les inégalités géographiques restent profondes.

Armand Kouyema Nata – ministre des Enseignements maternels et primaires

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Armand Kouyéma Nata arrive au ministère des Enseignements maternel et primaire avec un ancrage académique solide dans les sciences de l’éducation et une expérience récente au cœur du dispositif évaluatif national. Enseignant-chercheur à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Parakou et professeur titulaire des universités du CAMES, il a exercé plusieurs fonctions administratives dans l’enseignement supérieur, dont celle de directeur du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales de Parakou (COUS-P) et de directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le 13 novembre 2024, le Conseil des ministres de Patrice Talon lui confie un poste stratégique : la direction des Examens et Concours (DEC) du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Ce poste, qui place son titulaire au centre de l’organisation des évaluations nationales — BEPC, Baccalauréat, concours professionnels —, est une fonction de haute sensibilité où toute défaillance engendre des répercussions politiques immédiates. Six mois lui auront suffi pour démontrer ses capacités à ce poste avant que le président Wadagni ne le propulse à la tête du premier maillon de la chaîne éducative béninoise.

Son arrivée aux Enseignements maternel et primaire intervient dans un contexte porteur mais exigeant. La gratuité de l’enseignement primaire, mise en œuvre sous Talon, a dopé les taux de scolarisation mais engorgé les classes et accentué la pression sur les enseignants et les infrastructures scolaires, notamment dans les zones rurales du nord du pays. Avec un profil forgé à Parakou, capitale du nord béninois, il connaît mieux que quiconque les réalités éducatives des territoires éloignés de Cotonou. Le président Wadagni fait le pari qu’un universitaire rompu à la rigueur académique et à la gestion des examens saura piloter avec méthode un secteur où les défis d’alphabétisation, de qualité des apprentissages fondamentaux et de formation des instituteurs restent entiers.

Véronique Tognifodé – ministre de la Famille et de l’Action sociale

Reconduite le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Mèdessè Véronique Tognifodé Mewanou retrouve un portefeuille social recentré, délesté de la microfinance — désormais confiée à un ministre délégué — et de l’enseignement secondaire qu’elle avait pris en charge par intérim depuis avril 2025. Née à Bucarest de parents béninois et originaire du département du Littoral, elle est gynécologue-obstétricienne de formation, maître de conférences agrégée du CAMES depuis novembre 2022 à la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi, et ancienne dirigeante d’une clinique privée à Cotonou pendant près de dix ans.

Son engagement politique commence au sein de l’Union fait la Nation avant de la conduire à cofonder l’Union Progressiste (UP) le 1er décembre 2018. Elle se porte candidate aux législatives de 2019 dans le Littoral, puis intègre le gouvernement Talon dès le 5 septembre 2019 comme ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, reconduite à la deuxième mandature en mai 2021. En six ans à ce poste, elle conduit la refonte complète du microcrédit Alafia, dont elle digitalise entièrement les transactions pour atteindre 650 000 bénéficiaires, dont 84% de femmes, et porter le Bénin au rang de premier pays de l’UEMOA en matière d’inclusion financière. Elle déploie aussi les filets sociaux productifs du programme ARCH au profit des ménages vulnérables identifiés par le Registre social unique, et représente le Bénin en février 2022 à la présidence de la session technique spécialisée de l’Union africaine sur le genre, les femmes et le développement.

Dans le gouvernement Wadagni, elle hérite d’un portefeuille recentré sur la protection sociale, la famille, la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion des droits des personnes vulnérables. Les défis identifiés dans le plan stratégique 2022-2026 de son propre ministère — sous-financement chronique, persistance de l’exclusion sociale, prévalence des initiatives de microfinance informelles — restent posés. Le président Wadagni fait le choix de la continuité en lui conservant la main sur l’action sociale, tout en séparant clairement la microfinance, désormais érigée en axe autonome confié à Nicolas Yênoussi.

