La raffinerie Dangote prévoit son entrée en Bourse en octobre sans double cotation en Afrique
Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals prépare une introduction sur la Nigerian Exchange avec l’objectif de lever environ 5 milliards de dollars. L’opération pourrait être achevée en octobre 2026, après la publication d’un prospectus envisagée en septembre, sous réserve de l’approbation de la Securities and Exchange Commission du Nigeria.

La raffinerie Dangote pourrait réaliser l’une des plus importantes introductions en Bourse jamais organisées en Afrique. L’entreprise vise une levée d’environ 5 milliards de dollars à travers une offre publique attendue sur la Nigerian Exchange.
Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE a soumis une demande d’introduction en Bourse à la Securities and Exchange Commission du Nigeria. L’entreprise espère obtenir l’autorisation réglementaire dans les prochaines semaines et publier son prospectus en septembre. L’opération pourrait ensuite être achevée en octobre 2026.
Le calendrier demeure toutefois serré et susceptible d’être modifié. Le montant définitif de la levée dépendra notamment des conditions imposées par le régulateur, de la structure de l’offre et de la demande des investisseurs.
Une valorisation proche de 40 milliards de dollars
L’entreprise n’a pas encore précisé la proportion de son capital qui sera proposée au public. Une opération privée conclue récemment donne néanmoins une indication sur sa valorisation.
Selon Reuters, un placement de 2,5 milliards de dollars portant sur 6 % du capital aurait valorisé la raffinerie à environ 40 milliards de dollars. Ce niveau apparaît élevé par rapport à celui de plusieurs groupes internationaux disposant de capacités de raffinage comparables.
Une précédente levée privée, annoncée en juin, visait environ un milliard de dollars avec une valorisation proche de 39,1 milliards. La demande des investisseurs aurait alors dépassé le montant recherché.
Les fonds mobilisés lors de l’introduction doivent notamment soutenir l’augmentation des capacités de la raffinerie de Lekki et contribuer au financement de nouveaux projets industriels, dont une raffinerie envisagée au Kenya. L’installation nigériane dispose actuellement d’une capacité nominale de 650 000 barils par jour.
La cotation principale doit avoir lieu au Nigeria. Aucune double cotation directe n’est prévue à ce stade, malgré l’intérêt exprimé par plusieurs places financières africaines, notamment en Afrique du Sud, au Kenya, en Égypte, au Ghana et au Rwanda.
Des instruments financiers reproduisant les performances des actions cotées à Lagos pourraient toutefois être proposés afin de faciliter la participation d’investisseurs établis dans d’autres pays africains. Le marché kényan pourrait, à lui seul, mobiliser jusqu’à 500 millions de dollars, selon une source proche de l’opération.
Le projet d’introduction bénéficie également du soutien de plusieurs institutions financières africaines. Standard Bank Group a notamment exprimé sa disponibilité à accompagner la cotation et les futurs projets d’expansion du groupe Dangote.
Une offre encore soumise au feu vert de la SEC
La procédure intervient après une mise en garde du régulateur nigérian contre des campagnes non autorisées proposant aux investisseurs de réserver ou de préfinancer des actions de la raffinerie.
Le 23 juin 2026, la Securities and Exchange Commission avait indiqué qu’aucune demande d’offre publique n’avait encore été déposée ou approuvée. Elle avait ordonné l’arrêt immédiat des sollicitations commerciales et le remboursement des sommes éventuellement collectées.
La situation aurait depuis évolué. D’après les informations publiées le 4 août par Reuters, le dossier a désormais été soumis au régulateur, mais aucune approbation définitive n’a encore été annoncée.
Les investisseurs devront donc attendre la publication du prospectus approuvé pour connaître la part exacte du capital mise en vente, le prix des actions, les données financières détaillées de la raffinerie et les risques associés à l’opération.
Construite à Lekki, près de Lagos, pour un coût supérieur à 20 milliards de dollars, la raffinerie Dangote a commencé ses activités en 2024. Son développement vise à réduire la dépendance du Nigeria et d’autres marchés africains aux importations de carburants raffinés.
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