Mali : l’armée revendique des frappes aériennes à Gao et Kayes ayant fait plus de 50 morts

L’armée malienne affirme avoir mené plusieurs frappes aériennes contre des positions de groupes armés dans les régions de Gao et de Kayes, revendiquant la neutralisation d’une cinquantaine de combattants. Ces opérations, annoncées par l’état-major, interviennent dans un contexte de multiplication des offensives militaires et d’extension de la menace vers l’ouest du pays.

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Mali : l’armée revendique des frappes aériennes à Gao et Kayes ayant fait plus de 50 morts
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L’état-major général des armées maliennes a annoncé dans un communiqué publié le samedi 7 juin 2026 avoir conduit plusieurs frappes aériennes contre des positions de groupes armés dans deux régions du pays, revendiquant la neutralisation d’une cinquantaine de combattants au total.

Dans la zone de Doro, à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Gao, dans le nord-est du Mali, trois opérations distinctes ont été menées. Une première frappe a visé un refuge abritant une vingtaine de combattants et plusieurs motos ; une deuxième a détruit un camion chargé de matériel logistique ; une troisième a ciblé une tente servant de refuge ainsi que des motos, dont certaines équipées d’armes, selon le communiqué militaire.

Dans la région de Kayes, à l’extrême ouest du pays, une frappe supplémentaire a visé à Sandaré – localité située à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Kita – une base de repli identifiée lors d’opérations de reconnaissance. L’armée fait état de la neutralisation d’une trentaine de combattants et de la destruction de motos et de matériel logistique, selon le détail fourni par le site burkinabè Burkina24.

L’état-major a qualifié ces actions de « missions de reconnaissance offensive » destinées à « affaiblir les capacités opérationnelles des groupes armés sur le territoire national ». Ces bilans sont fournis par source unique – le communiqué militaire – et n’ont pas été corroborés par des sources indépendantes.

Opérations inscrites dans un contexte d’offensives répétées

Ces frappes interviennent dans un contexte de recrudescence des opérations aériennes des Forces armées maliennes (FAMa) depuis le début de l’année 2026. Le 1er juin, l’armée avait déjà annoncé des frappes dans les régions de Koulikoro et de Mopti, ainsi que des raids sur Kidal, ville du nord reprise le 25 avril 2026 par une coalition de groupes rebelles et djihadistes. Selon le site Sahel Intelligence, une frappe distincte du 7 juin a également visé une base terroriste à l’est de Zahro, dans la localité de Gourma-Rharous, détruisant un poste de commandement et trois véhicules.

La zone de Sandaré, dans la région de Kayes, est un axe récurrent des opérations anti-terroristes maliennes. L’agence APAnews rapportait en avril 2026 que l’opération « Dougoukoloko » avait déjà ciblé des refuges au nord-est de Sandaré, poussant des éléments armés à se replier vers Nioro du Sahel, à environ 150 kilomètres au nord-ouest.

La perte de Kidal le 25 avril, au terme d’une offensive du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda) et des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), a marqué un tournant dans le conflit. L’armée malienne, soutenue par l’Africa Corps – unité issue du groupe russe Wagner – multiplie depuis les opérations aériennes pour contenir l’avancée des groupes armés dans les régions septentrionales et occidentales.

Des bilans invérifiables et un conflit qui s’étend à l’ouest

Le Mali est engagé depuis 2012 dans un conflit armé multifronts opposant les forces gouvernementales et leurs alliés russes à plusieurs groupes djihadistes, principalement le GSIM et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Selon l’Indice mondial du terrorisme 2025, le quart de toutes les attaques extrémistes dans le monde et neuf des vingt attaques les plus meurtrières de la planète se sont produites au Mali en 2024.

Les bilans annoncés par l’état-major malien sont régulièrement contestés ou invérifiables, les autorités de transition restreignant l’accès des médias indépendants aux zones de conflit. Human Rights Watch a documenté des attaques du GSIM contre des civils en janvier et février 2026 dans les régions du Nord et de l’Est, sans que des chiffres officiels aient été fournis par Bamako.

L’extension des opérations à la région de Kayes, frontalière du Sénégal et de la Mauritanie, traduit la progression des groupes armés vers l’ouest du pays – une dynamique signalée par plusieurs organisations de sécurité régionale depuis 2024.

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