Janvier Yahouédéou – ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Janvier Yahouédéou franchit un palier dans sa relation avec l’exécutif béninois : de ministre conseiller coordonnateur du Collège des ministres conseillers de la présidence de la République — poste auquel il avait été désigné en février 2025 par le président Talon — il accède au rang de ministre plein en charge de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Ce portefeuille lui est familier : il l’avait déjà occupé sous la présidence de Thomas Yayi Boni de 2008 à 2011, faisant de lui l’un des rares membres du gouvernement Wadagni à avoir exercé une responsabilité ministérielle identique sous deux présidences différentes.

Né le 1er janvier 1962 à Ouinfa dans le département du Mono, docteur en informatique spécialité Intelligence Artificielle de l’université Paris-Dauphine et auteur dès 1988 du premier best-seller technique africain publié chez Sybex en Europe puis aux États-Unis, il est membre actif du bureau politique de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) — l’un des deux partis de la majorité présidentielle au pouvoir au Bénin — où il joue un rôle de cadre organique au sein de la direction du parti. Son ancrage partisan explique en partie sa longévité dans les cercles du pouvoir sous Talon, dont il a soutenu la mouvance dès les premières heures. Il a également siégé comme député à l’Assemblée nationale, mandat au cours duquel il contribue aux réflexions sur la gouvernance locale et la décentralisation.

Entrepreneur pionnier — fondateur de Master Soft en Europe à 25 ans, créateur des premiers ordinateurs tropicalisés sous le label Master Systems vendus avec garantie cinq ans, et promoteur de plusieurs industries à Cotonou dans la géolocalisation, la lessive et les papiers hygiéniques — il incarne dans ce gouvernement la figure de l’homme de terrain qui articule expertise technique, ancrage politique et expérience institutionnelle. Le président Wadagni lui confie la mission de renforcer la relation entre l’État central et les 77 communes du Bénin, dans un contexte où la gouvernance locale est appelée à jouer un rôle croissant dans la mise en œuvre des politiques publiques de développement.

Yassine Latoundji – ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Yassine Latoundji est sans doute le profil le plus inattendu de l’exécutif. Peintre plasticien de formation, né en 1980 à Besançon (France) de parents béninois, il a mené de front pendant plus de vingt ans une carrière artistique internationale et une trajectoire de haut fonctionnaire au cœur des finances publiques béninoises. Son travail pictural, décrit comme une « collection de visages et d’instants » visant à représenter la complexité du lien social dans les sociétés africaines, a été exposé à Cotonou, Mexico, New York (RogueSpace Gallery) et à l’UNESCO à Paris.

Formé à la peinture à Paris et en Côte d’Ivoire, il s’engage parallèlement dans le secteur public béninois et gravit les échelons du ministère de l’Économie et des Finances jusqu’au poste de Directeur général de la Coopération internationale, qu’il occupe jusqu’à sa nomination le 24 mai 2026. Dans cette fonction, il est l’interlocuteur régulier des bailleurs multilatéraux et bilatéraux du Bénin. En novembre 2025, il préside à Cotonou la session de revue du programme de coopération Bénin-Belgique 2023-2028 avec l’Ambassadrice de Belgique, Enabel et les directeurs financiers des ministères sectoriels. En novembre 2023, il rencontre à Abuja le Haut-Commissaire de l’Inde pour discuter des axes de coopération bilatérale. Promoteur d’initiatives artistiques en faveur de la jeunesse vulnérable, il a cofondé avec Ola Aminou un projet de sensibilisation à la création artistique pour les jeunes en situation précaire.

Le président Wadagni fait le pari d’un profil hybride — l’artiste qui maîtrise la grammaire des bailleurs internationaux — pour piloter un ministère stratégique à l’heure où le Bénin ambitionne de devenir un hub culturel en Afrique de l’Ouest, de consolider la restitution des œuvres d’art issues de la colonisation et de valoriser le patrimoine matériel et immatériel de la région. Spécialiste reconnu de l’économie de la culture selon plusieurs sources, il prend en charge un secteur qui doit articuler rayonnement identitaire et viabilité économique.

