RDC : le gouvernement clarifie sa stratégie autour du Genocost
La République démocratique du Congo a commémoré dimanche sa Journée nationale du Genocost, un terme forgé pour désigner le « génocide pour des gains économiques ». Cette notion renvoie au coût humain et social des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles dans le pays.

La journée a été consacrée à la mémoire des victimes des violences de masse qui ont marqué l’histoire récente de la RDC. Au-delà des cérémonies, le gouvernement a précisé la stratégie qu’il entend désormais défendre sur la scène nationale et internationale.
Sur le plan intérieur, le Genocost doit devenir le cadre de la politique mémorielle de l’État congolais. Les autorités prévoient notamment la création d’un musée national, le renforcement des réparations, la collecte des témoignages et la préservation des archives.
Le gouvernement souhaite également soutenir la recherche et transmettre cette histoire aux générations futures. Cette politique doit permettre de structurer la mémoire des violences et de donner une place officielle aux récits des victimes et de leurs familles.
Un plaidoyer fondé sur le droit international
Sur la scène internationale, Kinshasa entend désormais distinguer le concept de Genocost des qualifications reconnues par le droit international. Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, affirme que la RDC plaide pour la reconnaissance du crime de génocide, tel qu’il est défini par la Convention des Nations unies de 1948 et le Statut de Rome.
Le président Félix Tshisekedi a souligné que la qualification juridique d’un génocide ne relevait pas d’une déclaration politique. Elle doit être établie par les juridictions compétentes, à partir des faits, des preuves et des critères prévus par le droit international.
Pour les autorités congolaises, les deux démarches sont complémentaires. Le Genocost constitue le cadre national de la mémoire et de la reconnaissance des souffrances, tandis que le droit international doit servir de base aux procédures judiciaires et au plaidoyer diplomatique.
Cette clarification intervient dans un contexte de fortes tensions avec le Rwanda, qui conteste vivement le récit porté par Kinshasa. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a dénoncé une « théorie du complot politiquement construite », présentée selon elle comme une vérité historique et juridique.
Kigali estime que le Genocost ne correspond ni à un concept historique reconnu ni à une notion juridique établie. Cette opposition illustre la bataille des récits entre les deux pays autour de la mémoire des violences et de leur qualification.




Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.