Bénin : l’UPMB lance quatre appels pour réformer le secteur des médias

Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou, a appelé dimanche 3 mai à un renforcement des garanties de la liberté de la presse au Bénin et à une amélioration des conditions de travail des journalistes, lors de la cérémonie organisée à la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Paul Arnaud DEGUENONVoir tous ses articles
Le · MàJ le
Société
418vues
Bénin : l’UPMB lance quatre appels pour réformer le secteur des médias
Publicité
3 min de lecture
Read in English
Google News

S’exprimant devant les conseillers de la HAAC, les présidents du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel du Bénin (CNPA-Bénin) et de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM), ainsi que les directions de la Maison des médias, de la Société de radiodiffusion et de télévision du Bénin (SRTB) et de l’Office national d’imprimerie et de presse (ONIP), le responsable syndical a placé son intervention sous le thème retenu cette année par les Nations unies, « Façonner un avenir en paix ».

Dans son disours, Il a mis l’accent sur la précarité matérielle qui touche la profession. « Les professionnels des médias ne bénéficient pas encore, pour l’écrasante majorité, ni d’un traitement salarial décent encore moins d’une couverture sociale adéquate pour jouer avec efficacité leur rôle dans notre pays en pleine construction », a déclaré Hervé Hessou. Il a également pointé un cadre normatif jugé peu favorable à la presse, ainsi que la précarité économique des entreprises de presse, la sécurité des journalistes et l’accès équitable à l’information publique. La nécessité d’un cadre réglementaire « qui protège sans contraindre abusivement » a été aussi mise en avant.

Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), Hervé Prudence Hessou a aussi salué le rôle joué par les médias lors des récentes échéances électorales municipales, législatives et présidentielle et qualifiant la presse de « quatrième pouvoir » essentiel à la consolidation démocratique.

Quatre appels lancés

Hervé Hessou a structuré sa déclaration autour de quatre appels distincts. Aux autorités, il a demandé la consolidation des acquis démocratiques et le renforcement des garanties de la liberté de la presse. Aux entreprises de presse, l’amélioration des conditions de travail et la professionnalisation du secteur. Aux journalistes, un « sursaut d’éthique et de rigueur ». Au public, un usage responsable de l’information.

L’UPMB a invité l’ensemble de la profession à lutter activement contre la désinformation, à renforcer son attachement aux principes déontologiques et à contribuer à l’éducation des citoyens à l’esprit critique. Hervé Hessou a également mis en avant la nécessité d’un alignement entre journalisme, technologies, dont l’intelligence artificielle, et droits humains, conformément aux orientations de l’UNESCO.

Notons que l’intervention de l’UPMB intervient dans un contexte tendu pour le secteur médiatique béninois. Plusieurs journalistes et internautes ont été poursuivis ces dernières années sur le fondement du code numérique adopté en 2018, qui encadre strictement les expressions diffusées sur internet et a servi de base à de nombreuses procédures devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Le Bénin, longtemps présenté comme un modèle régional en matière de pluralisme médiatique, a vu son classement reculer ces dernières années dans les rapports annuels de Reporters sans frontières (RSF), qui pointent notamment le rétrécissement de l’espace critique sous le double mandat du président Patrice Talon. Plusieurs médias en ligne ont été suspendus ou fermés au cours de la période.

La cérémonie du 3 mai s’est tenue à trois semaines de l’investiture du président élu Romuald Wadagni, prévue le 24 mai, échéance que plusieurs organisations professionnelles voient comme une fenêtre pour une nouvelle dynamique de dialogue avec les pouvoirs publics sur la régulation du secteur, le statut du journaliste et la convention collective de la profession.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité