Bénin: AA- chez Bloomfield, ce que cette note change pour les emprunts du Trésor
Bloomfield a relevé le 15 septembre la note souveraine de long terme du Bénin de A+ à AA- sur son échelle en monnaie locale. Cette note place le pays en catégorie investissement chez Bloomfield et concerne d’abord le risque attaché aux engagements en francs CFA.

La portée n’est pas la même que celle d’une notation internationale. Moody’s a relevé en août la note souveraine du Bénin de B1 à Ba3, mais Ba3 reste trois crans sous la catégorie investissement sur son échelle.
Pour le Trésor béninois, la note de Bloomfield peut surtout compter sur le marché régional. La stratégie d’endettement 2026 prévoit un besoin de financement de 1 138 milliards de FCFA, dont 595,6 milliards doivent provenir de ressources intérieures.
Une meilleure perception du risque peut soutenir la demande des banques, compagnies d’assurance et investisseurs institutionnels de l’UEMOA. Elle ne garantit toutefois pas une baisse des rendements, qui dépendent aussi de la liquidité bancaire, de la politique monétaire de la BCEAO, des maturités offertes et du volume d’émissions concurrentes.
La note locale ne change pas le statut des Eurobonds
Bloomfield évalue la capacité d’un État à honorer ses engagements dans la monnaie de référence de la notation. Sur son échelle de long terme, AA- appartient à la catégorie investissement et correspond à un risque jugé très faible.
Les investisseurs internationaux examinent en plus la disponibilité de devises, le besoin de refinancement extérieur, la structure de la dette et les conditions financières mondiales. C’est sur cette base que Moody’s maintient le Bénin en catégorie spéculative malgré son relèvement à Ba3.
Le FMI a révisé la dette de l’administration centrale à 60,5 % du PIB à fin 2024 après la réintégration de plusieurs prêts rétrocédés à des entreprises publiques et d’autres corrections statistiques. Le Fonds maintient néanmoins le pays à un risque modéré de surendettement.
Le FMI recommande aussi de rééquilibrer progressivement le portefeuille vers la dette domestique afin de limiter le risque de refinancement extérieur. Une meilleure notation locale peut accompagner cette orientation sans modifier les critères appliqués aux émissions internationales.
Le financement 2026 donne au AA- un enjeu immédiat
Le Bénin a déjà sollicité les marchés internationaux en janvier avec un sukuk de 500 millions de dollars à sept ans et la réouverture de son Eurobond 2038 pour 350 millions de dollars supplémentaires. Le prix de ces instruments dépend des taux mondiaux et de la prime de risque internationale du pays.
Sur le marché régional, le AA- peut modifier la comparaison entre la signature béninoise et celles des autres émetteurs souverains de l’UEMOA. Son effet réel apparaîtra dans la demande et les rendements observés lors des prochaines émissions en francs CFA.
La stratégie d’endettement 2026 autorise jusqu’à 1 600 milliards de FCFA de nouveaux emprunts sur base décaissement et fixe à 300 milliards de FCFA le plafond des garanties que l’État peut accorder.
Articles liés
Afrique: le Treasury dépasse 5 %, le refinancement des Eurobonds se complique
RDC: référendum, nouvelle Constitution… l’article 220 au centre du bras de fer
RDC-USA: 50 projets soumis et 100 000 tonnes de cuivre pour le marché américain
Afrique du Sud: la dépendance aux carburants importés aurait coûté 76 milliards de rands
Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.