Guinée : Mamadi Doumbouya fixe cinq exigences « non négociables » à son gouvernement
Le président guinéen Mamadi Doumbouya a fixé, jeudi 3 septembre 2026, cinq exigences qu’il a qualifiées de « non négociables » à ses ministres, réunis en Conseil des ministres à Conakry dans le cadre du programme de développement Simandou 2040. Le chef de l’État leur a demandé de passer des discours aux résultats et d’accélérer l’exécution des projets publics, selon le compte rendu du Conseil relayé vendredi 4 septembre 2026.

Première exigence : un suivi mensuel de l’avancement des projets, assorti de « jalons » et d’« échéances » que le président a qualifiés de non indicatifs. Deuxième exigence : une gestion plus rigoureuse des deniers publics ; Mamadi Doumbouya a prévenu qu’il ne tolérerait « ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures ».
Troisième exigence, une meilleure préparation des projets avant leur financement, avec des études de faisabilité complètes : « aucun projet ne sera plus inscrit ni financé » sans cette étape, a insisté le chef de l’État. Quatrième exigence, un point d’étape trimestriel sur les engagements de contenu local, afin que les Guinéens bénéficient davantage des investissements à travers l’emploi, la formation et le transfert de compétences.
Cinquième et dernière exigence, la présence effective des ministres sur le terrain. « Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau », a lancé Mamadi Doumbouya, leur demandant de se rendre dans les préfectures, les districts et les villages pour constater eux-mêmes l’avancement des chantiers et recueillir les préoccupations des populations.
Un rappel à l’ordre après le limogeage de deux ministres
Ce recadrage intervient deux semaines après la révocation, par décret du 21 août 2026, du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale Mory Condé et du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation Mourana Soumah. Le président n’avait pas détaillé publiquement les motifs de leur départ, évoquant une exigence de « rigueur républicaine » dans la lutte contre la corruption.
Il intervient aussi quelques jours avant le cinquième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mamadi Doumbouya, le 5 septembre 2021, à la faveur d’un coup d’État qui avait renversé le président Alpha Condé. Le programme Simandou 2040, doté d’une enveloppe de 200 milliards de dollars sur quinze ans, est présenté par les autorités guinéennes comme le principal levier de transformation économique adossé aux revenus attendus du gisement de fer de Simandou.
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