Michel Jourdan, big boss à la Sacem, ses tubes « C’est comme ça que je t’aime », « Vous les femmes », « Si seulement je pouvais lui manquer »

Michel Jourdan, disparu le 29 septembre 2025 à Couiza (Aude), aurait célébré son 92e anniversaire le 10 août 2026. Auteur et parolier niçois, il demeure l’une des plumes les plus prolifiques de la chanson française, crédité de plus de 3 000 titres signés au cours d’une carrière couvrant six décennies.

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Peu connu du grand public pour son visage, Michel Jourdan a pourtant façonné des refrains devenus populaires, de Mike Brant à Calogero, en passant par Dalida, Dorothée et Julio Iglesias. Son écriture, souvent placée sous le signe de la sensibilité et de l’absence, a nourri des succès allant des années 1960 aux années 2000.

Fils d’un pâtissier résistant déporté pendant la guerre, il avait lié son œuvre à une expérience personnelle marquée par l’absence. Installé entre Menton et Paris, il a continué jusque tard dans sa vie à proposer des textes aux artistes parisiens ; ses mémoires ont été publiées en 2018.

Parcours et collaborations : des tubes populaires aux textes intimes

Parmi ses collaborations les plus fortes figure celle avec Mike Brant, pour lequel il a signé plusieurs chansons devenues emblématiques. Il est l’auteur de Qui saura (1972) et de Rien qu’une larme (1973), et a contribué au grand succès C’est comme ça que je t’aime (1974). Michel Jourdan évoquait la « nature délicate » du chanteur et parlait d’une complicité artistique qui a accompagné l’ascension fulgurante de Mike Brant, disparu en 1975.

Pour Dalida, il a écrit des titres comme Dans tes bras et Les anges noirs. Il a également collaboré avec Julio Iglesias sur Vous les femmes et signé pour Claude François le texte de J’ai retrouvé ma liberté. Charles Aznavour lui a confié plusieurs textes, dont L’Essentiel, et la discographie de Marie Laforêt inclut son premier grand succès, Les vendanges de l’amour (1963).

Sa relation professionnelle avec Dorothée s’étend sur plusieurs décennies : il lui a écrit des dizaines de chansons entre 1980 et 2010. L’animatrice a rendu hommage à l’un de ces titres en évoquant symboliquement son âge artistique après la disparition du parolier.

En 2004, Michel Jourdan signe un succès tardif et très médiatisé avec Calogero : Si seulement je pouvais lui manquer, coécrit avec Julie d’Aimé, aborde l’absence d’un père et figure rapidement dans le top 10 en France et en Belgique. Le titre a reçu en 2005 la Victoire de la musique de la chanson originale de l’année et a été repris à de nombreuses occasions, notamment par Les Enfoirés en 2007.

Son écriture a été sollicitée par des artistes aux univers très différents, y compris des noms internationaux comme Frank Sinatra, ce qui atteste de la diversité de ses collaborations et de sa capacité d’adaptation.

Après son décès, la famille de Mike Brant a salué « un parolier d’exception, qui a tant apporté à la beauté des mots ». Calogero a rappelé la chance d’avoir mis en musique l’un des textes qu’il jugeait les plus bouleversants.

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