Alliance des États du Sahel: le Burkina Faso réaffirme la priorité sécuritaire sur le calendrier électoral devant l’ONU

​Le Burkina Faso a écarté toute urgence électorale au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Edouard Djogbénou
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Politique
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Alliance des États du Sahel: le Burkina Faso réaffirme la priorité sécuritaire sur le calendrier électoral devant l’ONU
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Lors d’une audience accordée le jeudi 20 août 2026 à Ouagadougou à l’Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU, Sahle-Work Zewde, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a défendu le report des échéances électorales au profit d’impératifs sécuritaires.

​Face à la diplomate onusienne, le chef de la diplomatie burkinabè a justifié l’orientation politique prise par les gouvernements de transition de l’espace confédéral. Il a soutenu que si la préoccupation des dirigeants actuels avait été le simple maintien au pouvoir, ils auraient opté pour l’organisation de scrutins rapides. À l’inverse, l’accent a été mis sur la restructuration et le renforcement stratégique des armées nationales dans le cadre du combat contre les groupes djihadistes.

​Cette posture s’inscrit dans la continuité des décisions prises par les trois pays de l’AES pour prolonger leurs périodes de transition respectives :

  • Mali : après le report sine die de la présidentielle initiale, la révision de la charte en juillet 2025 a fixé le mandat d’Assimi Goïta à cinq ans renouvelables.
  • Burkina Faso : la transition a été prolongée de cinq ans en mai 2024, fixant l’échéance électorale à l’horizon 2029.
  • Niger : les autorités ont défini une période de transition de cinq ans s’étendant jusqu’en 2030.

​Cette dynamique commune s’est également traduite par l’opérationnalisation d’une force militaire conjointe de 5 000 hommes en décembre 2025, matérialisant la coopération de défense au sein de la Confédération AES, créée en juillet 2024.

Un plaidoyer pour une révision des approches internationales

​Au cours des échanges, Karamoko Jean Marie Traoré a exhorté les organisations internationales à faire preuve de neutralité et à reconnaître les progrès réalisés sur le terrain par la Confédération.

Il a critiqué les évaluations régulières produites par certaines institutions, les qualifiant de diagnostics erronés, et a appelé à une révision des principes d’intervention des organismes multinationaux.

​Pour sa part, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde a rappelé l’objet de sa mission d’évaluation, destinée à éclairer le Conseil de sécurité de l’ONU sur l’avenir du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).

Consolidation de la rupture avec la CEDEAO

​Cette rencontre intervient dans un contexte de rupture consommée avec le cadre institutionnel régional traditionnel. Après leur sortie définitive de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) formalisée en janvier 2025, les trois États de l’AES poursuivent la mise en place d’attributs de souveraineté partagés, marqués notamment par le déploiement d’un passeport commun confédéral et l’adoption d’un hymne officiel.

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