Bénin : deux ans après son élection à la HAAC, Basile Tchibozo fait le bilan et se projette vers les défis restants
Deux ans après son élection à la 7e mandature de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, Basile Tchibozo a adressé un message de reconnaissance aux professionnels des médias. Élu au titre de la presse écrite, il met en avant les réformes engagées au sein de l’institution, tout en reconnaissant que plusieurs dossiers restent attendus par la corporation, notamment l’aide de l’État à la presse, le Fonds d’appui au développement des médias et l’amélioration des conditions d’exercice du métier

Deux ans après son élection à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, Basile Tchibozo dresse le bilan de son action et réaffirme ses engagements envers les professionnels des médias. Dans un message adressé aux patrons de presse, journalistes et acteurs du secteur, le conseiller élu au titre de la presse écrite a exprimé sa gratitude à ceux qui lui ont accordé leur confiance le 9 juin 2024.
Ce message, publié à l’occasion du deuxième anniversaire de son élection à la 7e mandature de la HAAC, se veut à la fois un acte de reconnaissance et un point d’étape. Basile Tchibozo y revient sur les réformes engagées au sein de l’institution de régulation, tout en évoquant les chantiers qui restent à achever pour améliorer l’environnement professionnel et économique des médias au Bénin.
Élu pour représenter la presse écrite, il affirme avoir placé son mandat sous le signe de la modernisation, de la crédibilité et de la défense des intérêts de la corporation. Il salue, à cet effet, le travail mené sous la présidence d’Édouard Loko, en collaboration avec les autres conseillers de l’institution.
Des réformes engagées au sein de l’institution
Au titre des actions réalisées depuis le début de la 7e mandature, Basile Tchibozo met en avant plusieurs avancées. Il cite notamment l’assainissement du fichier des professionnels des médias, une démarche présentée comme nécessaire pour mieux identifier les acteurs du secteur et renforcer la crédibilité de la profession.
La réhabilitation de la Maison des Médias figure également parmi les réalisations évoquées. Cet espace, important pour la vie associative et professionnelle des médias, est appelé à jouer un rôle central dans l’accompagnement des journalistes, des organes de presse et des structures représentatives de la corporation.
Le conseiller à la HAAC mentionne aussi le renforcement des capacités des acteurs du secteur. Dans un paysage médiatique confronté aux mutations numériques, aux exigences de professionnalisation et aux défis économiques, la formation continue apparaît comme un levier essentiel pour améliorer la qualité des contenus, le respect de l’éthique et la viabilité des entreprises de presse.
Autre point cité : l’amélioration du système de monitoring. Pour l’institution de régulation, la surveillance des contenus audiovisuels, numériques et médiatiques constitue un enjeu majeur, notamment en période électorale, dans le traitement de l’information publique ou face aux dérives liées à la désinformation, aux atteintes à la déontologie et aux contenus préjudiciables.
Digitalisation et nouveau règlement intérieur
Basile Tchibozo souligne également les efforts de digitalisation de certaines procédures administratives au sein de la HAAC. Cette orientation vise à simplifier les démarches, à réduire les lourdeurs administratives et à adapter l’institution aux exigences d’un secteur médiatique en pleine transformation.
L’adoption d’un nouveau règlement intérieur fait aussi partie des acquis mis en avant. Ce texte doit permettre de mieux organiser le fonctionnement interne de l’institution, de clarifier les procédures et de renforcer l’efficacité de l’action régulatrice.
Pour le conseiller, ces différentes réformes traduisent la volonté de la 7e mandature de consolider la régulation des médias tout en répondant aux attentes de la corporation. Elles s’inscrivent dans un contexte où les professionnels des médias réclament depuis plusieurs années davantage de reconnaissance, de protection et de mécanismes d’accompagnement.
Mais Basile Tchibozo reconnaît que le bilan ne saurait être présenté comme achevé. Plusieurs dossiers structurants restent ouverts et continuent de concentrer les attentes des journalistes, des promoteurs de médias et des organisations professionnelles.
L’aide à la presse toujours attendue
Parmi les principaux chantiers à poursuivre figure la question de l’aide de l’État à la presse. Ce dossier reste l’un des plus sensibles pour les entreprises médiatiques béninoises, confrontées à des difficultés économiques persistantes, à la baisse des revenus publicitaires et aux coûts élevés de production.
Basile Tchibozo évoque également la mise en place du Fonds d’appui au développement des médias. Ce mécanisme est attendu par une partie de la corporation comme un outil susceptible de soutenir la professionnalisation des organes de presse, la modernisation des équipements, la transition numérique et le renforcement de la viabilité économique des entreprises médiatiques.
Les réformes structurelles concernant les entreprises de presse sont aussi mentionnées parmi les priorités. Elles pourraient porter sur l’organisation du secteur, les conditions d’exercice, les obligations professionnelles, la transparence des structures médiatiques ou encore la consolidation du modèle économique des médias.
À travers ces dossiers, c’est la question de la survie économique des médias qui est posée. Dans un environnement marqué par la concurrence des plateformes numériques et la fragilité du marché publicitaire, de nombreux organes peinent à garantir des conditions de travail stables à leurs équipes.
Les conditions de travail des journalistes au cœur des préoccupations
Le message de Basile Tchibozo accorde une place importante aux conditions de vie et de travail des journalistes. Cette préoccupation reste centrale dans le secteur des médias au Bénin, où les professionnels font face à des réalités souvent difficiles : précarité salariale, absence de contrats formels, faiblesse des protections sociales et pression économique sur les rédactions.
Pour le conseiller à la HAAC, l’amélioration de ces conditions doit rester un objectif prioritaire. Elle conditionne non seulement la dignité des professionnels, mais aussi la qualité de l’information produite. Un journaliste mal rémunéré, insuffisamment protégé ou exposé à des pressions économiques permanentes travaille dans un environnement qui peut fragiliser son indépendance et sa rigueur professionnelle.
Les avantages liés à la carte de presse font également partie des sujets évoqués. Basile Tchibozo considère ce dossier comme important pour renforcer l’attractivité du métier et donner un contenu plus concret à la reconnaissance professionnelle des journalistes.
Au-delà de son rôle d’identification, la carte de presse pourrait devenir un levier d’accès à certains avantages, services ou mécanismes d’accompagnement. La question reste toutefois liée aux décisions institutionnelles et aux arbitrages attendus au niveau des autorités compétentes.
Un engagement réaffirmé envers la corporation
En dressant ce bilan, Basile Tchibozo cherche aussi à rassurer les professionnels des médias sur la poursuite des chantiers engagés. Il affirme sa volonté de continuer à œuvrer, aux côtés des autres conseillers de la HAAC, pour la valorisation de la presse béninoise et la consolidation de sa place dans la vie démocratique.
Son message intervient dans un contexte de fortes attentes à l’égard des institutions chargées de réguler et d’accompagner les médias. La HAAC est appelée à maintenir un équilibre délicat entre régulation, protection de la liberté de presse, exigence de professionnalisme et accompagnement du secteur.
Pour les acteurs des médias, les prochaines années de la mandature seront déterminantes. Elles devront permettre de passer des réformes institutionnelles aux résultats concrets sur les dossiers les plus attendus : aide à la presse, Fonds d’appui au développement des médias, conditions de travail, avantages liés à la carte de presse et viabilité économique des entreprises.




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