Nigeria : plus de 300 otages libérés lors d’une opération de sauvetage
Le président nigérian Bola Tinubu a annoncé mercredi 5 août la libération de 308 personnes retenues en otage depuis plusieurs mois dans les Etats de Kwara et du Niger, dans le centre-nord du pays. Ces victimes avaient été enlevées lors de plusieurs attaques attribuées à des groupes armés.

Parmi les personnes secourues figurent 163 habitants de Woro, une localité du district de Kaiama, dans l’Etat de Kwara. Le village avait été attaqué début février par des jihadistes présumés, qui avaient tué 165 personnes et incendié une grande partie des habitations.
Les 145 autres otages sont originaires de l’Etat voisin du Niger. Leur libération intervient après plus de six mois de captivité, dans une région confrontée à la multiplication des enlèvements et aux incursions de groupes armés.
Les forces de sécurité ont retrouvé les otages à l’intérieur du parc national du lac de Kainji, une vaste zone boisée et difficile d’accès. Une cellule du JAS, la faction historique de Boko Haram, serait implantée dans ce secteur, selon des sources locales citées par les autorités.
Une opération menée dans une zone difficile d’accès
L’attaque contre Woro avait été précédée par une tentative d’envoi d’un prédicateur dans la communauté. Malgré les alertes lancées par des responsables locaux, aucun militaire n’était présent dans le village au moment de l’assaut.
Fin juillet, des habitants de Kaiama avaient organisé une marche entre le palais de l’émir local et les bureaux de l’administration territoriale. Ils réclamaient une intervention des autorités et la libération de leurs proches disparus depuis plusieurs mois.
Le gouvernement nigérian n’a fourni aucun détail sur les circonstances exactes de la libération. Il n’a pas non plus précisé si des combattants avaient été arrêtés ou tués au cours de l’opération.
Comme lors d’autres enlèvements de masse au Nigeria, les conditions ayant permis la remise en liberté des otages restent inconnues. Les autorités négocient régulièrement avec les ravisseurs dans ces affaires, tandis que des sources de sécurité évoquent le versement probable de rançons, une pratique que le gouvernement ne reconnaît pas officiellement.
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