Afrique: le Treasury dépasse 5 %, le refinancement des Eurobonds se complique

Le rendement du Treasury américain à dix ans a franchi 5 % mardi avant de revenir à environ 4,99 % mercredi matin. Pour les États africains qui refinancent des Eurobonds, ce niveau relève le coût de base auquel s’ajoute leur propre prime de risque.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Afrique: le Treasury dépasse 5 %, le refinancement des Eurobonds se complique
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La hausse arrive alors que plusieurs pays africains utilisent de nouveau les marchés internationaux surtout pour remplacer des dettes arrivant à échéance. La Banque africaine de développement recense huit pays, dont le Bénin, ayant levé ensemble près de 13,9 milliards de dollars sur les marchés internationaux en 2026.

Le mécanisme touche directement les nouvelles émissions. Le rendement d’une obligation souveraine en dollars combine le taux américain de référence et une prime liée au risque du pays. Si le Treasury monte sans baisse équivalente de cette prime, le coût du refinancement augmente.

Le choc financier se combine à des cours du pétrole supérieurs à 100 dollars le baril. Pour les pays importateurs d’énergie, une facture pétrolière plus lourde réduit les marges budgétaires au moment où les conditions d’emprunt extérieur se durcissent.

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Le refinancement remplace déjà une grande part des anciennes émissions

La remontée des taux intervient alors que le service de la dette publique extérieure représentait 31 % des recettes publiques africaines en 2024 selon la BAD. Entre 2022 et 2024, les paiements d’intérêts ont atteint environ 87 milliards de dollars.

Une grande partie de la dette existante porte des taux fixes. La hausse du Treasury ne se transmet donc pas immédiatement à tous les budgets. Elle devient surtout coûteuse lorsqu’un État doit émettre de nouveaux titres ou remplacer un Eurobond arrivant à échéance.

La BAD indique qu’une part importante des nouvelles émissions internationales africaines sert précisément à refinancer d’anciennes obligations plutôt qu’à financer de nouveaux investissements. Une dette ancienne peut ainsi être remplacée par une dette plus chère même si le montant emprunté reste stable.

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Les primes de risque souveraines peuvent accentuer le mouvement. Lors du choc du Moyen-Orient au printemps, la BAD avait observé une hausse du spread souverain africain moyen de 347 à 400 points de base entre le 1er et le 26 mars 2026.

Les marchés locaux réduisent le risque de change, pas le coût du financement

Les États peuvent aussi emprunter davantage en monnaie locale. Cette solution évite qu’une dépréciation de la monnaie augmente mécaniquement le poids d’une dette libellée en dollars, mais elle ne garantit pas un financement bon marché.

JPMorgan prévoit de lancer avant la fin de septembre son indice GBI-EM Edge consacré aux obligations publiques en monnaie locale des marchés frontières. L’indice doit couvrir près de 330 milliards de dollars de dette de 26 pays, avec presque 45 % de pondération pour l’Afrique.

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Le rendement nominal annoncé de cet indice est proche de 10,4 %. La BAD estime par ailleurs que le coût médian du service de la dette intérieure africaine a atteint 4,7 % du PIB en 2024. Les maturités souvent plus courtes obligent aussi les Trésors à revenir plus fréquemment sur le marché.

La Réserve fédérale doit annoncer sa décision de taux ce mercredi 16 septembre. Le Treasury à dix ans évoluait autour de 4,99 % mercredi matin, après avoir dépassé 5 % la veille.

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