Bénin : le militant d’opposition Julien Kandé Kansou libéré après une grâce présidentielle

Le militant béninois Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti d’opposition Les Démocrates, a recouvré la liberté samedi après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par le chef de l’État Romuald Wadagni, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du pays.

Emile NOUKPO
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Société
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Bénin : le militant d’opposition Julien Kandé Kansou libéré après une grâce présidentielle
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Âgé de 34 ans, écrivain et étudiant, Julien Kandé Kansou avait été arrêté le 5 juin 2025 à son domicile d’Akassato, dans la commune d’Abomey-Calavi, après plusieurs publications sur les réseaux sociaux jugées critiques à l’égard des autorités, dont une évoquant une « révolution électorale » attendue en 2026. Son parti avait dénoncé à l’époque une arrestation arbitraire, tandis que d’autres formations de l’opposition, comme la Nouvelle Force Nationale, avaient qualifié l’interpellation de disproportionnée.

Placé en détention pendant plus d’un an, il avait été traduit devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), la juridiction spéciale béninoise compétente notamment en matière de cybercriminalité, pour des faits de harcèlement par le biais d’un système électronique et d’incitation à la rébellion. Son procès avait connu plusieurs renvois successifs, dont un report au 27 janvier 2026, avant que le ministère public ne requière deux ans de prison ferme à son encontre le 17 mars 2026.

Le 28 avril 2026, la CRIET l’a finalement condamné à 24 mois d’emprisonnement ferme et à une amende de 10 millions de FCFA. Il purgeait cette peine depuis lors, sa défense ayant plaidé la thèse d’un simple appel pacifique à la participation citoyenne aux élections, et non d’un mot d’ordre insurrectionnel.

Sa libération intervient dans le cadre des mesures de clémence traditionnellement décrétées par la présidence béninoise à l’occasion de la fête nationale, qui ont également bénéficié à d’autres détenus dans plusieurs maisons d’arrêt du pays. Cette grâce présidentielle n’efface toutefois pas juridiquement la condamnation prononcée par la CRIET, mais met fin à l’exécution de la peine restante.

Le cas de Julien Kandé Kansou s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour des libertés d’expression et de réunion pacifique au Bénin, régulièrement pointées par des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International dans ses rapports annuels. Sa remise en liberté, à l’approche d’échéances électorales sensibles, devrait relancer le débat sur le traitement judiciaire réservé aux voix critiques de l’opposition dans le pays.

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