Nigeria : l’adhésion à l’AIE ouvre la voie à un doublement des investissements énergétiques en 5 ans
Le Nigeria est devenu membre associé de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en juillet 2026, après une approbation unanime des pays déjà membres de l’organisation. Selon Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, ce partenariat doit permettre au pays d’attirer sensiblement plus de capitaux, avec l’objectif d’au moins doubler d’ici cinq ans les investissements que le pays reçoit actuellement dans son secteur énergétique.

Cette adhésion fait du Nigeria le premier pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à rejoindre l’AIE, dont les membres sont traditionnellement de grands pays consommateurs d’énergie. Elle intervient alors qu’Abuja cherche à relancer sa production pétrolière et à développer de nouveaux projets gaziers, dans un contexte de tensions géopolitiques qui bouleversent les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales.
Le pays vise une production de 3 millions de barils de brut par jour d’ici 2030, contre 1,56 million de barils par jour en juin 2026, selon les chiffres cités par les autorités nigérianes. Ces objectifs s’appuient notamment sur le Plan directeur gazier 2026, qui prévoit plus de 60 milliards de dollars d’investissements dans la chaîne de valeur pétrolière et gazière d’ici 2030, avec une production de gaz visée à 10 milliards de pieds cubes par jour en 2027, puis 12 milliards en 2030.
Le potentiel offshore du pays est également mis en avant : entre 30 et 50 milliards de dollars d’investissements sont attendus d’ici 2030 pour 22 grands projets en mer, tandis que les récents cycles d’attribution de licences ont porté sur 500 millions de barils de pétrole récupérables et environ 56 milliards de mètres cubes de gaz, selon la Commission de régulation du secteur pétrolier amont (NUPRC).
Une adhésion à valeur de signal
En intégrant l’AIE, le Nigeria rejoint un club jusque-là composé essentiellement de pays importateurs d’énergie, majoritairement occidentaux. L’adhésion, validée à l’unanimité par les membres de l’agence, doit faciliter les échanges de données et de bonnes pratiques entre Abuja et l’organisation basée à Paris.
Un secteur suivi de près par les investisseurs
Le cabinet McKinsey & Company, par la voix de son associé Oliver Onyekweli, a souligné l’ampleur des besoins de financement du secteur énergétique nigérian. La compagnie publique NNPC Ltd et la NUPRC multiplient de leur côté les annonces de projets destinées à attirer des partenaires internationaux vers les hydrocarbures du pays.
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