Mali : Laurent Gbagbo propose une force africaine de lutte contre le terrorisme
L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a condamné avec fermeté les récentes attaques coordonnées au Mali, qui ont fait plusieurs morts et blessés, dont la mort annoncée du ministre de la Défense Sadio Camara. Dans une prise de position publique, le dirigeant du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA‑CI) a appelé à une réponse africaine unifiée face à la montée des incidents violents dans le Sahel.

Les attaques, revendiquées par le Front de libération afranien (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans affilié au Jnim, ont visé plusieurs localités maliennes sur une période de quarante‑huit heures, selon les informations disponibles. Laurent Gbagbo a qualifié ces actes de « lâches » et a exprimé son émotion devant le bilan humain rapporté par les autorités maliennes.
Pour répondre à cette menace, l’ancien chef d’État propose la création d’une force africaine de lutte contre le terrorisme placée sous commandement africain, dotée de moyens financiers, logistiques et opérationnels fournis par les États du continent. Il insiste sur la nécessité d’une réaction collective, coordonnée et souveraine des pays de la sous‑région.
Un dispositif continental réclamé face à la fragilité régionale
Des analystes régionaux estiment que la désynchronisation des politiques sécuritaires entre pays voisins a affaibli la capacité de riposte commune. La rupture de certains accords militaires et la multiplication d’approches nationales ont, selon ces experts, réduit l’efficacité des actions transfrontalières contre des groupes armés qui opèrent sans respecter les limites étatiques.
L’idée d’une force africaine unifiée rejoint des projets déjà évoqués, comme la force envisagée par l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Force d’attente de la CEDEAO. Ces instruments ont été théorisés pour offrir une capacité d’intervention régionale rapide, mais leur mise en œuvre effective reste limitée à ce stade.
Lors des récents épisodes d’insécurité au Mali, les opérations se sont déroulées pendant deux jours sans qu’une activation musclée de la Conférence de l’AES ne soit rendue publique, selon les sources consultées. Cette absence d’intervention structurée a renforcé les appels à repenser les mécanismes de coordination entre États du Sahel et partenaires.
La Force d’attente de la CEDEAO, par ailleurs, affiche un bilan restreint en matière de lutte antiterroriste dans la sous‑région. Elle a toutefois été mobilisée le 7 décembre 2025 au Bénin pour contrecarrer une tentative de renversement du régime du président Patrice Talon
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