Shadiya Alimatou Assouma – ministre du Commerce intérieur, en charge de la formalisation de l’économie

Portrait 15 — Shadiya Alimatou Assouman, ministre du Commerce intérieur, en charge de la Formalisation de l’économie

Reconduite dans un portefeuille resserré — La spécialiste de l’assurance qui a tenu le commerce béninois à travers trois crises mondiales

COTONOU – Reconduite le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Shadiya Alimatou Assouman est l’une des personnalités les plus expérimentées de l’exécutif, avec six ans et demi de présence ininterrompue dans les gouvernements Talon. Originaire de Djougou, chef-lieu du département de la Donga dans le nord-ouest du Bénin, elle est spécialiste en Management international de l’assurance et en Gestion de l’administration économique et sociale, diplômée de l’Université de Tours et de l’École supérieure d’Assurance de Paris. Elle forge pendant treize ans une expertise de haut niveau chez Théorème, courtier d’assurance parisien, dans le conseil en protection sociale des salariés et la gestion des grands comptes, avant un passage au Groupe Henner en 2015.

De retour au Bénin, elle prend la direction générale du Groupe OLEA Bénin — réseau de courtage en assurance rebaptisé Afrik Assur — en décembre 2015, qu’elle développe avec succès pendant quatre ans. Le président Patrice Talon la fait entrer au gouvernement en septembre 2019 comme ministre de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Serge Ahissou, et la reconduit à la deuxième mandature de 2021. En six ans, elle pilote le Bénin à travers les impacts de la pandémie de Covid-19 sur les chaînes d’approvisionnement, la crise inflationniste mondiale de 2022-2023 et les tensions liées à la fermeture de la frontière nigériane, maintenant la disponibilité des produits de consommation et le panier de la ménagère tout en conduisant une politique de transformation locale des matières premières avant exportation et d’obligation d’emploi de Béninois pour les entreprises étrangères. En mai 2021, pour ses services à la nation, elle est élevée au grade de Commandeur de l’Ordre national du Bénin. Elle est membre du Bloc républicain (BR), l’un des deux partis de la majorité présidentielle.

Dans le gouvernement Wadagni, son portefeuille est recentré sur le commerce intérieur et la formalisation de l’économie informelle, un chantier structurant pour un pays où ce secteur représente une part prépondérante de l’activité économique et de l’emploi. L’industrie, le tourisme et le commerce extérieur lui sont retirés pour être confiés à d’autres membres du gouvernement, mais la mission qui lui est assignée n’en est pas moins stratégique : encadrer, recenser et intégrer dans le circuit formel les millions d’acteurs économiques qui opèrent hors de tout cadre réglementaire et fiscal.

Mahouna Akplogan – ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, en charge de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Mahuna Akplogan prend en charge le portefeuille le plus inédit du gouvernement : la Transformation digitale et l’Innovation, en charge de la stratégie nationale d’Intelligence artificielle — un ministère créé de toutes pièces par le nouveau président, signal fort de l’ambition numérique de son septennat. Fils d’un ancien haut cadre de la société béninoise des chemins de fer et d’une mère commerçante, né d’une famille catholique pratiquante dans laquelle il a un temps envisagé la prêtrise avant de se tourner vers la mécanique aéronautique, il opte finalement pour les sciences et arrive en France en 2001 après un baccalauréat scientifique au Bénin.

Sa trajectoire académique le conduit jusqu’au doctorat en Intelligence Artificielle obtenu en France, faisant de lui l’un des rares experts béninois disposant d’une spécialisation de ce niveau dans ce domaine. Auteur de plusieurs publications scientifiques, il fonde deux entreprises technologiques : Smart Layers, solution de gestion intelligente de documents par IA — capable d’extraire des données d’actes administratifs, factures ou rapports — déjà déployée dans de nombreux pays, et Extome, une startup d’IA hospitalière permettant de prédire les flux de patients et d’optimiser la prise en charge dans les établissements de santé. Lauréat du programme YALI (Young African Leaders Initiative) lancé par le président Barack Obama, il est également reconnu comme Young Global Leader du Forum économique mondial de Davos et membre d’une instance onusienne non précisée dans les sources disponibles.

