Minerais critiques : l’Inde cherche encore sa place dans le sous-sol africain
Le ministère indien des Mines a repris fin août des discussions avec son homologue zambien en vue d’investissements dans le cuivre et d’autres minerais critiques, a rapporté Reuters mardi 1er septembre 2026, citant deux sources proches du dossier. Ces pourparlers, tenus le 26 août, marquent une relance après l’échec de précédentes négociations.

Les discussions avaient auparavant buté sur l’absence de garanties apportées par la Zambie concernant les droits d’exploitation d’une zone de 9 000 kilomètres carrés attribuée à l’Inde l’an dernier. Selon Reuters, ce dossier sensible a été volontairement écarté des échanges du 26 août, les deux parties cherchant à avancer sur d’autres pistes de coopération, notamment le cobalt.
New Delhi mise sur Khanij Bidesh India Ltd (KABIL), sa structure publique chargée de sécuriser des approvisionnements en minerais à l’étranger, pour nouer ces partenariats. La Federation of Indian Mineral Industries, qui représente les acteurs du secteur, est également associée à la démarche.
Cette relance s’inscrit dans une stratégie plus large de l’Inde, qui explore en parallèle des opportunités en Australie, au Brésil, au Canada, en Russie, en Indonésie et au Malawi, à la recherche de projets miniers déjà en production ou proches de l’être, assortis d’accords d’enlèvement à long terme.
Une dépendance croissante au cuivre importé
L’enjeu est de taille pour l’Inde, confrontée à une dépendance croissante à l’égard des concentrés de cuivre importés depuis la fermeture, en 2018, de la fonderie Sterlite Copper du groupe Vedanta à Tuticorin. Le pays pourrait devoir importer entre 91 % et 97 % de ses besoins en concentrés de cuivre d’ici 2047, selon les projections évoquées par Reuters.
Comme les États-Unis et la Chine, l’Inde cherche ainsi à sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques — cuivre, cobalt, lithium, graphite ou terres rares — dans un continent africain où la concurrence entre grandes puissances s’intensifie. La Zambie, deuxième producteur de cuivre d’Afrique, est à ce titre particulièrement courtisée par les puissances industrielles en quête de nouvelles sources d’approvisionnement.
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