Kenya : un rédacteur en chef du «Standard» retrouvé après son enlèvement

Un rédacteur en chef adjoint du quotidien kényan The Standard, Alex Kiprotich, a été enlevé mardi 1er septembre au soir sur la route reliant Nakuru à Gilgil, dans le centre du Kenya, avant d’être retrouvé sain et sauf le lendemain matin près du barrage de Masinga, à environ 200 kilomètres au sud. Le groupe Standard et plusieurs organisations professionnelles dénoncent une tentative d’intimidation contre la presse.

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Kenya : un rédacteur en chef du «Standard» retrouvé après son enlèvement
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Selon le groupe de presse Standard Group, quatre hommes cagoulés et armés ont forcé le véhicule du journaliste à s’arrêter aux alentours de 21h30, avant de l’emmener de force. Son téléphone avait été éteint par ses ravisseurs, rendant impossible tout contact jusqu’à sa découverte, vers 3 heures du matin, abandonné près du barrage.

« Il est sain et sauf, mais visiblement choqué par cette épreuve », a indiqué le groupe Standard, qui a réclamé une enquête indépendante. C’est la seconde fois en deux mois qu’Alex Kiprotich fait l’objet d’une tentative d’enlèvement : le 27 juin, des hommes armés avaient déjà tenté de le forcer à sortir de son véhicule à Nakuru, avant qu’il ne parvienne à leur échapper.

« C’est véritablement triste qu’une chose comme celle-là ait lieu au Kenya, un pays qui prétend être libre, qui prétend respecter les médias », a dénoncé Chaacha Mwita, président du groupe Standard, qui tient l’État pour responsable de la sécurité du journaliste.

« Une attaque calculée », selon les journalistes kényans

Pour le groupe de travail sur les médias kényans, qui rassemble les professionnels du secteur, cet enlèvement s’inscrit dans une série d’attaques contre la presse depuis plusieurs semaines. « Il s’agit d’une attaque calculée, un avertissement pour instiller la peur au sein de la fraternité des médias », a affirmé Eric Oduor, président du Syndicat des journalistes du Kenya, qui y voit un « effort coordonné pour pousser à l’autocensure ».

La Kenya Editors Guild a réclamé « une enquête rapide et indépendante » sur l’enlèvement, tandis que la Commission kényane des droits de l’homme (KHRC) a demandé l’arrestation des responsables présumés, évoquant un mode opératoire déjà observé dans d’autres affaires de disparitions forcées attribuées à des membres des forces de sécurité. Standard Group a saisi l’Autorité indépendante de contrôle de la police (IPOA), la Commission nationale des droits de l’homme, l’Ordre des avocats et le Conseil des médias du Kenya, ainsi que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Selon le Conseil des médias du Kenya, 18 journalistes ont été agressés ou blessés entre juin et août.

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