Nigeria : le secteur privé mobilise jusqu’à 3 milliards USD pour transformer l’élevage
Le Nigeria espère attirer jusqu’à 3 milliards de dollars d’investissements privés dans son secteur de l’élevage au cours des trois à cinq prochaines années, soit environ 1 683,5 milliards FCFA, a-t-on appris à l’issue d’un forum stratégique organisé à Abuja. Réuni sous l’égide du Bureau interafricain des ressources animales (UA-IBAR), l’événement a mis en lumière le potentiel économique d’un secteur lourd de 54 millions de bovins et 250 millions de volailles, malgré une dépendance encore marquée aux importations de produits laitiers.

Le poids de la filière est significatif : près de 75 millions de ménages tireraient des revenus directs ou indirects de l’élevage, qui représente environ 5 % du produit intérieur brut nigérian, soit près de 32 milliards de dollars. Les intervenants ont pointé des goulots d’étranglement structurels — capacités de transformation limitées, chaînes d’approvisionnement fragmentées, accès restreint aux financements et à des services vétérinaires modernisés — responsables du paradoxe entre cheptel important et forte importation de lait.
Le forum a rassemblé autorités publiques, investisseurs privés et industriels autour d’un agenda axé sur des actions opérationnelles : négociations commerciales, mise en relation directe entre producteurs et acheteurs, et structuration de mécanismes de financement visant à lever des capitaux pour la transformation des infrastructures et l’industrialisation de la filière.
Réformes engagées et instruments de financement
Plusieurs initiatives publiques et partenariats internationaux soutiennent la trajectoire annoncée. Le Plan directeur national de l’élevage, élaboré avec l’appui de partenaires tels que la Fondation Gates, vise à moderniser les volets alimentation animale, santé et accès aux marchés. La Stratégie nationale d’accélération de la croissance de l’élevage fixe un objectif de valorisation du secteur entre 74 et 90 milliards de dollars d’ici 2035.
Parmi les instruments financiers mobilisés figure le programme L-PRES, doté de 500 millions de dollars de la Banque mondiale et mis en œuvre dans 20 États. Ce programme cible l’amélioration de la productivité, la structuration des filières et la commercialisation, avec des retombées attendues pour plus d’un million de bénéficiaires identifiés par les concepteurs.
Les priorités opérationnelles identifiées incluent la transformation des abattoirs en pôles d’investissement, le développement de systèmes d’information pour la traçabilité et la planification, ainsi que l’intégration des problématiques de genre, d’emploi des jeunes et de résilience face aux aléas climatiques. Les intervenants ont également souligné la nécessité d’améliorer la gouvernance foncière et la gestion des conflits liés à l’accès aux pâturages.
Lors du forum d’Abuja, les échanges ont débouché sur des mises en relation et des accords-cadres destinés à faciliter l’entrée de capitaux privés dans des projets de modernisation et de commercialisation
Le programme L-PRES est déployé dans 20 États et bénéficie d’un financement de 500 millions de dollars de la Banque mondiale
Articles liés
Le Niger reprend la main sur son pétrole avec 45 % de Wapco
Le Niger crée la SNPI, une société publique pour gérer les pipelines intérieurs d’hydrocarbures
France : 20 millions € d’amende contre la Société Générale pour défaut d’information envers ses clients
Dasa : un projet minier de 501 millions de dollars sous surveillance à Niamey