Tunisie LP1 : la VAR en crise de confiance

La mise en place de l’assistance vidéo en Tunisie est confrontée à de sérieuses difficultés. Le dernier classico entre le Club Africain et le Club Sportif Sfaxien en offre une illustration éclatante : ce qui devait renforcer la justice sportive est devenu, pour de nombreux observateurs, une source continue de tensions.

Le · MàJ le
Football
154vues
Tunisie LP1 : la VAR en crise de confiance
Publicité
2 min de lecture
Google News

La mise en place de l’assistance vidéo en Tunisie est confrontée à de sérieuses difficultés. Le dernier classico entre le Club Africain et le Club Sportif Sfaxien en offre une illustration éclatante : ce qui devait renforcer la justice sportive est devenu, pour de nombreux observateurs, une source continue de tensions.

Dimanche, la confrontation s’est soldée par un nul (1-1) mais a surtout suscité l’indignation après la validation d’un but cafiste parti d’une position manifestement illicite selon les sfaxiens. La décision confirmée après recours à la VAR a déclenché une vague de contestations et relancé les interrogations sur la fiabilité du système dans le championnat national.

Au-delà de l’émotion populaire, le cas met en lumière des lacunes persistantes : tant que les problèmes techniques, organisationnels et humains ne seront pas traités, l’arbitrage assisté continuera d’alimenter la méfiance plus qu’il n’apaisera les débats.

Publicité

Admission d’une erreur et réactions opposées

La boîte noire de cette affaire s’est en partie dévoilée par la parole d’un acteur majeur : l’arbitre international Hicham Girat, positionné au poste VAR lors de l’action. Représentant des officiels tunisiens sur la scène africaine et pressenti pour de grands rendez-vous, il a reconnu publiquement une faute de procédure. Selon lui, l’analyse s’est limitée à la recherche d’une main litigieuse, l’examen de la position de hors-jeu ayant été omis — une étape pourtant essentielle du protocole.

Cette confession a entraîné l’ouverture d’une enquête disciplinaire, mais elle n’a pas dissipé les doutes. Une partie du public y voit une simple erreur humaine ; d’autres y perçoivent une faute plus grave, évoquant mauvaise foi ou même corruption. Ces interprétations divergentes renforcent un climat de suspicion déjà bien ancré.

Le cas particulier reflète aussi des faiblesses structurelles : coupures électriques fréquentes, absence d’alimentation de secours fiable, équipements insuffisants et interruptions de matches où la VAR est indisponible. À cela s’ajoute une formation des arbitres parfois incomplète au protocole d’assistance vidéo.

Publicité

Conséquence : les vérifications, qui devraient être rapides, s’étirent parfois pendant six à dix minutes dans le championnat tunisien, contre quelques secondes ou au mieux une minute dans les références internationales — un temps d’attente qui exaspère joueurs et supporters et laisse nombreuses décisions en suspens.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité