Surya Bonaly 30 ans après elle se justifie : « Si ça avait été un mec, ça n’aurait pas pris ces proportions »

Surya Bonaly, icône du patinage artistique des années 1990, est de nouveau au cœur des conversations : à 52 ans, l’ancienne championne suscite l’intérêt des nouvelles générations qui redécouvrent ses programmes et son geste le plus célèbre, un salto arrière interdit tenté à Nagano en 1998, sanctionné par les juges et resté comme l’un des moments les plus marquants de sa carrière.

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Surya Bonaly 30 ans après elle se justifie : « Si ça avait été un mec, ça n’aurait pas pris ces proportions »
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Surya Bonaly, icône du patinage artistique des années 1990, est de nouveau au cœur des conversations : à 52 ans, l’ancienne championne suscite l’intérêt des nouvelles générations qui redécouvrent ses programmes et son geste le plus célèbre, un salto arrière interdit tenté à Nagano en 1998, sanctionné par les juges et resté comme l’un des moments les plus marquants de sa carrière.

Figure atypique d’un sport aux codes stricts, Surya Bonaly a longtemps été reconnue autant pour sa personnalité explosive que pour ses résultats. Son style, résolument physique et technique, contrastait avec l’esthétique plus « classique » valorisée alors dans le patinage artistique. Sur les réseaux sociaux, ses prestations continuent de circuler, renforçant son statut de symbole d’une athlète ayant « osé défier les codes ».

Surya Bonaly affiche un palmarès national et continental important : plusieurs médailles mondiales, cinq titres de championne d’Europe et neuf titres de championne de France. Malgré ces succès, elle a souvent estimé que ses notes ne reflétaient pas toujours la complexité et la difficulté de ses programmes. Blessures et frustration ont marqué la fin de sa carrière amateur, et ses objectifs de médaille olympique se sont progressivement éloignés à l’approche des Jeux d’hiver de 1998 à Nagano.

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Surya Bonaly, une championne hors cadre

Dans l’univers codifié du patinage, où sont valorisés le glamour, la précision chorégraphique et une certaine idée de l’élégance, Bonaly a proposé une alternative fondée sur la puissance et la prise de risque technique. Ses programmes mettaient l’accent sur les sauts et l’intensité physique, ce qui lui a valu admiration du public et critiques institutionnelles. La patineuse a souvent dénoncé un traitement différencié lié à sa morphologie et à son caractère, estimant ne pas bénéficier du « bénéfice du doute » lors des jugements.

Le geste le plus emblématique de sa carrière survient lors du programme libre à Nagano : Surya Bonaly exécute un salto arrière jambes tendues réceptionné sur un seul patin, une figure interdite en compétition. Elle savait qu’elle enfreignait le règlement mais a choisi ce saut comme un acte fort, destiné à marquer les esprits. Sur le moment, le public a perçu l’événement comme historique ; les juges, eux, ont appliqué la sanction prévue par le code.

Sportivement, cette tentative lui a coûté : la pénalité infléchit son classement et confirme que, dans la logique compétitive de l’époque, l’irrégularité technique était sévèrement sanctionnée. Symboliquement, cependant, ce saut a durablement contribué à sa légende dans l’histoire du patinage.

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Installée aux États‑Unis, Surya Bonaly revendique aujourd’hui ce geste comme à la fois un exploit et un acte de protestation contre le traitement qu’elle estime avoir reçu. Elle déplore que l’affaire ait pris selon elle une dimension disproportionnée, formulant un constat amer : « Si ça avait été un mec, ça n’aurait pas pris ces proportions. »

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