Kenya : arrestation de Festus Arasa Omwamba, accusé d’avoir envoyé des citoyens combattre en Ukraine

Les autorités kényanes ont fait savoir dans la nuit du 25 au 26 février 2026 l’arrestation de Festus Arasa Omwamba, présenté par la police comme un élément clé d’un vaste réseau de recrutement. L’homme a été interpellé à Moyale, une localité proche de la frontière avec l’Éthiopie, peu après son retour de Russie, selon un communiqué des enquêteurs.

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Kenya : arrestation de Festus Arasa Omwamba, accusé d’avoir envoyé des citoyens combattre en Ukraine
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Les autorités kényanes ont fait savoir dans la nuit du 25 au 26 février 2026 l’arrestation de Festus Arasa Omwamba, présenté par la police comme un élément clé d’un vaste réseau de recrutement. L’homme a été interpellé à Moyale, une localité proche de la frontière avec l’Éthiopie, peu après son retour de Russie, selon un communiqué des enquêteurs.

La direction des enquêtes criminelles (DCI) décrit Omwamba comme un maillon central d’une organisation accusée d’avoir organisé les voyages de centaines, puis de milliers de Kényans vers la Fédération de Russie, où beaucoup auraient été enrôlés contre leur gré. Les policiers lient son action à une structure qui facilitait visas et déplacements pour des candidats appâtés par de fausses promesses d’emploi.

Un rapport des services de renseignement présenté récemment au Parlement évoque l’ampleur du phénomène : plus d’un millier de Kényans auraient été recrutés pour prendre part au conflit lié à l’invasion russe de l’Ukraine, avec des bilans faisant état de personnes toujours au front, d’hospitalisations, de disparitions et d’au moins un décès confirmé. Ces chiffres ont déclenché l’alerte au plus haut niveau de l’État et relancé les recherches sur les chaînes de trafic humain impliquées.

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Des retours de victimes et des témoins décrivent un modus operandi consistant à attirer des candidats par des offres de travail civil—plomberie, sécurité, vente—avant leur transfert effectif en Russie, où leurs documents auraient été confisqués et où ils auraient été contraints de signer des contrats rédigés en russe, puis envoyés sur le front. Plusieurs anciens recrues racontent avoir reçu peu de formation et avoir été engagés dans des opérations militaires peu après leur arrivée.

Enquête, acteurs et réaction des autorités

Les investigations pointent vers une agence de recrutement, identifiée dans plusieurs témoignages sous le nom de Global Face Human Resources, et vers des associés déjà poursuivis : Edward Gituku, relié au dispositif, avait été arrêté l’an dernier après que des hommes en partance pour la Russie ont été interceptés. Les services de police ont déclaré que d’autres maillons de la chaîne sont encore sous surveillance.

Du côté institutionnel, le gouvernement kényan a annoncé des démarches diplomatiques et des actions pour rapatrier les citoyens concernés, tandis que le ministère des Affaires étrangères a fait savoir qu’une mission en Russie était envisagée pour clarifier la situation et demander des réponses aux autorités russes. De leur côté, les représentants de l’ambassade de Russie à Nairobi ont nié avoir délivré des visas dans le but d’acheminer des combattants, qualifiant certaines allégations de « dangereuse désinformation ».

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La DCI indique qu’Omwamba est en détention et que des formalités sont en cours en vue de sa comparution devant les juridictions compétentes, dans le cadre des chefs d’accusation liés au trafic d’êtres humains et aux infractions connexes. Les autorités continuent d’explorer les circuits financiers et logistiques ayant permis l’exportation organisée de ces hommes vers la Russie.

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