Mondial 2026 : la FIFA interdit les pauses tactiques lors des blessures de gardiens
La FIFA a annoncé plusieurs changements des lois du jeu pour la Coupe du monde 2026, avec une mesure phare contre les pauses tactiques déguisées lors des blessures de gardiens. Le protocole VAR sera également élargi, tandis que de nouveaux décomptes chronométrés et des sanctions renforcées visent à réduire les pertes de temps et à mieux encadrer les comportements sur le terrain.

La FIFA a annoncé plusieurs modifications des lois du jeu applicables à la Coupe du monde 2026, dont le coup d’envoi est fixé au 11 juin à Kansas City. Son président des arbitres, l’Italien Pierluigi Collina, a détaillé les principales mesures lors d’un atelier tenu avec les sélectionneurs des 48 équipes qualifiées. Les changements concernent l’interdiction des pauses tactiques sur blessure du gardien, l’extension du protocole VAR aux fautes commises avant les coups de pied de coin, l’introduction d’un carton rouge pour les joueurs qui couvrent leur bouche dans une situation de confrontation avec un adversaire, et une série de décomptes chronométrés destinés à réduire les pertes de temps.
La mesure phare porte sur les pauses tactiques sur blessure du gardien, pratique devenue courante dans les hauts niveaux du football : le gardien s’allonge sur la pelouse, ses coéquipiers se précipitent au bord du terrain pour recevoir des instructions de l’entraîneur, puis le portier se relève dès que la séance de coaching est terminée. La FIFA appliquera à la Coupe du monde la même règle que la National Women’s Soccer League américaine : lorsqu’un gardien est blessé, les joueurs des deux équipes doivent rester sur le terrain ou se rassembler au rond central. « Le gardien a le droit d’être blessé, mais les joueurs n’ont pas le droit de quitter le terrain pour avoir une sorte de temps mort avec leur entraîneur respectif », a déclaré Collina. Aucun carton jaune ne sera distribué aux joueurs qui tenteraient tout de même de rejoindre leur banc — les arbitres interviendront de manière préventive.
L’Ifab (International Football Association Board), organisme codificateur des lois du jeu, a par ailleurs approuvé la demande de la FIFA d’étendre le protocole VAR aux fautes offensives commises avant la mise en jeu sur coup de pied de coin. Jusqu’ici, le VAR ne pouvait pas intervenir pour une faute survenue avant qu’un corner ne soit joué. La nouvelle disposition permettra la révision de toute faute ayant un impact direct sur un but ou entraînant un penalty ou une sanction disciplinaire. À titre illustratif, Collina a cité un but inscrit par l’Angleterre lors d’un match amical contre l’Uruguay à Wembley en mars 2026 : Adam Wharton avait bloqué la course de José Maria Giménez avant que le corner de Cole Palmer ne soit frappé, permettant à Ben White de marquer. Sous le nouveau protocole, le VAR aurait pu ordonner un retour en arrière. Cette mesure ne s’applique qu’aux fautes des attaquants, et non aux fautes défensives de tenue ou de tirage.
Carton rouge pour la bouche couverte et compteurs chronométrés
L’Ifab a approuvé le 28 avril à Vancouver une mesure introduisant le carton rouge pour tout joueur qui couvre sa bouche de la main, du bras ou du maillot dans une situation de confrontation avec un adversaire. L’objectif est de prévenir la dissimulation de propos discriminatoires ou injurieux. La règle ne s’applique pas aux échanges amicaux. Elle fait suite à l’incident impliquant l’ailier de Benfica Gianluca Prestianni et Vinícius Jr du Real Madrid lors d’un match de Ligue des champions en février, pour lequel Prestianni avait été suspendu six matches par l’UEFA pour comportement homophobe. Collina a précisé que les équipes dont un joueur est expulsé en application de cette règle ne pourront pas procéder à un remplacement.
Plusieurs compteurs chronométrés entrent également en vigueur. Sur les remises en jeu et les dégagements au but, un décompte de cinq secondes est instauré : si le joueur retarde délibérément la reprise, la possession est transférée à l’équipe adverse — une remise en jeu devient une touche adverse, un dégagement au but devient un corner. Les remplaçants disposent de dix secondes pour quitter le terrain depuis leur position la plus proche de la sortie ; à défaut, le remplaçant entrant ne peut pénétrer sur le terrain avant la prochaine interruption du jeu, et au moins une minute de jeu doit s’être écoulée. Tout joueur soigné par le médecin doit rester en dehors du terrain pendant soixante secondes avant de pouvoir reprendre, sauf exception pour les gardiens ou si l’adversaire est sanctionné.
Élargissement du VAR sur les deuxièmes cartons jaunes et les corners
Le VAR voit son périmètre d’intervention élargi sur deux points supplémentaires. Les expulsions pour deux avertissements pourront désormais être révisées — le VAR peut vérifier si le deuxième carton jaune était justifié, mais ne peut pas suggérer un deuxième avertissement là où l’arbitre n’en a pas donné. Les corners pourront également être vérifiés — pour contrôler qu’un corner a bien été correctement accordé —, à condition que la révision soit menée immédiatement, avant la reprise du jeu, et sans délai ; cette vérification ne s’applique pas en sens inverse aux coups de pied de but accordés à tort.
La FIFA introduit également des pauses hydratation de trois minutes dans chaque mi-temps, à la 22e minute environ. Collina a exprimé l’espoir que l’ensemble de ces mesures permette de réduire le temps additionnel par rapport à la Coupe du monde 2022 au Qatar, où des arrêts de jeu de dix minutes et plus étaient devenus la norme.



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