Kenya, Siaya pourrait atteindre 5 000 MW face à un parc de 3 300

La centrale nucléaire envisagée à Siaya pourrait atteindre jusqu’à 5 000 MW, alors que le Kenya dispose actuellement d’environ 3 309 MW de capacité électrique installée. À son plafond annoncé, le seul site de Siaya dépasserait donc l’ensemble du parc électrique actuel du pays.

André Kouagou Assane
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Kenya, Siaya pourrait atteindre 5 000 MW face à un parc de 3 300
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La comparaison ne signifie pas que le Kenya disposerait d’un excédent de production lorsque la centrale entrera en service. La demande progresse et Nairobi veut accélérer l’industrialisation. Elle montre en revanche que le projet impose un changement d’échelle pour le réseau, le financement et l’appareil réglementaire.

William Ruto avait d’abord présenté en mars une première centrale de 2 000 MW, avec un début de construction en 2027 et une mise en service en 2034. L’annonce du 14 septembre a porté le plafond du site entre 2 000 et 5 000 MW.

Le ministère de l’Énergie affiche une pointe de demande d’environ 2 514 MW. Le nucléaire arriverait dans un système déjà largement alimenté par la géothermie, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire, mais encore confronté à des contraintes de transport et de stabilité.

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Le réseau devra changer d’échelle avant l’arrivée du nucléaire

La politique énergétique nationale indique que le réseau de transport comptait 9 484 kilomètres de lignes à haute tension fin 2024. Le document signale encore des contraintes de tension et de fréquence, des capacités de transport insuffisantes et des limitations de production dans certaines zones.

Le gouvernement prévoit environ 2 500 kilomètres de nouvelles lignes d’ici 2027 et quelque 9 000 kilomètres supplémentaires à l’horizon 2041. Le même document recommande d’examiner des technologies adaptées à la taille actuelle du réseau, notamment des petits réacteurs modulaires.

Une capacité finale de 5 000 MW ne poserait pas les mêmes contraintes si elle était construite par étapes. Nairobi doit encore préciser si ce chiffre correspond à plusieurs réacteurs sur plusieurs années ou à une configuration plus concentrée.

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Le nucléaire est présenté comme une source stable capable de compléter les renouvelables variables. Il ne suffira toutefois pas à faire baisser automatiquement la facture d’électricité. Les pertes de réseau, les contrats d’achat d’électricité et les coûts d’infrastructure continuent de peser sur les tarifs industriels.

Le Kenya dispose aussi d’un potentiel géothermique estimé à environ 10 000 MW, pour moins de 1 000 MW installés fin 2024. Le choix du nucléaire s’inscrit donc dans une stratégie de diversification plutôt que dans l’absence d’autres ressources énergétiques locales.

Financement, réglementation et recours restent ouverts

Le projet de Siaya a jusqu’ici été associé à un coût d’environ 500 milliards de shillings kényans pour une configuration plus proche de 2 000 MW. Le passage possible à 5 000 MW oblige à préciser si cette estimation couvre une première phase ou une part plus large du programme.

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La direction kényane des partenariats public-privé a indiqué que le financement pourrait combiner capitaux publics et privés, institutions de développement et agences de crédit à l’exportation. Pour un projet nucléaire, le coût du capital est déterminant parce que les dépenses sont engagées longtemps avant les premiers kilowattheures vendus.

Le Kenya souhaite aussi une mission de phase II de l’Integrated Nuclear Infrastructure Review de l’Agence internationale de l’énergie atomique au dernier trimestre 2026. Le pays doit renforcer son cadre réglementaire et former davantage d’ingénieurs et de scientifiques spécialisés avant le lancement annoncé des travaux.

À Siaya, une requête déposée devant l’Environment and Land Court de Kisumu demande de bloquer les travaux irréversibles, les acquisitions foncières, les démolitions et certains engagements financiers tant que les exigences constitutionnelles et réglementaires ne sont pas tranchées. Cette procédure ne constitue pas une annulation du projet.

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Nairobi maintient pour l’instant un lancement du chantier en mars 2027 et une première mise en service autour de 2034. La revue de l’AIEA, le contentieux de Kisumu et le montage financier doivent encore avancer avant cette échéance.

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