Mozambique : l’évêque de Quelimane, Mgr Osório Citora Afonso, tué à bout portant à son domicile
Mgr Osório Citora Afonso, évêque de Quelimane et administrateur apostolique de Beira, a été retrouvé mort par balle samedi matin à son domicile, dans le centre du Mozambique. Les autorités ont ouvert une enquête après cette attaque armée contre un haut responsable de l’Église catholique, dont le meurtrier était toujours en fuite.

Mgr Osório Citora Afonso, évêque du diocèse de Quelimane et administrateur apostolique de l’archidiocèse de Beira, a été retrouvé mort le samedi 6 juin 2026 au matin dans un couloir de sa résidence épiscopale de Quelimane, chef-lieu de la province de Zambézia dans le centre du Mozambique. Il avait été atteint par balle dans la poitrine. Il avait 54 ans. Aucun suspect n’avait été arrêté à la date de publication de ce papier.
Le Service national d’investigation criminelle (SERNIC) de la province de Zambézia a confirmé le meurtre dans la matinée. Son porte-parole Máximo Amílcar a indiqué qu’un ou plusieurs assaillants avaient franchi la clôture électrique de la résidence avant de pénétrer dans les locaux et d’ouvrir le feu. Selon les premières informations du SERNIC, le prélat a été touché à bout portant par un tir provenant d’un fusil de type AKM. Des investigations sont en cours et une conférence de presse devait être convoquée dans les heures suivant l’annonce, selon la même source.
Missionnaire de la Consolata, Mgr Citora Afonso avait été nommé à Quelimane par le pape François en juillet 2025 et installé le 31 août 2025. Le pape Léon XIV l’avait nommé administrateur apostolique de Beira le 10 avril 2026, à la suite de la démission pour raisons de santé de l’archevêque Cláudio Zunna. Il était également secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mozambique. Avant Quelimane, il avait exercé comme évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Maputo de septembre 2023 à juillet 2025.
Réactions du Vatican et des autorités mozambicaines
Le pape Léon XIV, en déplacement en Espagne pour le premier jour de sa visite apostolique dans ce pays, a appris la nouvelle avec « douleur », selon un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. Le pape a dit « s’unir dans la prière avec le peuple des diocèses et du Mozambique en cette heure de désarroi, demandant au Seigneur de leur accorder la consolation, de garder chaque homme et chaque femme dans son amour et d’arrêter la main des violents ».
L’archevêque Inácio Saúre de Nampula, président de la Conférence épiscopale du Mozambique, a déclaré avoir reçu la nouvelle avec « une profonde douleur » et demandé à tous « la sérénité de la foi et la solidarité fraternelle » face à ce qu’il a qualifié de « triste événement ». Le collège des consulteurs du diocèse de Quelimane a annoncé une première messe pour le repos de l’âme de l’évêque le 6 juin à 18h00 à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Délivrance de Quelimane.
Le président de la République du Mozambique, Daniel Francisco Chapo, a exprimé sa « profonde tristesse et consternation » et qualifié cette perte d’« irréparable pour la société mozambicaine et pour la communauté chrétienne ». Il a souligné que Mgr Citora Afonso s’était « distingué tout au long de sa vie par son humilité, son dévouement pastoral et sa prédication des valeurs de paix et de réconciliation ».
Un prélat engagé dans un contexte sécuritaire dégradé
Né le 6 mai 1972 à Ribaué, dans la province de Nampula, Mgr Osório Citora Afonso avait prononcé ses voeux perpétuels à l’Institut des Missionnaires de la Consolata en 2001 à Kinshasa et avait été ordonné prêtre en novembre 2002. Il avait été consacré évêque en janvier 2024 à Nampula par le cardinal Luis Antonio Tagle.
L’organisation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) a relevé que l’Église catholique mozambicaine était déjà confrontée à la violence jihadiste dans le nord du pays, en particulier dans la province de Cabo Delgado. Mgr Citora Afonso avait lui-même alerté à plusieurs reprises sur la gravité de la situation sécuritaire dans cette région. En octobre 2025, il avait décrit au service de presse vaticane Fides des incendies d’église, des enlèvements de mineurs et la mise en place par les groupes armés d’un système de contrôle contraignant les habitants à produire une carte d’identité pour accéder aux services. Les circonstances de son assassinat et l’identité de ses meurtriers n’ont pas été établies dans l’immédiat.
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