Bénin : le Conseil des ministres se tiendra désormais une fois par mois
Le gouvernement du président Romuald Wadagni a décidé de modifier la périodicité des réunions du Conseil des ministres. Selon une décision prise lors du Conseil des ministres de ce jeudi 28 mai 2026, les réunions ordinaires du gouvernement se tiendront désormais le premier mercredi de chaque mois. Cette réforme marque un changement important dans le fonctionnement de l’exécutif béninois. Sous les précédents gouvernements, les Conseils des ministres se tenaient généralement chaque mercredi au Palais de la Marina.

Le premier Conseil des ministres du président Romuald Wadagni, réuni jeudi 28 mai au Palais de la Marina à partir de 9 heures, a décidé que les sessions ordinaires de l’exécutif se tiendront désormais le premier mercredi de chaque mois, mettant fin à la cadence hebdomadaire maintenue sans discontinuité sous les deux mandats de Patrice Talon depuis 2016. La décision, prise dès la première réunion gouvernementale suivant l’investiture du 24 mai, constitue l’un des premiers actes organisationnels formels du gouvernement Wadagni.
Sous Patrice Talon, le Conseil des ministres se réunissait chaque mercredi au Palais de la Marina et deux fois certaines semaines lorsque l’agenda l’exigeait. Les comptes rendus publiés par le Secrétariat général du gouvernement attestent d’une régularité quasi mécanique : séances du 21 janvier, 28 janvier, 18 février, 4 mars, 11 mars, 22 avril, 13 mai 2026, cette dernière tenue en présence du président élu Wadagni, quatre jours avant le terme du mandat Talon. La nouvelle périodicité réduit donc à douze le nombre de Conseils des ministres ordinaires annuels, contre une cinquantaine sous le régime précédent.
Aucune motivation officielle n’a été rendue publique à l’issue de la réunion pour justifier ce changement de rythme. Les autorités béninoises n’ont pas précisé les mécanismes qui seront mis en place pour le traitement des dossiers gouvernementaux entre deux sessions ordinaires.
Un choix administratif aux précédents rares en Afrique de l’Ouest
Le passage à un Conseil des ministres mensuel est une pratique peu courante dans les présidences d’Afrique de l’Ouest, où la réunion hebdomadaire du gouvernement constitue la norme institutionnelle. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Burkina Faso, les Conseils des ministres sont hebdomadaires ou bihebdomadaires. La France, dont le modèle institutionnel a fortement influencé le constitutionnalisme ouest-africain, tient ses Conseils des ministres toutes les semaines.
Cette fréquence mensuelle implique mécaniquement que l’adoption des textes réglementaires, décrets, nominations, arrêtés présidentiels, et des projets de loi avant transmission à l’Assemblée nationale sera concentrée en une seule session mensuelle, sauf convocation de Conseils extraordinaires pour les urgences. La Constitution béninoise de 1990, révisée en 2019 et 2025, ne fixe aucune périodicité minimale pour les réunions du Conseil des ministres, laissant au chef de l’État toute latitude pour en déterminer le rythme.
La décision intervient dans un contexte où Wadagni a multiplié les signaux d’une gouvernance différente de celle de son prédécesseur. La recréation d’un ministère de la Communication, la nomination d’un ministre de l’Intelligence artificielle, la réduction du périmètre des réunions gouvernementales ordinaires participent d’une même logique de réorganisation de l’appareil d’État affichée dès les premiers jours du mandat.
La question pratique qui se posera rapidement est celle de la gestion des décisions urgentes entre deux Conseils ordinaires. Sous Talon, la réunion hebdomadaire permettait un traitement rapide des urgences réglementaires et des nominations. Avec un Conseil mensuel, le gouvernement devra soit instituer une procédure accélérée de prise de décision par voie de délégation ou de conseil restreint, soit multiplier les sessions extraordinaires, soit accepter des délais plus longs dans l’exécution de l’agenda gouvernemental. Le Secrétaire général du gouvernement, Wilson Gakpéto, nommé par décret n°2026-315, sera probablement l’un des pivots de ce nouveau mode de fonctionnement.
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