Son entrée dans l’administration béninoise se fait par l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), où il exerce comme spécialiste en innovation et développement commercial, contribuant notamment au projet de promotion des langues nationales béninoises « J’aime ma langue ». Il participe également à la Semaine nationale du numérique comme intervenant-expert, confirmant sa visibilité dans l’écosystème tech béninois avant sa nomination. Le président Wadagni fait le pari d’un entrepreneur-chercheur rompu aux applications concrètes de l’IA pour piloter la stratégie nationale d’intelligence artificielle à un moment où le continent africain commence à se doter de cadres réglementaires et de feuilles de route en la matière.

Edouard Dahome – ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Édouard Dahome est né le 1er novembre 1958 et incarne mieux que quiconque l’intersection entre l’expertise du secteur privé français de l’énergie et les besoins en infrastructure électrique du Bénin. Diplômé de la prestigieuse École Polytechnique de France en 1980 — l’un des rares Béninois à avoir intégré cette institution d’élite —, il entre directement chez EDF à la sortie de l’X et y construit une carrière de plus de trente-cinq ans, couronnée par le poste de Président d’EDF Afrique Services, structure qui pilote les activités du géant électrique français sur le continent.

En 2016, à la suite d’un changement de direction à la tête d’EDF Afrique, il quitte le groupe et fonde DRH Énergie, cabinet de conseil et de développement de projets énergétiques en Afrique, en partenariat avec un compatriote. C’est dans ce rôle qu’il entre dans le cercle présidentiel béninois, d’abord comme conseiller technique à la stratégie énergétique auprès du ministre Dona Jean-Claude Houssou, puis comme coordinateur de la cellule stratégique chargée du développement du secteur de l’électricité à la présidence de la République. Le président Talon le nomme Secrétaire d’État à l’énergie lors du remaniement du 17 avril 2023 — un titre unique dans l’histoire récente du gouvernement béninois, le seul membre d’un exécutif Talon à avoir porté ce rang. Le 18 mars 2024, il quitte ce poste pour être nommé Président de l’Autorité de Régulation de l’Électricité (ARE), où il acquiert une connaissance fine du cadre réglementaire du secteur, des tarifications et des litiges entre opérateurs.

Le président Wadagni le rappelle le 24 mai 2026 pour lui confier le portefeuille plein de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, dans un contexte de déficit électrique persistant, d’ambitions minières croissantes — avec l’essor de l’extraction de l’or au nord du pays — et de pression internationale pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables. Son passage par EDF, la régulation et la conseillerie stratégique lui confère une vision à 360 degrés du secteur que peu de ses prédécesseurs possédaient.

Georges Alé – ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Georges Alé est l’un des technocrates les mieux armés du gouvernement sur le plan de l’expertise internationale en infrastructures. Ingénieur et docteur en génie civil, il est formé à l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi, à l’École Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, et titulaire d’un Executive MBA de l’INSEAD — une combinaison académique rare sur le continent africain. Professeur associé en management de projets, entrepreneuriat et leadership à l’Université d’Abomey-Calavi depuis septembre 2020, il allie ainsi transmission académique et pratique opérationnelle.

Sa carrière dans le secteur privé couvre vingt ans de commandement chez les deux géants mondiaux du BTP. Chez Vinci, il dirige successivement des projets au Tchad, Rwanda, Ouganda, Maroc, Mali, Niger et en France comme directeur de projets seniors chez Vinci Concessions. En septembre 2018, il rejoint le groupe Bouygues comme administrateur directeur général de Colas Afrique pendant trois ans et demi, avant de fonder en 2022 son propre cabinet de conseil en management de projets d’infrastructures SDP (Société de Développement de Projets), qui se positionne en deux ans comme un acteur incontournable du conseil en PPP en Afrique de l’Ouest. Il siège également depuis juin 2025 au conseil d’administration de l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos, l’un des chantiers d’intégration régionale les plus structurants de l’UEMOA. Officier de l’Ordre du Mérite du Niger, lauréat du Panafrican Corporates Awards 2024 dans la catégorie Leadership, il est conseiller du Commerce extérieur de la France.

C’est depuis ce positionnement d’entrepreneur-ingénieur que le président Talon le nomme ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable en 2016, puis élargit son portefeuille aux Transports en avril 2023. Le président Wadagni le reconduit avec le même périmètre étendu, signalant la continuité d’une vision infrastructurelle ambitieuse pour le Bénin, dont les principaux chantiers en cours — réhabilitation des routes, assainissement de Cotonou, projet du tramway côtier, développement du port de Sèmè-Podji et modernisation des aéroports — requièrent un pilote expérimenté dans les montages de partenariats public-privé complexes.

Awaou Baco – ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, en charge de la Formation professionnelle

Nommée le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Awaou Baco succède à Modeste Tihounté Kérékou, qui occupait ce portefeuille sous le gouvernement Talon et en avait présenté le bilan lors de la reddition de comptes d’octobre 2024. Elle hérite d’un secteur structurant pour l’économie béninoise : les petites et moyennes entreprises représentent la grande majorité du tissu productif national, et la formation professionnelle constitue le principal levier d’employabilité pour les jeunes, dans un pays où plus de 60% de la population a moins de 25 ans.

Aurélie Adam Soulé Zoumarou – ministre de la Communication, en charge des Médias

Reconduite le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Aurélie Ignace Adam Soulé Zoumarou opère une transition notable. Après neuf ans à la tête du numérique béninois — d’abord comme ministre de l’Économie numérique et de la Communication (2017-2019), puis comme ministre du Numérique et de la Digitalisation (2019-2026) — elle se voit confier la Communication et les Médias, tandis qu’un nouveau ministère de la Transformation digitale lui est distinctement soustrait pour être confié à Mahuna Akplogan. Un déplacement de portefeuille qui traduit moins une rétrogradation qu’une redistribution des responsabilités numériques dans un gouvernement qui a fait de l’IA une priorité de mandat.

Née le 11 avril 1983 à Nikki dans le département du Borgou, ingénieure Télécoms de Télécom SudParis, titulaire d’un certificat en Gestion des politiques publiques de l’université de Syracuse (New York) et doctorante à l’université Bordeaux Montaigne sur les politiques de connectivité rurale en Afrique, elle avait construit sa crédibilité internationale sur les dossiers du haut débit et de l’inclusion numérique. Membre de la Commission Haut Débit des Nations Unies, ancienne Senior Policy Manager à la GSMA Afrique, lauréate du programme YALI d’Obama en 2015 et représentante du Bénin à la Conférence mondiale des radiocommunications de l’UIT en 2015, elle est l’une des voix africaines les plus reconnues sur les questions d’accès à internet. En décembre 2024, elle inaugure à Lyon l’Académie de l’OMS aux côtés d’Emmanuel Macron et du Dr Tedros — à ne pas confondre avec Benjamin Hounkpatin qui y représentait le Bénin dans le domaine de la santé.

En prenant la Communication et les Médias, elle hérite d’un secteur en profonde mutation, marqué par la montée des médias numériques, la régulation des réseaux sociaux et la question de la liberté de la presse dans un contexte où le Bénin a connu sous Talon des restrictions critiquées par Reporters sans frontières. Le président Wadagni lui confie ainsi la gestion d’une parole publique nationale au moment où la désinformation, les médias communautaires et la transformation numérique des rédactions constituent les principaux défis du secteur.

Benoît Marcel Dato – ministre des Sports et de l’Engagement civique

Reconduit le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni, Benoît Marcel Dato est né le 11 juillet 1983 à Djakotomey, chef-lieu du département du Couffo, au sud-ouest du Bénin. Titulaire d’un baccalauréat G2 obtenu au Lycée technique Coulibaly de Cotonou, il poursuit à l’Université d’Abomey-Calavi jusqu’à une maîtrise en sciences économiques et de gestion, option management des organisations. Footballeur amateur qui a toujours évolué au poste de défenseur central, il n’était jusqu’à sa nomination en 2023 aucunement connu du mouvement sportif béninois — ce que la presse locale avait alors relevé sans ménagement.

