Tupac : son présumé meurtrier jugé 30 ans après sa disparition
Le procès de Duane « Keefe D » Davis, accusé d’avoir commandité et d’avoir fourni l’arme du meurtre de Tupac Shakur, s’est ouvert lundi 10 août à Las Vegas, trente ans après la mort du rappeur. L’audience, qui doit durer environ un mois, vise à établir la responsabilité de Davis dans l’organisation du crime et l’expose à une peine de prison à perpétuité incompressible si les poursuites obtenaient gain de cause.
Le 7 septembre 1996, Tupac Shakur était abattu après avoir assisté à un combat de boxe de Mike Tyson. Âgé de 25 ans et au sommet de sa carrière, il venait de connaître le succès avec des titres tels que California Love, All Eyez on Me et How Do U Want It. Trente ans plus tard, l’affaire reste l’un des meurtres les plus médiatisés et les plus débattus de l’histoire du hip‑hop américain.
Duane Davis, ancien chef présumé du gang South Side Compton Crips, est accusé depuis plusieurs années d’avoir commandité le meurtre et d’avoir fourni l’arme. Arrêté en septembre 2023, il a clamé son innocence, déclarant en mars 2025 à ABC News : « Je suis innocent. Je n’ai jamais tué personne. Ils n’ont aucune preuve contre moi. Ils ne peuvent même pas me placer à Las Vegas. »
Que risque Duane « Keefe D » Davis ?
Le procès intenté à Davis n’a pas pour objectif principal de déterminer qui a appuyé sur la gâchette la nuit du 7 septembre 1996, mais de démontrer qu’il a commandité l’attentat. Les charges retenues contre lui visent l’organisation et la fourniture de l’arme du crime. En cas de condamnation, il encourt la prison à perpétuité incompressible, selon les éléments communiqués par les autorités et la procédure en cours.
Plusieurs éléments de contexte alimentent le dossier et les hypothèses sur le mobile. À l’époque des faits, Death Row Records était protégé par le gang Mob Piru, dont faisait partie Suge Knight, tandis que Bad Boy Records avait engagé pour sa protection l’organisation rivale des South Side Compton Crips, alors dirigée par Duane Davis. Cette configuration a conduit les enquêteurs et certains protagonistes à évoquer une possible vengeance liée aux querelles entre camps rivaux.
Dans ses mémoires, l’accusé affirme avoir été le conducteur de la voiture depuis laquelle les coups de feu fatals ont été tirés, un aveu ou une version des faits qui sera sans doute examinée au cours du procès. La procédure a été ouverte devant le tribunal du comté de Clark, à Las Vegas, où la sélection du jury a commencé.
Parallèlement aux poursuites pénales, la famille de Tupac a engagé des démarches civiles : en mai, le demi‑frère du rappeur a déposé une plainte au civil, estimant que d’autres individus impliqués dans le meurtre n’ont pas été tenus responsables de leurs actes depuis trois décennies.
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