Le Maroc abritera la première centrale africaine de déchets convertis en électricité
La ville de Casablanca a confié à un consortium réunissant Nareva, Kanadevia Inova et I-Environment Investments la réalisation d’un vaste centre de traitement et de valorisation des déchets à Médiouna. L’installation doit traiter environ 4 000 tonnes d’ordures ménagères par jour et produire de l’électricité à partir des déchets non recyclables.

Casablanca veut transformer une partie de ses déchets ménagers en source d’énergie. La capitale économique marocaine prépare la construction d’un centre de traitement, d’enfouissement et de valorisation énergétique dans la province de Médiouna, au sud-est de la métropole.
Le projet sera développé sur un terrain d’environ 260 hectares situé dans la commune de Mejjatia Oulad Taleb. Il doit recevoir les déchets ménagers produits à Casablanca ainsi que dans plusieurs communes voisines.
Le contrat a été attribué à un consortium composé du groupe marocain Nareva Holding, de la société suisse Kanadevia Inova et d’I-Environment Investments Limited, une filiale du groupe japonais Itochu. Les trois partenaires avaient auparavant notifié aux autorités marocaines la création d’une entreprise commune spécialisée dans la gestion des déchets et la production d’électricité renouvelable.
Environ 4 000 tonnes de déchets traitées chaque jour
Le futur complexe doit prendre en charge environ 1,4 million de tonnes de déchets par an, soit près de 4 000 tonnes par jour. Il comprendra notamment des installations de tri, de recyclage, d’incinération, de récupération du biogaz, de traitement des lixiviats et d’enfouissement contrôlé des déchets résiduels.
La valorisation énergétique reposera principalement sur une unité d’incinération d’une capacité annoncée de 115 mégawatts. Le projet comprend également un parc solaire photovoltaïque de 50 mégawatts et une unité de valorisation du biogaz de 4 mégawatts.
Selon Nareva, l’ensemble pourrait produire environ un milliard de kilowattheures d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation de près de 800 000 habitants. Plus de 80 % des déchets reçus seraient incinérés ou valorisés, afin de réduire fortement les volumes destinés à l’enfouissement.
L’électricité produite doit notamment contribuer à l’alimentation du réseau d’éclairage public de Casablanca. Les estimations communiquées évoquent une couverture pouvant atteindre 30 % des besoins de l’éclairage public de la métropole et une partie de la consommation électrique des ménages.
Le coût du projet varie selon le périmètre retenu dans les différentes estimations. Il est évalué à environ 14 milliards de dirhams, soit près de 1,5 milliard de dollars, dans les données portant sur l’ensemble du complexe et son exploitation. Nareva chiffre pour sa part les investissements directement liés aux infrastructures énergétiques à 10,6 milliards de dirhams.
Le consortium doit exploiter le site dans le cadre d’une concession d’environ 30 ans. La ville de Casablanca a également achevé le règlement du foncier, pour un montant proche de 500 millions de dirhams, afin de mettre le terrain à la disposition du concessionnaire.
Les travaux sont annoncés à partir d’octobre 2026. Une première phase de traitement et d’enfouissement contrôlé pourrait entrer en service en 2027, tandis que l’unité de valorisation énergétique et la production d’électricité sont attendues à l’horizon 2029.
Le projet doit aussi permettre de récupérer les liquides polluants issus des déchets, appelés lixiviats, pour les transformer en eau réutilisable. Celle-ci pourrait servir à l’irrigation et à l’entretien des espaces verts de Casablanca.
Présenté par les autorités locales comme une installation pionnière au Maroc et en Afrique, le complexe doit remplacer progressivement le modèle reposant essentiellement sur la mise en décharge. Il vise également à réduire les nuisances sanitaires, les odeurs et les émissions de gaz à effet de serre associées au site de Médiouna.
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