Royaume-Uni : la livre sterling s’affaiblit face aux remous politiques
La livre sterling a été malmenée jeudi 5 février, affectée par les secousses politiques provoquées par l’affaire Epstein au Royaume-Uni et par des anticipations croissantes de baisses de taux. Parallèlement, le bitcoin a encore reculé, retrouvant son point le plus bas depuis octobre 2024.

La livre sterling a été malmenée jeudi 5 février, affectée par les secousses politiques provoquées par l’affaire Epstein au Royaume-Uni et par des anticipations croissantes de baisses de taux. Parallèlement, le bitcoin a encore reculé, retrouvant son point le plus bas depuis octobre 2024.
À 19h15 TU, la monnaie britannique perdait près de 0,8 % face au dollar, s’échangeant à 1,3546 USD pour une livre, et chutait de 0,71 % contre l’euro, à 87,07 pence pour un euro.
Le Premier ministre Keir Starmer a présenté des excuses après avoir nommé Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, un choix rendu controversé par les liens présumés de Mandelson avec Jeffrey Epstein. Starmer a toutefois affirmé sa volonté de rester en poste malgré des questionnements sur son avenir politique. Mandelson, qui avait été relevé de ses fonctions d’ambassadeur en septembre, fait désormais l’objet d’une enquête policière au Royaume-Uni: il est soupçonné d’avoir transmis, entre 2008 et 2010, des informations financières sensibles à Epstein.
Réactions des marchés et impact sur la politique monétaire
Elias Haddad, de Brown Brothers Harriman, estime que les investisseurs redoutent qu’un départ de Starmer n’entraîne un virage politique vers la gauche pour le gouvernement travailliste, avec des mesures fiscales et réglementaires plus restrictives susceptibles d’alourdir la dette publique. Ces inquiétudes ont poussé le rendement des obligations d’État britanniques à 10 ans à s’établir à 4,57 %, un niveau inédit depuis novembre.
Ces troubles politiques détournent selon lui l’attention des discussions sur la politique monétaire. La Banque d’Angleterre, qui a maintenu jeudi son taux directeur à 3,75 % comme attendu, a vu son vote se jouer de justesse, l’institution prévoyant désormais un ralentissement plus marqué de l’inflation et une croissance moins soutenue pour l’année à venir. Les marchés misent désormais sur une réduction des taux lors de la réunion de mars, scénario qui exercerait une pression supplémentaire à la baisse sur la livre.
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