Sa carrière se construit entièrement dans l’audit et la finance. Il passe ses premières années professionnelles au Cabinet Fiduciaire d’Afrique, puis exerce pendant environ cinq ans comme auditeur interne à Ecobank Bénin, avant de rejoindre Benin Control — société de contrôle et d’inspection — d’abord comme auditeur interne, puis comme Directeur général adjoint. Ce parcours dans le contrôle financier et la gouvernance d’entreprise lui vaut d’être repéré par la sphère présidentielle. Depuis le 1er février 2019, il est chargé d’études auprès du ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances — poste qui le place dans le cabinet direct de Romuald Wadagni lui-même, alors aux Finances. Ce lien personnel avec le nouveau président explique sa longévité gouvernementale : nommé ministre des Sports le 10 octobre 2023 par Talon pour remplacer Oswald Homéky démissionnaire, il est reconduit à ce même poste par Wadagni le 24 mai 2026, avec l’adjonction notable de l’Engagement civique, nouveau volet qui reflète l’ambition du président de faire du sport un vecteur de construction citoyenne et d’identité nationale.

En deux ans et demi aux Sports sous Talon, il a présenté en novembre 2024 sur la chaîne ESAE TV un bilan axé sur les réformes de gouvernance sportive et les résultats des équipes nationales béninoises. Le Bénin a notamment qualifié ses Écureuils pour la CAN 2023 et connu une montée en puissance notable de certaines disciplines, dont le basketball, le taekwondo et l’athlétisme. Le président Wadagni lui confie le mandat d’amplifier ces dynamiques tout en construisant, via le volet civique, une jeunesse mieux ancrée dans les valeurs républicaines.

Nicolas Yenoussi – ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé des Finances et de la Microfinance

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni comme ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du budget et de la Fonction publique, Rodrigue Sèwènan Chaou est l’un des technocrates les mieux documentés du gouvernement — non parce qu’il est politiquement exposé, mais parce que ses dix ans de réformes à la tête de la Direction générale du Budget ont fait de lui une référence continentale en matière de finances publiques ouvertes. Gestionnaire financier de formation, il entre à la Direction générale du Budget du ministère de l’Économie et des Finances dès ses premières années de carrière, comme assistant du Directeur général, et en gravit chaque échelon pendant une décennie. En janvier 2014, il devient directeur de la préparation du Budget, en charge de la mise en œuvre effective de la nouvelle loi organique relative aux lois de finances adoptée en septembre 2013. En janvier 2016, le président Talon le nomme Directeur général du Budget — poste qu’il occupera sans interruption jusqu’à sa promotion ministérielle.

À ce poste, il fait de la transparence budgétaire son cheval de bataille dans un contexte de crise de confiance entre l’État et les citoyens qui se traduisait par une faible collecte des recettes fiscales. Il obtient la certification ISO 9001:2015 de la DGB — une première pour une direction des finances publiques en Afrique de l’Ouest —, ouvre le processus budgétaire à la société civile via des débats citoyens institutionnalisés, et engage le Bénin dans les réseaux CABRI et GIFT — les deux principales plateformes mondiales de promotion des budgets ouverts. En mars 2026, deux mois avant sa nomination, il publie un ouvrage intitulé « Repenser le budget de l’État : un diagnostic des finances publiques », dans lequel il tire les leçons de dix ans de réformes budgétaires au Bénin. En mars 2023, le président Talon le nomme en parallèle président du Conseil d’administration de l’une des agences publiques — preuve de la confiance institutionnelle dont il jouit.

Dans le gouvernement Wadagni, il prend en charge le pilotage concret du budget de l’État et la gestion de la Fonction publique, dans un contexte où la masse salariale représente l’un des postes les plus lourds des finances publiques béninoises et où la réforme de l’administration territoriale engage de nouveaux besoins en personnels. Sa philosophie déclarée — « ce n’est pas par la divergence qu’on crée la division, c’est par elle qu’on construit le consensus » — traduit un style de gouvernance participatif rare dans la haute administration africaine.

Rodrigue Chaou – ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction publique

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni comme ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du budget et de la Fonction publique, Rodrigue Sèwènan Chaou est l’un des technocrates les mieux documentés du gouvernement — non parce qu’il est politiquement exposé, mais parce que ses dix ans de réformes à la tête de la Direction générale du Budget ont fait de lui une référence continentale en matière de finances publiques ouvertes. Gestionnaire financier de formation, il entre à la Direction générale du Budget du ministère de l’Économie et des Finances dès ses premières années de carrière, comme assistant du Directeur général, et en gravit chaque échelon pendant une décennie. En janvier 2014, il devient directeur de la préparation du Budget, en charge de la mise en œuvre effective de la nouvelle loi organique relative aux lois de finances adoptée en septembre 2013. En janvier 2016, le président Talon le nomme Directeur général du Budget — poste qu’il occupera sans interruption jusqu’à sa promotion ministérielle.

À ce poste, il fait de la transparence budgétaire son cheval de bataille dans un contexte de crise de confiance entre l’État et les citoyens qui se traduisait par une faible collecte des recettes fiscales. Il obtient la certification ISO 9001:2015 de la DGB — une première pour une direction des finances publiques en Afrique de l’Ouest —, ouvre le processus budgétaire à la société civile via des débats citoyens institutionnalisés, et engage le Bénin dans les réseaux CABRI et GIFT — les deux principales plateformes mondiales de promotion des budgets ouverts. En mars 2026, deux mois avant sa nomination, il publie un ouvrage intitulé « Repenser le budget de l’État : un diagnostic des finances publiques », dans lequel il tire les leçons de dix ans de réformes budgétaires au Bénin. En mars 2023, le président Talon le nomme en parallèle président du Conseil d’administration de l’une des agences publiques — preuve de la confiance institutionnelle dont il jouit.

Dans le gouvernement Wadagni, il prend en charge le pilotage concret du budget de l’État et la gestion de la Fonction publique, dans un contexte où la masse salariale représente l’un des postes les plus lourds des finances publiques béninoises et où la réforme de l’administration territoriale engage de nouveaux besoins en personnels. Sa philosophie déclarée — « ce n’est pas par la divergence qu’on crée la division, c’est par elle qu’on construit le consensus » — traduit un style de gouvernance participatif rare dans la haute administration africaine.


Hugues-Oscar Lokossou – ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette

Nommé le 24 mai 2026 dans le premier gouvernement du président Romuald Wadagni comme ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette, Hugues Oscar Lokossou est le dernier membre du gouvernement listé au décret n°2026-314. Son profil est l’un des mieux balisés de l’exécutif : économiste chevronné, formé à l’Université d’Abomey-Calavi (DEA en Finances et Contrôle de Gestion) et à l’Université de Bordeaux (Master professionnel en Direction Financière, Contrôle de Gestion et Audit Interne), il a forgé son expertise dans deux institutions financières de référence — onze ans à la BCEAO à Dakar comme spécialiste principal chargé du contrôle de gestion et du budget (2005-2016), puis le cabinet direct du ministre d’État Romuald Wadagni lui-même comme coordonnateur de l’Unité d’appui Stratégique et assistant principal à partir de 2017.

Ce lien organique avec Wadagni est la clé de lecture de son parcours : c’est en travaillant aux côtés du futur président aux Finances que Lokossou acquiert une connaissance intime des dossiers de dette souveraine et de mobilisation de ressources extérieures du Bénin. En juillet 2022, Patrice Talon le nomme Directeur général de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), l’organe central de gestion de la dette publique béninoise. En juillet 2023, cet organe change de dénomination et devient la Caisse Autonome de Gestion de la Dette (CAGD) — réforme institutionnelle qu’il pilote lui-même, signalant une modernisation du dispositif de gestion de la dette. En parallèle, il préside le Conseil d’administration du Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique (FAGACE) entre 2020 et 2021, et siège comme représentant du Bénin au Conseil Régional de l’Épargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF).

Dans l’architecture financière du gouvernement Wadagni — où Aristide Médénou tient la stratégie macro-économique, Nicolas Yênoussi la fiscalité intérieure, et Rodrigue Chaou le budget et la fonction publique — Hugues Oscar Lokossou occupe le poste le plus tourné vers l’extérieur : la négociation et la mobilisation des financements auprès des bailleurs multilatéraux (Banque mondiale, FMI, BAD), des marchés obligataires régionaux (UMOA-Titres) et des partenaires bilatéraux, ainsi que la gestion active du stock de dette souveraine du Bénin. Homme de confiance du président depuis 2017, il incarne dans ce gouvernement la continuité de la vision financière de Wadagni — portée depuis les Finances jusque dans la présidence de la République.

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