Sommet UA/UE: « le défi de ce sommet, c’est de savoir si les deux côtés vont négocier d’égal à égal »

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le guide de l'investigateur
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Geert Laporte, directeur de l’European Think Tanks Group, un réseau de think tanks européens, a été interrogé par RFI sur la pertinence du sommet entre l’Afrique et l’Europe à ce stade où les relations semblent ne plus être aussi vives qu’autrefois.

« Ce sommet arrive avec beaucoup de retard », a indiqué Geert Laporte. « L’enthousiasme qui a accompagné cette présentation n’est plus là. La France fait beaucoup d’efforts, Emmanuel Macron fait beaucoup d’efforts pour faire croire que ce sera un nouveau début de cette relation Europe-Afrique. Mais du côté africain, j’ai l’impression que les réactions sont assez faibles », a indiqué Laporte.

Dans la suite de son intervention, il a souligné le manque d’enthousiasme des Etats africains à traiter avec l’Europe du fait des grandes promesses jamais tenues. « Du côté africain, il y a cette attitude qui fait qu’après plusieurs sommets avec de grandes déclarations, de grands mots, avec des présidents qui se sont exprimés sur un tout nouveau partenariat, j’ai l’impression qu’il y a un certain scepticisme », a-t-il indiqué en s’interrogeant: « Les dirigeants africains ont réagi d’une manière assez attentiste. L’Europe veut faire de l’Afrique son partenaire préféré, mais est-ce que l’Europe est prête à faire des concessions ? »

Geert Laporte poursuit en soulignant que « les pays africains ont peur que ce sommet ne va pas tenir compte des agendas africains en ce qui concerne la migration, la transformation verte, en ce qui concerne la paix et la sécurité. Le défi de ce sommet, c’est finalement de savoir si les deux côtés vont négocier l’un avec l’autre d’égal à égal ou si ce sera toujours une relation de dépendance. Cela reste un partenariat asymétrique, l’Afrique a l’impression que l’Europe parle beaucoup de partenariat, mais qu’elle ne tient pas ses promesses et qu’elle n’est pas prête à faire des concessions ».

Dans la suite de son intervention au micro de RFI, Laporte a mis l’accent sur la perte de vitesse des européens en Afrique face à d’autres puissances. Il a souligné la nervosité des européens qui voudront par tous les moyens rester les meilleurs partenaires de l’Afrique et donc, vont encore faire des promesses de plusieurs milliards. La question selon Laporte, est de savoir si les africains vont encore tomber dans le piège des grandes promesses.

« L’Union européenne est très nerveuse. Elle est consciente du fait que l’Afrique a le choix entre différents partenaires : la Chine, la Turquie, la Russie… Surtout dans les pays du champ de la France, comme le Mali, la RCA et autre. L’impression existe que le côté africain veut changer cette relation de pouvoir en démontrant qu’il a le choix », explique le Directeur de l’European Think Tanks Group.

« …Et ça, ça rend le côté européen assez nerveux, d’où les promesses européennes d’investir plus en Afrique, de mobiliser des financements, des investissements, de l’aide internationale jusqu’à des montants que l’on n’avait jamais vus, assez impressionnants. On parle de plusieurs centaines de milliards d’euros que l’Europe promet à l’Afrique. Et le côté africain n’est pas convaincu de cette réalité, il prend une certaine distance vis-à-vis de cet enthousiasme européen », précise Geert Laporte.

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