Ouverture de frontières: le comité d’experts nigériens fait le point au Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine
Les lignes bougent dans la crise diplomatique qui paralyse l’axe Cotonou-Niamey depuis près de trois ans.

Après avoir séjourné au Bénin du 20 au 21 juin dans le cadre du second round des négociations bilatérales, le comité national d’experts nigériens a été reçu ce lundi 22 juin 2026 par le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine. La délégation, sous la conduite du ministre d’État de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le Général de division Mohamed Toumba, est venue restituer officiellement au chef du gouvernement le bilan des discussions tenues avec la partie béninoise.
Malgré la fermeté des exigences de Niamey, le dialogue progresse vers une issue favorable. Les deux pays s’attellent actuellement à la formalisation de trois accords distincts.
Ces textes, dont la signature finale conditionnera la réouverture effective de la frontière commune hermétiquement fermée depuis les événements de juillet 2023 , visent à restaurer la confiance politique et à sécuriser les échanges économiques bilatéraux.
Des exigences sécuritaires absolues et inflexibles
Le Général Mohamed Toumba a réitéré la position tranchée de la transition nigérienne. Le cahier des charges soumis aux autorités béninoises repose sur des verrous sécuritaires stratégiques, qualifiés de vitaux pour la souveraineté du Niger :
- Un traité de non-agression : Exigence d’un accord de défense et de sécurité consacrant le principe absolu de la non-utilisation du territoire d’un État pour mener des actions hostiles contre l’autre.
- Transparence militaire : Demande de clarté totale sur la nature et le déploiement des dispositifs militaires étrangers stationnés à proximité de la frontière nigérienne.
- Mutualisation du renseignement : Création immédiate d’une cellule conjointe de renseignement pour contrer de façon coordonnée la menace terroriste transfrontalière.
« Notre mandat est ferme, notre exigence est totale et ne doit pas être négociable, car ils touchent à la survie de nos États et à la sécurité de nos populations », a rappelé le ministre d’État nigérien.
Du côté de Cotonou, la teneur des échanges a été saluée pour son caractère positif. La délégation béninoise s’est engagée à rendre compte fidèlement de ces propositions au président Patrice Talon, ouvrant ainsi la voie à un dénouement imminent de cette crise frontalière majeure.
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