Nigeria : le fonds de cabotage relancé après 20 ans, jusqu’à 25 M$ par armateur
Le Nigeria a ordonné l’accélération du décaissement du Cabotage Vessel Financing Fund (CVFF), un mécanisme créé pour financer l’acquisition de navires par les opérateurs locaux mais resté bloqué pendant plus de deux décennies. Le ministre de l’Économie maritime et bleue, Adegboyega Oyetola, a demandé le 7 septembre à la NIMASA et aux 12 établissements prêteurs agréés de faire avancer les dossiers déjà déposés.

Le fonds de cabotage permettra à chaque armateur éligible d’accéder à un financement pouvant atteindre 25 millions de dollars pour l’achat de navires, sous réserve de l’évaluation et de l’approbation prévues par le dispositif. À ce stade, 92 demandes ont été enregistrées, 20 ont été transmises aux banques partenaires et une seule a franchi l’étape de revue pour être envoyée à l’approbation finale.
Créé par la loi nigériane sur le cabotage de 2003, le CVFF doit soutenir la propriété locale des navires et renforcer la participation des entreprises nigérianes au transport côtier et offshore. Plusieurs tentatives de décaissement ont été annoncées au fil des années, mais les armateurs n’avaient toujours pas effectivement accédé au fonds.
Le gouvernement présente cette relance comme un levier pour réduire le coût du financement maritime, moderniser les flottes locales et permettre aux opérateurs nigérians de mieux concurrencer les sociétés étrangères sur les contrats côtiers et offshore. Adegboyega Oyetola estime que le mécanisme pourrait soutenir plus de 30 000 emplois directs et indirects dans les chantiers navals, la maintenance, l’ingénierie et la logistique maritime.
Un décaissement encore à matérialiser
L’autorisation politique ne signifie pas encore que les fonds ont déjà été versés. Chaque dossier reste soumis à l’examen des établissements prêteurs et aux validations prévues par le cadre du CVFF. Le fait qu’un seul dossier sur 92 ait atteint l’étape d’approbation finale montre que le principal enjeu est désormais la vitesse d’exécution.
Pour accélérer le processus, le nombre d’établissements prêteurs agréés a été porté de cinq à douze et un portail de candidature a été ouvert en janvier 2026. La NIMASA avait indiqué au printemps avoir reçu plus de 60 demandes ; le total annoncé en septembre est désormais de 92.
Le gouvernement veut également relier le financement des navires au développement des compétences maritimes. Le ministre a indiqué que 222 marins ont bénéficié de formations professionnelles gratuites, que 333 cadets ont achevé leur formation académique et que 135 autres ont obtenu leur certificat de compétence dans le cadre du Nigerian Seafarers Development Programme.
La prochaine étape décisive sera le passage du premier dossier approuvé au financement effectif d’un navire. C’est sur ce point que sera mesuré le redémarrage réel d’un fonds attendu depuis le début des années 2000 par les armateurs nigérians.




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