RDC : l’UDPS marche à Kinshasa en soutien aux sanctions américaines contre Joseph Kabila

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir en République démocratique du Congo, a organisé samedi 2 mai une marche à Kinshasa pour saluer les sanctions imposées par l’administration Trump contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé de soutenir la rébellion AFC/M23 active dans l’est du pays.

Le · MàJ le
Politique
264vues
RDC : l’UDPS marche à Kinshasa en soutien aux sanctions américaines contre Joseph Kabila
Publicité
2 min de lecture
Google News

Le cortège est parti à 9 h 30 du boulevard Triomphal, entre les communes de Lingwala et Kasa-Vubu, pour rejoindre l’ambassade des États-Unis dans la commune de la Gombe, où un mémorandum de remerciements a été remis vers 11 h. La marche avait été annoncée la veille par le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, dans un communiqué appelant à une mobilisation générale.

Une causerie morale de mobilisation s’était tenue le vendredi 1er mai au siège national du parti, à Limete, en présence d’Augustin Kabuya, qui avait encouragé les militants à acclamer publiquement Donald Trump pour cette décision.

Les sanctions ont été annoncées le 30 avril par le Trésor américain, via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). Elles visent l’ancien chef de l’État (2001-2019) pour son soutien financier présumé à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle actif dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Selon Washington, Joseph Kabila aurait également incité des soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) à déserter pour rejoindre les rangs de la rébellion.

Les mesures prévoient le gel de tous ses avoirs et intérêts relevant de la juridiction américaine, y compris ceux d’entités détenues à au moins 50 % par lui, et interdisent à tout ressortissant ou entité américaine d’effectuer des transactions avec l’ancien président, sauf licence spécifique de l’OFAC. Les non-Américains qui contourneraient ces sanctions s’exposent également à des poursuites civiles et pénales.

Condamné à mort par contumace en 2025

Joseph Kabila vit en exil depuis 2024. Il était officiellement installé en Afrique du Sud, avant d’effectuer un retour discret à Goma, dans l’est de la RDC, en zone contrôlée par l’AFC/M23. Le 30 septembre 2025, il a été condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire de Kinshasa pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, sans circonstances atténuantes.

Son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a été suspendu en avril 2025 par le ministère de l’Intérieur, qui l’accuse de complicité avec le M23.

L’AFC/M23, soutenue selon les Nations unies et plusieurs chancelleries occidentales par le Rwanda voisin, contrôle depuis janvier 2025 les villes de Goma et de Bukavu, capitales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les combats ont fait plusieurs milliers de morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes dans cette région régulièrement présentée comme l’épicentre de la crise sécuritaire en Afrique centrale.

Les États-Unis sont devenus depuis 2025 le principal partenaire diplomatique de la RDC dans la médiation du conflit, à la faveur d’un rapprochement assumé entre Kinshasa et Washington autour de l’accès aux minerais critiques congolais.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité