Madagascar : lancement d’une refonte de la police nationale face aux critiques des collectifs d’usagers
Les autorités malgaches ont engagé début mars 2026 une vaste initiative destinée à restaurer la crédibilité de la police nationale, ébranlée par une crise de confiance persistante. À Antananarivo, le 3 mars, le lancement officiel d’un mois de concertations nationales a été marqué, avec un déploiement programmé dans l’ensemble des 23 régions de l’île.

Les autorités malgaches ont engagé début mars 2026 une vaste initiative destinée à restaurer la crédibilité de la police nationale, ébranlée par une crise de confiance persistante. À Antananarivo, le 3 mars, le lancement officiel d’un mois de concertations nationales a été marqué, avec un déploiement programmé dans l’ensemble des 23 régions de l’île.
Cette démarche vise à repenser le fonctionnement de la force de maintien de l’ordre afin qu’elle soit mieux armée face aux nouveaux contours de la délinquance. Les responsables évoquent en particulier la nécessité d’adapter l’institution aux menaces numériques et aux réseaux illicites qui traversent le pays.
Devant la presse, le colonel Michaël Randrianirina a défendu la place de la police comme élément central pour la stabilité du pouvoir en place, soulignant l’importance de la réforme pour consolider cet objectif. La direction affirme désormais regarder loin, avec des perspectives stratégiques annoncées à l’horizon 2036.
Malgré ces annonces, des collectifs d’usagers, qui dénoncent des pratiques de racket au quotidien, accueillent ces promesses avec scepticisme. Pour eux, les consultations ne seront convaincantes que si elles débouchent sur des actions tangibles contre les abus et l’impunité.
Entre ambition institutionnelle et défi de la confiance
Le calendrier d’un mois doit permettre de recueillir des avis dans toutes les provinces et de formuler des propositions censées moderniser la police. Les autorités mettent en avant la volonté d’introduire des outils et procédures contemporains pour mieux traquer la cybercriminalité et contrer les trafics transfrontaliers.
Sur le terrain, cependant, nombre d’habitants réclament d’abord des mesures immédiates : contrôle de l’action policière, sanctions contre les agents corrompus et mécanismes de plainte réellement indépendants. Sans ces garanties, les paroles ministérielles risquent de rester lettre morte aux yeux des victimes de harcèlement et d’extorsion.
Les enjeux techniques — formation aux enquêtes numériques, coopération internationale, modernisation des équipements — croisent donc des problématiques de gouvernance et de transparence. La réussite du processus dépendra autant de l’adoption de capacités opérationnelles nouvelles que de la restitution d’un lien de confiance entre la population et ses forces de sécurité.
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