« J’ai pas l’ambition d’avoir une expression démocratique identique à la France », Patrice Talon

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Patrice Talon s’est exprimée ce Mardi 30 aout à la Rencontre des Entrepreneurs de France (#LaREF22) organisée par le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF). S’exprimant sur la réduction des droits de grève dans son pays, le président béninois a déclaré sans ambages qu’il n’a « pas besoin d’avoir une expression démocratique identique à la France ».

Le Président de la République du Bénin s’est exprimée ce Mardi 30 aout, en tant qu’invitée d’honneur, à la Rencontre des entrepreneurs de France « LaREF 2022 » qui accueille cette année 10 milles visiteurs dont de nombreux chefs d’entreprises. Parlant « des réformes difficiles » entreprises par son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le Président Patrice Talon est revenu sur la limitation du droit de grève à dix jours par an, voté la en 2018 par le Parlement béninois.

« Et ils avaient des exigences démesurées« 

« Quand je suis arrivé en 2016, nous avons une séance avec les partenaires sociaux au sujet des revendications des salariés du public. Et ils avaient des exigences démesurées. Et je leur ai dit de regarder dans l’assiette que nous n’avons pas les moyens de satisfaire à vos exigences. Le Bénin est un petit pays et nous collectons peu d’impôts ». a déclaré Patrice Talon qui relate une échange entre lui et les syndicalistes en 2016. « Mais, à la fin de la séance, un des syndicalistes me dit, ‘Mr le Président, vous allez finir par céder’, quand t-il commencera par avoir des morts dans les hôpitaux et dans les maternités, Mr le président, vous allez céder », a continué Patrice Talon dévoilant ce qui a motivé la suppression du droit de grève pour les travailleurs des secteurs de la sécurité, de la défense, de la justice et de la santé.

« C’est vrai, c’est un recul par rapport aux acquis de démocratie. Mais, moi, j’ai pas l’ambition d’avoir une expression démocratique identique à la France », a déclaré le président béninois en précisant, « quand un pays, un pays comme la France, l’Italie, et que la plupart des fondamentaux sont acquis, l’expression démocratique peut flirter avec l’anarchie. Ce n’est pas grave, ça ne compromet pas la survie du pays. »

Pour finir, Patrice Talon a ajouté que « c’est maintenant que les africains ont besoin de construire leur pays pour les générations à venir. Ce qui permettra aux autres de demain d’être plus exigeant, parce que les efforts ont été faits ».

Le droit de grève plafonné à dix jours au maximum par an

Mardi 4 septembre 2018, le Parlement béninois a adopté une nouvelle loi qui plafonne le droit de grève à dix jours au maximum par an (sept jours au cours d’un semestre et deux jours le mois), pour tous les personnels civils de l’Etat et des collectivités territoriales ainsi qu’aux travailleurs des établissements publics, semi-publics ou privés. Fin juin 2018, après des mois de bras de fer, la Cour constitutionnelle avait finalement donné raison à l’exécutif en autorisant la suppression du droit de grève pour les travailleurs des secteurs de la sécurité, de la défense, de la justice et de la santé.

La décision finale, prise par le nouveau président de la juridiction suprême proche du président Patrice Talon, a été perçue comme « un coup de massue » dans le monde syndical après une année 2017 secouée par d’importants mouvements sociaux.

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