Le 1er octobre 1960, le Nigeria s’émancipait du colonisateur britannique

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Au Nigéria, le gouvernement fédéral a déclaré le vendredi 1er octobre jour férié pour marquer la célébration du 61e anniversaire de l’indépendance de la nation. Une fête en pleine tempête des conflits religieux et l’émergence de la secte djihadiste de Boko Haram.

Mercredi dernier, le ministre de l’Intérieur, Rauf Aregbesola, a félicité tous les Nigérians à l’occasion de la célébration du 61e anniversaire de l’indépendance du Nigeria et a assuré l’engagement du gouvernement à s’attaquer et à éradiquer toutes les formes de défis, qu’ils soient politiques, socio-économiques ou autres. « Un pays d’environ 200 millions et plus de personnes dont le talent naturel, le cran et la passion brillent comme le précieux DIAMANT que nous sommes. Les Nigérians brillent comme des diamants dans la masse, que ce soit dans le milieu universitaire, les affaires, l’innovation, la musique, le cinéma, le divertissement, la mode et la culture. Nous sommes en effet la première nation noire du monde entier et sans aucun doute la fierté de l’Afrique et son phare d’espoir. » a déclaré le ministre dans un le communiqué.

Que retenir des 60 ans d’indépendance ?

  • 1960, l’indépendance

Le 1er octobre 1960, le Nigeria devient indépendant. Il se détache de la couronne britannique et devient une République fédérale en 1963.

  • 1966, le premier coup d’État

En janvier 1966, le président Nnamdi Azikiwe, un Igbo (ethnie originaire du Sud-Est), est renversé lors d’un coup d’État mené par Aguiyi Ironsi, de la même ethnie. Il est tué en juillet lors d’un contre-coup nordiste qui porte Yakubu Gowon au pouvoir.

  • 1967, la guerre du Biafra

En 1967, après des massacres dans le Nord, le pays igbo fait sécession. Jusqu’en 1970, la guerre du Biafra fait plus d’un million de morts et demeure un des plus grands traumatismes du pays.

  • 1975 – 1985, coups d’État en série

Entre 1975 et 1985 les coups d’État ponctuent la vie politique nigériane : en 1975, Yakubu Gowon, en visite à l’étranger, est renversé par Murtala Mohammed, assassiné en 1976.

Son successeur Olusegun Obasanjo cède volontairement le pouvoir à un civil, Shehu Shagari, en 1979. Ce dernier est renversé en 1983 par le général Muhammadu Buhari.

  • 1985, l’élection présidentielle annulée

En 1985, le général Ibrahim Babangida prend le pouvoir. Il démissionne sous la pression de la rue en 1993, après avoir annulé la présidentielle, dont l’opposant Moshood Abiola s’était déclaré vainqueur.

Son successeur Ernest Shonekan sera renversé moins de trois mois plus tard.

  • 1993-1998, le régime du général Abacha

De 1993 à 1998, le général Sani Abacha s’arroge un pouvoir absolu. En 1995, l’écrivain et militant écologiste Ken Saro-Wiwa et ses huit compagnons du mouvement pour la défense de la minorité ogonie sont exécutés.

En 1999, le Nigeria opère sa transition démocratique. Olusegun Obasanjo est élu et dirigera le pays jusqu’en 2007.

  • 2000, le début des troubles religieux

L’instauration de la charia (loi islamique) dans douze États du Nord en 2000 provoque des affrontements entre chrétiens et musulmans, faisant 3.000 morts.

En 2001, 915 morts lors de nouvelles violences à Jos et dans les villages avoisinants (centre).

En 2018, des violences entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs chrétiens font des centaines de morts dans le centre​ du pays. 

  • 2009, l’insurrection de Boko Haram

En 2009, la secte Boko Haram, née en 2002, se transforme en groupe islamiste armé, après l’exécution de son chef par les forces nigérianes. 

Plus de 36 000 personnes ont été tuées dans les violences depuis le début de cette insurrection, toujours en cours aujourd’hui.

Une offensive des armées de la région (Nigeria, Tchad, Cameroun, Niger) permet de chasser les djihadistes de la plupart des localités qu’ils contrôlaient.

En 2016, Boko Haram se scinde en deux branches : la faction dirigée par son chef historique, Abubakar Shekau, et le groupe Iswap, affilié au groupe Etat islamique (EI).

Un temps affaiblis, les djihadistes multiplient les attaques, accumulant en 2018 un important arsenal.

  • 2010, Goodluck Jonathan élu président

En mai 2010, Goodluck Jonathan prête serment, après le décès en cours de mandat d’Umaru Yar’Adua, qui avait été élu en 2007 lors d’un scrutin controversé. En 2011, Goodluck Jonathan est élu président. Des émeutes postélectorales font près de 1 000 morts.

Début 2014, le Nigeria, plus gros producteur de pétrole en Afrique, devient la première puissance économique du continent, devant l’Afrique du Sud.

Il s’impose également comme un géant culturel, notamment grâce à Nollywood, deuxième plus grande industrie de cinéma au monde.

  • 2014, l’enlèvement des lycéennes de Chibok

Le 14 avril 2014, Boko Haram enlève 276 lycéennes à Chibok (nord-est), suscitant une émotion mondiale. Depuis, 57 d’entre elles se sont échappées, 107 ont été libérées.

En août 2014, le groupe proclame un « califat » dans les zones du Nord-Est sous son contrôle.

  • 2015, la première alternance démocratique

L’année 2015 est marquée par la première alternance démocratique et pacifique du pays : Muhammadu Buhari, musulman du Nord, est élu président.

En 2019, Muhammadu Buhari est réélu. L’opposition conteste le résultat du scrutin, finalement validé par la justice.

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