Guinée et Côte d’Ivoire : signature d’un accord-cadre éducatif de cinq ans
Le 13 avril 2026, la Guinée et la Côte d’Ivoire ont signé un accord‑cadre de coopération éducative d’une durée de cinq ans afin de moderniser leurs systèmes scolaires, renforcer la formation des enseignants et développer la digitalisation de l’éducation. Les documents ont été paraphés par les ministres guinéen Alpha Bacar Barry et ivoirien N’Gessan Koffi.

Ce protocole bilatéral fixe des priorités sur la professionnalisation des enseignants, l’ingénierie pédagogique adaptée aux contextes locaux, le renforcement des compétences numériques et le déploiement d’outils de planification scolaire modernes. Il prévoit également des actions dans le domaine de la nutrition scolaire et des mécanismes d’harmonisation des diplômes, des curricula et des certifications entre les deux pays.
Les modalités incluent des programmes de mobilités croisées pour le personnel enseignant et les élèves, mis en œuvre au travers de jumelages institutionnels et d’échanges scientifiques. Selon N’Gessan Koffi, ministre ivoirien de l’Éducation nationale, ces mobilités régulières s’inscrivent dans le cadre du contrat quinquennal visant à construire un système performant d’éducation et de formation pour la sous‑région.
Axes opérationnels et enjeux pour la sous‑région
Sur le plan opérationnel, l’accord prévoit des initiatives de formation continue pour les enseignants afin d’améliorer la qualité pédagogique et de répondre aux besoins locaux. La digitalisation des systèmes éducatifs constitue un pilier, avec un accent sur la montée en compétences numériques des acteurs scolaires et l’intégration d’outils numériques dans la planification et le suivi des établissements.
La Guinée souhaite tirer parti de l’expérience ivoirienne, qu’Alpha Bacar Barry a présentée comme une source d’inspiration pour les réformes à conduire sur le plan national. Le partenariat doit permettre un partage de bonnes pratiques, l’échange de ressources pédagogiques et la mise en commun d’outils pour l’évaluation et la certification des acquis.
Du côté ivoirien, l’accord s’inscrit dans un ensemble de réformes engagées depuis 2021, dont les États généraux de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation. En avril 2026, la Côte d’Ivoire a programmé le renforcement de l’encadrement scientifique avec le recrutement de 1 800 enseignants spécialisés, le déploiement de 200 000 tablettes pour les écoles et des formations destinées aux enseignants, ainsi que des actions de contrôle de la qualité des infrastructures scolaires.
Malgré ces avancées, les deux pays restent confrontés à des défis structurels identifiés dans le texte de l’accord : déficit d’infrastructures, pénurie d’enseignants en mathématiques et en physique‑chimie, et fortes disparités de scolarisation entre régions et sexes. L’UNESCO, dans une publication de janvier 2024, place la Côte d’Ivoire à la 173e position mondiale pour le niveau d’éducation par diplôme, avec un taux de scolarisation de 52 % pour les filles et de 58 % pour les garçons.
L’accord quinquennal formalise des engagements concrets en matière d’échanges institutionnels, d’harmonisation des référentiels et de soutien technique mutuel entre la Guinée et la Côte d’Ivoire
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