Syrie : 73 tonnes d’uranium sous surveillance après un programme nucléaire non déclaré

L’uranium en Syrie issu de l’ancien programme nucléaire non déclaré est désormais sous surveillance internationale. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a placé sous garanties environ 73 tonnes d’uranium naturel retrouvées au terme de son enquête, tandis que son directeur général Rafael Grossi a indiqué lundi 7 septembre que le réacteur de Deir ez-Zor, détruit en 2007, aurait pu produire rapidement du matériau fissile utilisable à des fins militaires.

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Syrie : 73 tonnes d’uranium sous surveillance après un programme nucléaire non déclaré
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Cette évaluation ne signifie pas que la Syrie disposait d’une arme nucléaire ni que l’intention de l’ancien régime de Bachar al-Assad a été établie. Rafael Grossi a précisément souligné que la configuration du réacteur soulevait un risque de prolifération important, mais que l’AIEA ne pouvait pas déterminer l’objectif final poursuivi par les autorités syriennes de l’époque.

Le stock retrouvé est constitué d’uranium naturel métallique destiné principalement à servir de combustible. Les inspecteurs de l’AIEA ont pu inventorier le matériel et le placer sous garanties, avec des dispositifs de surveillance. L’uranium naturel n’est pas directement utilisable dans une arme nucléaire, mais un réacteur de ce type aurait pu permettre, une fois en fonctionnement, la production de plutonium à partir du combustible irradié.

Le réacteur, construit dans la province de Deir ez-Zor et presque achevé lorsqu’il a été détruit par une frappe israélienne en septembre 2007, avait longtemps été présenté par Damas comme une installation non nucléaire. L’AIEA avait toutefois conclu dès 2011 que le bâtiment correspondait très probablement à un réacteur nucléaire qui aurait dû être déclaré au titre des obligations de garanties de la Syrie.

Le changement de pouvoir à Damas a permis de débloquer l’enquête. Depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024, les nouvelles autorités syriennes ont ouvert plusieurs sites et transmis des informations supplémentaires aux inspecteurs. Cette coopération intervient alors que la Syrie traite aussi d’autres dossiers hérités de l’ancien régime, notamment la destruction sous contrôle international de ses anciennes armes chimiques.

Les inspections récentes ont permis à l’agence de reconstituer la chaîne du combustible et de répondre aux principales questions restées en suspens pendant près de deux décennies. L’AIEA continue néanmoins de surveiller le stock d’uranium, dont le devenir devra être décidé avec les autorités syriennes dans le cadre des règles internationales de garanties.

Pour Rafael Grossi, la clarification du dossier constitue une étape importante dans la fermeture d’un contentieux ancien entre Damas et l’agence. La surveillance du matériel doit désormais empêcher qu’il soit déplacé ou utilisé sans contrôle international.

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