Mika victime de harcèlement scolaire : « On m’appelait le Libanais, le pédé »
Mika fête ses 43 ans ce 18 août 2026. Révélé en 2007 par le tube Grace Kelly, l’auteur-compositeur-interprète est aujourd’hui l’un des visages les plus connus de la pop francophone, mais il porte depuis l’enfance les traces d’un harcèlement scolaire d’une grande violence, vécu au Royaume-Uni après des premières années passées à Beyrouth puis à Paris.
Né Michael Holbrook Penniman le 18 août 1983 à Beyrouth, il quitte le Liban avec sa famille à l’âge d’un an pour s’installer à Paris. À huit ans, un nouveau déménagement l’emmène à Londres, où il intègre une institution scolaire beaucoup plus vaste que ses précédentes écoles. Ces changements interviennent alors qu’il est déjà fragilisé par une dyslexie et par l’absence prolongée de son père, retenu plusieurs mois à l’ambassade américaine au Koweït pendant la guerre du Golfe.
Dans ce contexte, Mika raconte avoir subi d’abord les humiliations d’une enseignante, puis celles de ses camarades. Il a relaté publiquement ces épisodes des années plus tard, soulignant l’impact durable de ces violences sur son parcours scolaire et personnel, et expliquant comment la musique est devenue son refuge.
Du calvaire scolaire à l’engagement artistique
Selon ses témoignages, le harcèlement commence dans la salle de classe. Il évoque une professeure qui l’obligeait à rester assis des heures sans pouvoir se lever, au point qu’il se soit uriné dessus. Ces traitements se doublent d’attaques de la part d’autres élèves : insultes à caractère nationaliste ou homophobe — « le Libanais, le pédé » — et jets d’objets comme des canettes ou des cailloux. Mika rapporte que ces agressions physiques et verbales ont eu des conséquences scolaires majeures : arrêt de la parole, incapacité à écrire ou à lire correctement.
La solitude s’installe aussi à la maison, car il n’ose pas confier ces souffrances à ses proches par honte. Pour échapper à l’humiliation quotidienne, il choisit de manquer systématiquement les premières minutes des cours et de se cacher plutôt que d’affronter le regard des autres. Sa mère finit par décider une période de déscolarisation pendant plusieurs mois, une étape qui le conduit progressivement vers le piano et la musique comme moyen de reconstruction.
Devenu artiste célèbre, Mika a transformé ces blessures en engagements publics. Il a interprété des titres abordant la question du harcèlement, notamment Hurts (2015), et a participé à des campagnes de sensibilisation, notamment en Italie pour Cartoon Network lors de son passage comme présentateur de X Factor. Il a également enregistré une version italienne de Hurts en duo avec le rappeur Fedez.
Dans ses confidences, il dit s’être reconnu gay dès l’âge de huit ans et affirme que les insultes homophobes ont précédé son coming out public en 2012. Il rapporte par ailleurs que certaines réactions au sein de sa famille élargie restent douloureuses, des personnes le rejetant encore selon ses propres mots.
À 43 ans, l’artiste poursuit dans ses interviews et sur scène le message de fierté de la différence et maintient un engagement de sensibilisation contre le harcèlement scolaire, inscrit à la fois dans ses prises de parole et dans sa production musicale.
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