Niger : une mutinerie de militaires matée à Niamey avec l’appui de l’Africa Corps russe
Une mutinerie de militaires nigériens, en grande partie issus des forces spéciales, a été maîtrisée samedi 29 août 2026 au soir à Niamey après l’intervention de troupes restées loyales au pouvoir et du groupe paramilitaire russe Africa Corps, ont annoncé le ministère nigérien de la Défense et plusieurs médias régionaux.

Venus en partie des régions de Tillabéri et de Dosso, les mutins avaient pris le contrôle dans la nuit de vendredi à samedi de la base aérienne 101, qui jouxte l’aéroport international Diori Hamani et abrite les états-majors de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de l’Africa Corps russe. Ils ont aussi visé le palais présidentiel et le siège de la télévision nationale, sans parvenir à s’en emparer, repoussés par la garde présidentielle.
Le général Salifou Mody, ministre d’État chargé de la Défense nationale, a annoncé avoir « contenu » ce qu’il a qualifié de mutinerie limitée, précisant que la réaction rapide des forces restées loyales au pouvoir avait permis de reprendre le contrôle des sites stratégiques de la capitale. Plusieurs assaillants ont été arrêtés ou neutralisés, d’autres ont pris la fuite, selon des médias nigériens ; aucun bilan chiffré officiel n’a été communiqué.
Le calme était revenu dimanche à Niamey, où les autorités ont appelé la population à reprendre ses activités normales. C’est la première fois depuis le coup d’État de juillet 2023 qu’une menace armée contre le pouvoir émane des propres rangs de l’armée nigérienne, et non de groupes jihadistes extérieurs.
L’appui de l’Africa Corps russe
Pour reprendre la base 101, le Niger a sollicité l’aide de l’Africa Corps, le groupe paramilitaire russe qui a succédé à Wagner sur le continent, « pour réprimer une mutinerie », a déclaré l’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, cité par l’agence publique russe Sputnik Afrique. Une délégation militaire nigérienne s’est ensuite rendue auprès des forces russes pour les remercier officiellement de leur intervention.
Selon Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, cet appui confirme une dépendance sécuritaire croissante du Niger envers Moscou. « L’appui russe n’est plus une hypothèse. C’est le commandement nigérien de la base 101 lui-même qui a sollicité l’Africa Corps », a-t-il déclaré, relevant que Niamey et Moscou revendiquaient désormais ensemble ce succès militaire. C’est la deuxième fois en 2026 que la Russie est mise en avant dans la reprise en main d’un site stratégique nigérien, après un précédent épisode autour de l’aéroport de Niamey en février.
Pour l’analyste, cette mutinerie révèle aussi des tensions internes au sein de l’armée nigérienne, trois ans après la prise du pouvoir par le général Abdourahamane Tiani. Les forces spéciales impliquées, chargées de la lutte antijihadiste dans la zone dite des trois frontières avec le Mali et le Burkina Faso, avaient déjà exprimé ces derniers mois des frustrations liées aux pertes subies dans ce conflit, selon plusieurs analystes régionaux.
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