UE : 4 340 URL liées à « The Com » signalées face à un nouvel extrémisme violent

L’Union européenne renforce sa vigilance face à une forme émergente d’extrémisme violent, largement alimentée par des communautés de jeunes en ligne. Le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Bartjan Wegter, a alerté sur ce phénomène dans un entretien publié mardi 8 septembre, après une opération d’Europol ayant conduit au signalement de 4 340 URL liées à l’écosystème « The Com ».

André Kouagou Assane
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Sécurité
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UE : 4 340 URL liées à « The Com » signalées face à un nouvel extrémisme violent
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Contrairement aux mouvances terroristes structurées autour d’un projet politique ou religieux, ces réseaux sont souvent fragmentés et dépourvus d’idéologie unifiée. Europol décrit « The Com », abréviation de « Community », comme un ensemble lâche de groupes en ligne à vision misanthrope et nihiliste, dans lesquels la violence peut devenir une fin en soi, un moyen d’obtenir du statut ou de la notoriété.

Les 4 340 URL ont été repérées lors de journées de signalement menées en juin et juillet avec des enquêteurs de neuf pays européens : Belgique, Finlande, Hongrie, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Espagne et Suède. Ces adresses ont été transmises dans le cadre d’une action destinée à limiter la diffusion de contenus violents et à identifier de nouvelles pistes d’enquête. Le chiffre ne correspond donc ni au nombre de personnes impliquées ni à autant de condamnations pénales.

La préoccupation des autorités tient surtout à la place des mineurs. Les groupes associés à cet univers utilisent les réseaux sociaux, les messageries et les plateformes de jeux pour recruter des membres ou approcher des victimes. Europol dit avoir observé des contenus encourageant l’automutilation, les violences physiques, la cruauté envers les animaux, le chantage sexuel ou la production de matériel pédocriminel.

La Commission européenne estime que ce phénomène brouille les catégories traditionnelles de l’extrémisme. Des travaux publiés en avril soulignent le rôle des sous-cultures numériques et des dynamiques de groupe, avec des jeunes qui peuvent se retrouver à la fois victimes et auteurs. Certaines factions reprennent aussi des références d’extrême droite violente ou des thèses accélérationnistes, sans que celles-ci constituent une doctrine commune à l’ensemble du réseau.

Des profils plus jeunes et difficiles à détecter

Bartjan Wegter souligne que la menace djihadiste reste majeure en Europe, mais que les services de sécurité voient émerger depuis plusieurs années des profils plus jeunes attirés par la violence elle-même et la reconnaissance obtenue dans des communautés numériques. Leur absence d’antécédents, leur faible empreinte hors ligne et l’usage de services chiffrés compliquent leur détection.

Les chiffres généraux du terrorisme dans l’Union européenne montrent parallèlement une forte présence de mineurs parmi les personnes interpellées. Selon les données citées par l’Associated Press, 45 attaques terroristes ont été recensées dans dix pays de l’UE en 2025, avec six morts, tandis que 486 suspects ont été arrêtés dans 21 États membres. Environ un tiers des personnes arrêtées avaient moins de 18 ans. Ces statistiques couvrent toutefois l’ensemble des formes de terrorisme et ne doivent pas être attribuées au seul extrémisme nihiliste.

Europol a lancé le projet COMPASS pour coordonner les enquêtes sur « The Com » et des réseaux proches. L’agence européenne indique avoir reçu ces deux dernières années des centaines de demandes d’assistance liées à des infractions commises dans cet environnement, qui s’étend au-delà des frontières de l’Union.

La protection des mineurs au cœur de la réponse européenne

Bruxelles pousse désormais à une réponse combinant prévention, protection des jeunes, coopération policière et dialogue avec les plateformes. La Commission estime qu’une approche uniquement antiterroriste ne suffit pas, car les mêmes espaces peuvent mêler radicalisation, exploitation sexuelle, harcèlement, extorsion et incitation à la violence.

Le débat rejoint plus largement les efforts européens visant à mieux protéger les mineurs sur les plateformes numériques, alors qu’Emmanuel Macron a demandé à l’Union européenne d’harmoniser l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Les autorités cherchent à améliorer le retrait des contenus illégaux et les capacités d’enquête, tout en maintenant les garanties liées à la vie privée et aux droits fondamentaux.

Pour les services de sécurité européens, l’enjeu est de détecter plus tôt le passage d’une fascination numérique pour la violence à des actes hors ligne, sans assimiler automatiquement des comportements adolescents à une menace terroriste. La définition même de l’extrémisme violent nihiliste reste en évolution, ce qui rend encore difficile toute comparaison statistique précise entre les États membres.

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