Les polluants éternels (PFAS) pourraient coûter à l’UE jusqu’à 1700 milliards d’euros d’ici 2050

Un rapport commandé par la Commission européenne et publié fin janvier 2026 alerte sur un coût potentiel pour l’Union européenne allant de 330 milliards à 1 700 milliards d’euros d’ici 2050 lié aux polluants dits « forever chemicals » (PFAS), en raison des impacts sanitaires et des travaux de dépollution requis pour l’eau et les sols.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Les polluants éternels (PFAS) pourraient coûter à l’UE jusqu’à 1700 milliards d’euros d’ici 2050
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Un rapport commandé par la Commission européenne et publié fin janvier 2026 alerte sur un coût potentiel pour l’Union européenne allant de 330 milliards à 1 700 milliards d’euros d’ici 2050 lié aux polluants dits « forever chemicals » (PFAS), en raison des impacts sanitaires et des travaux de dépollution requis pour l’eau et les sols.

Les PFAS (per- et polyfluoroalkyl substances) forment une vaste famille de composés chimiques extrêmement persistants dans l’environnement et dans l’organisme humain. Utilisés depuis des décennies dans des centaines de produits industriels et de consommation — mousses anti‑incendie, revêtements déperlants, cosmétiques ou emballages — ils sont associés, selon la littérature scientifique, à des effets sanitaires variés tels que des troubles hormonaux, des problèmes de fertilité et certaines formes de cancers. Le nouveau rapport met en regard ces risques sanitaires et les coûts économiques directs et indirects qu’ils engendrent.

L’étude explore quatre scénarios d’évolution et d’intervention, allant du maintien du statu quo à des réductions drastiques des émissions et à des campagnes massives de traitement. Selon les hypothèses retenues, le coût cumulé des PFAS pour l’UE entre aujourd’hui et 2050 varie fortement — une estimation prudente situe la facture autour de 440 milliards d’euros si la pollution actuelle se poursuit, tandis qu’une stratégie de dépollution très contraignante fait grimper l’estimation jusqu’à 1,7 billion d’euros. Le rapport souligne également que traiter uniquement l’eau pourrait déjà coûter plus d’un billion d’euros sur la période étudiée.

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Scénarios, méthodologie et secteurs concernés

La méthodologie retenue par la Commission combine données épidémiologiques, coûts de prise en charge sanitaire et estimations de remédiation environnementale. Les auteurs précisent que l’analyse reste conservatrice : elle ne porte que sur un petit nombre de substances parmi les milliers de PFAS connues, ce qui signifie que le bilan financier pourrait être sous‑estimé si l’on élargit le champ aux autres composés et aux impacts indirects.

Parmi les populations jugées les plus exposées, le rapport identifie les nourrissons, les enfants, les personnes vivant à proximité de sites contaminés (décharges, sites industriels, zones militaires) et les travailleurs de ces installations. Les coûts évalués intègrent à la fois la prise en charge médicale des pathologies liées à l’exposition et les dépenses nécessaires à la décontamination des nappes phréatiques, des réseaux d’eau potable et des sols agricoles.

Le document publié par la Commission s’inscrit dans un contexte réglementaire et opérationnel en évolution : Bruxelles a évoqué des plans pour soutenir le traitement de l’eau et encourager des partenariats public‑privé destinés à détecter et à nettoyer les PFAS, éléments qui figurent dans la stratégie européenne pour la résilience de l’eau. Parallèlement, des ONG et réseaux environnementaux réclament une application stricte du principe du « pollueur‑payeur » et davantage de responsabilités pour les fabricants.

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Le rapport final, daté du 28 janvier 2026, est téléchargeable et consultable sur le site de la direction générale Environnement de la Commission européenne.

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