Deux ans de prison avec sursis pour l’ex-député LREM Jean-Jacques Bridey pour détournement de fonds publics
L’ancien député Renaissance Jean-Jacques Bridey a été condamné à deux ans de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Paris pour détournement de fonds publics et concussion. L’affaire porte notamment sur l’usage irrégulier de son indemnité de frais de mandat et sur un cumul d’indemnités d’élu au-delà du plafond légal.

L’ancien député Renaissance du Val-de-Marne Jean-Jacques Bridey a été condamné jeudi 4 juin 2026 à deux ans d’emprisonnement avec sursis par la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, pour détournement de fonds publics et concussion sur la période 2013-2019. Le verdict a été rendu à 13h30, deux mois après l’audience du 2 avril 2026, au terme de laquelle le Parquet national financier avait requis une peine de prison avec sursis assortie de 300 000 euros d’amende et d’une peine d’inéligibilité. Le détail de l’amende et de la sanction accessoire n’avait pas été précisé au moment de la publication.
Bridey, 72 ans, né à Nice le 7 mai 1953, est une figure de la politique du Val-de-Marne. Il a été maire de Fresnes de 2001 à 2017, moment où il a dû remettre les clés de la mairie pour éviter le cumul des mandats après sa réélection comme député en juin 2017. Élu sous les couleurs du Parti socialiste en 2012, réélu sous l’étiquette LREM en 2017, il a présidé la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale de 2017 à 2019. Il était l’un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron et reste président de Renaissance dans le Val-de-Marne.
Les faits reprochés reposent sur deux chefs d’accusation distincts. Le premier, de détournement de fonds publics, porte sur l’usage illicite de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) entre 2013 et 2019 : dépenses personnelles réglées avec cette enveloppe publique, cotisations au PS payées via l’IRFM tout en bénéficiant des déductions fiscales correspondantes, encaissement sur son compte personnel de plus de 45 000 euros de chèques sans justification, et remboursement de dépenses de restaurant par la Société d’économie mixte d’aménagement de Fresnes (SEMAF), dont il était président. Le montant total des détournements est estimé à 145 749 euros selon le dossier du PNF. Le second chef, de concussion, porte sur un cumul d’indemnités d’élu dépassant le plafond légal autorisé, signalé dès 2017 par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Une procédure conduite par le Parquet national financier depuis 2019
L’enquête avait été ouverte par le PNF en septembre 2019 après la transmission du dossier HATVP. Le procès avait été renvoyé à deux reprises – d’abord au 4 septembre 2025, puis au 2 avril 2026 – en raison d’un défaut d’avis à victimes qui n’avait pas permis à toutes les institutions potentiellement lésées d’être entendues. L’association Anticor s’était jointe à la procédure par une plainte au PNF en 2022, dénonçant le manque de contrôle citoyen sur l’usage des avances sur frais de mandat. La ville de Fresnes s’était constituée partie civile quelques semaines avant l’audience.
Lors du procès du 2 avril, l’audience avait duré plus de sept heures. Le procureur du PNF avait requis de « lourdes sanctions » selon les termes de Citoyens.com, seul média ayant couvert l’audience en détail, combinant prison avec sursis, 300 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité.
Un retour politique entravé par la procédure
La procédure judiciaire a pesé sur les ambitions politiques locales de Bridey. Malgré l’imminence du procès, il avait déposé en février 2026 sa liste pour les élections municipales de mars 2026 à Fresnes. Il a obtenu 13 % au premier tour et 11,5 % au second – un score insuffisant pour peser sur l’issue du scrutin, remporté par Christophe Carlier à la tête d’une liste d’union de la droite avec 45 % au second tour. La mairie de Fresnes avait ainsi basculé à droite pour la première fois depuis vingt-cinq ans.
La présomption d’innocence qui protégeait Jean-Jacques Bridey jusqu’à ce jugement ne s’applique plus aux chefs pour lesquels il a été déclaré coupable. Il dispose d’un délai pour faire appel.
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