Mondial 2026 : polémique après le refoulement de l’arbitre somalien Omar Artan aux États-Unis

L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, retenu pour la Coupe du monde 2026, ne participera finalement pas au tournoi après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis à l’aéroport de Miami. Les autorités américaines invoquent des préoccupations de sécurité nationale, tandis que l’intéressé conteste toute implication et dénonce une décision liée à sa nationalité.

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Mondial 2026 : polémique après le refoulement de l’arbitre somalien Omar Artan aux États-Unis
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L’arbitre international somalien Omar Abdulkadir Artan, retenu pour officier à la Coupe du monde 2026, s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis à l’aéroport de Miami samedi 6 juin. Un responsable de l’administration américaine, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a affirmé mardi soir que ce refus était motivé par une « association avec des membres présumés d’organisations terroristes », sans présenter d’élément public à l’appui.

Les douanes et la protection des frontières (CBP) avaient d’abord invoqué, dans un communiqué, des « préoccupations liées au contrôle » sans en préciser la nature. Selon le responsable cité par plusieurs médias américains, des informations défavorables auraient rendu l’arbitre inadmissible au titre de la loi sur l’immigration et la nationalité, l’administration estimant qu’il représentait une menace pour la sécurité nationale. Andrew Giuliani, directeur exécutif du groupe de travail de la Maison-Blanche sur la Coupe du monde, avait évoqué plus tôt une « très bonne raison » sans la détailler. Omar Artan ne fait l’objet d’aucune poursuite connue et la procédure relève d’une décision administrative d’inadmissibilité, non d’une instance judiciaire.

L’arbitre a livré une autre version au New York Times. Il dit avoir été interrogé pendant onze heures à l’aéroport de Miami, questionné sur la politique somalienne et sur le groupe islamiste armé shebab, en insurrection contre le gouvernement de Mogadiscio. Il affirme avoir présenté ses documents de la FIFA et des photographies de sa carrière, avant d’être placé en cellule puis renvoyé vers Istanbul, d’où il avait pris sa correspondance. Un visa lui avait été délivré la semaine précédente, son dossier ayant été traité à Nairobi, selon l’ambassade de Somalie au Kenya. « Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a-t-il déclaré au quotidien, assurant n’avoir reçu aucune explication.

La FIFA a confirmé que son officiel ne pourrait ni s’entraîner ni arbitrer durant le tournoi. L’instance a indiqué ne pas intervenir dans les procédures d’immigration des pays hôtes et avoir été informée que la situation de l’arbitre ne serait « pas modifiée à ce stade ». Son président, Gianni Infantino, a qualifié l’épisode de regrettable, tout en soulignant que l’organisation ne maîtrisait pas l’ensemble des décisions.

Un arbitre de premier plan en Afrique

Âgé de 34 ans, Omar Artan devait devenir le premier Somalien à officier dans une Coupe du monde. Il a arbitré pendant plusieurs années des rencontres internationales, dont des matches de la Coupe d’Afrique des nations, et a été désigné meilleur arbitre de l’année par la Confédération africaine de football en 2025. Le 24 mai dernier, il avait dirigé la finale retour de la Ligue des champions africaine entre l’AS FAR de Rabat et les Mamelodi Sundowns, à Rabat.

De retour à Mogadiscio mercredi, il a été accueilli par des partisans et des responsables gouvernementaux. Conseiller au ministère somalien de la Jeunesse et des Sports et ancien capitaine de la sélection nationale, Ciise Aden Abshir a condamné la décision américaine auprès de l’Agence France-Presse, décrivant un arbitre « parmi les plus respectés d’Afrique » et estimant que ce refus heurtait l’esprit d’équité du football.

Un contexte de restrictions migratoires américaines

Le refus opposé à Omar Artan s’inscrit dans le durcissement de la politique migratoire conduite sous la présidence de Donald Trump. La Somalie figure parmi près de quarante pays dont les ressortissants font l’objet de restrictions d’entrée sur le territoire américain. Le commissaire de la CBP, Rodney Scott, a défendu la pratique des refus d’admission lors d’un événement à Washington, déclarant que « la loi reste la loi ».

La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’ouvre cette semaine. Les matches étant répartis entre les trois pays, l’arbitre aurait de toute façon été écarté des rencontres disputées sur le sol américain, soit 28 des 78 matches de la phase de groupes, selon le décompte de plusieurs médias britanniques.

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