La Formule 1 toujours absente du continent africain depuis 33 ans
Les bolides de Formule 1 reprennent la piste ce week-end avec, au programme, le Grand Prix d’Australie prévu dimanche 8 mars. Pour la 33ᵉ saison d’affilée cependant, aucune manche du championnat ne se déroulera sur le continent africain, un état de fait qui trouve ses origines dans une combinaison de difficultés techniques, financières et politiques.

Les bolides de Formule 1 reprennent la piste ce week-end avec, au programme, le Grand Prix d’Australie prévu dimanche 8 mars. Pour la 33ᵉ saison d’affilée cependant, aucune manche du championnat ne se déroulera sur le continent africain, un état de fait qui trouve ses origines dans une combinaison de difficultés techniques, financières et politiques.
Le dernier Grand Prix disputé en Afrique remonte au 14 mars 1993 à Kyalami, près de Johannesburg, où Alain Prost l’emporta devant Ayrton Senna. Depuis, la planète F1 n’a jamais remis les voiles sur le continent, malgré les appels répétés de personnalités comme Lewis Hamilton, qui a publiquement exprimé son souhait de voir un jour une étape africaine avant la fin de sa carrière.
Plusieurs nations ont, ces dernières années, manifesté un intérêt pour faire revenir la catégorie reine. L’Afrique du Sud, naturellement, a souvent été citée grâce au circuit de Kyalami ; des acteurs locaux et internationaux ont tenté d’initier des projets, mais les discussions n’ont pas abouti. Des intervenants du milieu évoquent des désaccords sur les conditions financières et la gouvernance des dossiers.
Le Rwanda s’est également positionné auprès des instances début 2024, avec une candidature portée jusqu’à la FIA, tandis qu’au Maroc des études de faisabilité autour de Tanger ont circulé, animées par des figures ayant déjà œuvré en Formule 1. Dans tous les cas cependant, ces initiatives en sont restées, pour l’essentiel, à l’état de démarches exploratoires sans calendrier ferme.
Freins économiques, exigences techniques et concurrence internationale
Les raisons pratiques expliquant l’absence d’un Grand Prix africain sont nombreuses. D’abord, la création d’un circuit apte à recevoir des monoplaces implique l’achat d’un terrain par un promoteur privé, la construction d’une piste répondant à l’homologation « grade 1 » de la FIA, puis la négociation d’un contrat avec Liberty Media — processus qui commence souvent par un dépôt d’ordre de cinq millions de dollars.
Au-delà des coûts d’infrastructure, organiser une manche de F1 génère des engagements financiers très élevés : des contrats d’exploitation pluriannuels (généralement entre 5 et 7 ans) dont le montant hors exploitation du circuit peut grimper jusqu’à plusieurs centaines de millions de dollars. Les organisateurs doivent par ailleurs fournir des garanties publiques pour rassurer les investisseurs et les détenteurs des droits.
La compétition pour entrer au calendrier est féroce. Avec déjà une vingtaine de dates, la F1 privilégie aujourd’hui des marchés jugés plus attractifs économiquement, notamment au Moyen-Orient et aux États‑Unis. Les interrogations sur la solidité économique de certains dossiers africains, ainsi que l’impact potentiel de ces projets sur la valeur en bourse de la Formule 1, pèsent aussi dans la balance.
Enfin, les besoins logistiques sont colossaux : hébergement, transports, capacités aéroportuaires et infrastructures locales doivent pouvoir absorber des flux massifs de spectateurs, d’équipes et de matériel. L’absence de pilotes originaires d’Afrique sur la grille est parfois citée comme un facteur limitant l’impulsion politique et populaire nécessaire pour porter un tel projet. Dans l’état actuel des contrats et des calendriers, les observateurs estiment toutefois qu’il faudra probablement attendre au moins jusqu’à 2035 avant de voir à nouveau la F1 rouler sur le continent.
Articles liés
Cuba : Trump évoque un projet pour l’île après l’Iran
RDC : le ministre des Sports fragilisé après une plainte visant le partenariat avec l’AS Monaco
Tchad : le ministre d’État Tom Erdimi démissionne après l’annulation d’un projet de réforme
Bénin : 15 militaires tués dans une attaque du Jnim contre une position militaire dans le nord du pays