Mise en œuvre de la carte biométrique de la CEDEAO: les journalistes sensibilisés pour mieux informer les populations
Des journalistes béninois ont été sensibilisés ce mercredi 3 juin 2026 à Cotonou, à la Carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO, conçue pour faciliter la libre circulation des citoyens ouest-africains. Organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en collaboration avec la CEDEAO et avec l’appui de ses partenaires, l’atelier a mis en lumière les enjeux de l’intégration régionale ainsi que le rôle essentiel des médias dans la diffusion de l’information auprès des populations.

Réunis ce mercredi 3 juin à l’hôtel Sofitel de Cotonou, des journalistes béninois ont participé à un atelier de sensibilisation consacré à la Carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO. Organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en collaboration avec la CEDEAO et avec l’appui de ses partenaires, la rencontre vise à faire des médias des acteurs clés de la promotion de cet outil destiné à faciliter la libre circulation des personnes dans l’espace communautaire.
Pour les organisateurs, l’adhésion des populations à la Carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO passe avant tout par une information fiable et largement diffusée. Directrice de l’Émigration et de l’Immigration du Bénin, Chimène Lougbegnon Bossa a rappelé que le pays a commencé à délivrer ce document depuis 2020. « La Carte nationale d’identité biométrique CEDEAO est disponible au Bénin, elle est effectivement délivrée aux citoyens et elle facilite les déplacements au sein de l’espace communautaire », a-t-elle souligné devant les participants. Pour les détenteurs de la carte qui rencontreraient des difficultés lors des contrôles aux postes frontaliers, un dispositif d’assistance a été mis en place. La directrice de la DEI a précisé que deux numéros restent disponibles pour signaler toute situation problématique : le numéro vert de la Police républicaine (116) et la ligne de la Direction de l’Émigration et de l’Immigration, joignable au 01 45 12 45 76.

Adoptée par les États membres de la CEDEAO en 2014, la Carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO répond aux normes internationales de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Elle permet aux ressortissants communautaires de voyager plus facilement au sein de la région tout en renforçant la sécurité documentaire.
Pour Seve Diomande, manager par intérim du Programme d’appui à la libre circulation des personnes et à la migration, l’enjeu dépasse la simple mobilité. « La Carte nationale d’identité biométrique constitue une étape majeure dans la concrétisation de la vision d’une région plus intégrée, plus sûre et plus prospère », a-t-il affirmé.
Le représentant de l’OIM a également insisté sur les bénéfices de l’identité légale pour les populations frontalières et les petits commerçants transfrontaliers, dont les activités dépendent largement de la fluidité des déplacements. Il a rappelé que des systèmes d’identification fiables contribuent aussi à la lutte contre la fraude à l’identité, les trafics illicites et les migrations irrégulières.

Un symbole de l’intégration régionale
Directeur de la Libre circulation des personnes, de la migration et du tourisme de la CEDEAO, Albert Siaw-Boateng a replacé l’initiative dans le cadre du processus d’intégration régionale engagé depuis plusieurs décennies. « L’ENBIC n’est pas qu’une simple carte. C’est un symbole d’appartenance. C’est un outil d’inclusion. Et surtout, c’est un moyen de faciliter des déplacements sûrs, sécurisés et efficaces dans toute notre région », a-t-il déclaré.
Selon lui, la carte biométrique harmonise les systèmes d’identification des États membres tout en renforçant la coopération en matière de sécurité et de gestion des frontières. Mais son succès dépendra aussi de l’appropriation du dispositif par les populations. « Le succès de cette initiative ne dépend pas uniquement de la technologie ou des cadres politiques. Il dépend des personnes. Il dépend de la confiance. Et il dépend de l’information », a insisté le responsable communautaire.

Des réponses aux préoccupations des journalistes
Les échanges ont ensuite permis d’éclaircir plusieurs interrogations relatives au fonctionnement du dispositif. Les représentants de la CEDEAO ont notamment précisé que chaque État reste responsable de la production et de la délivrance de ses propres cartes, la Commission se limitant à définir les normes communes.
Les organisateurs ont également rappelé les trois principes fondamentaux du protocole de libre circulation adopté en 1979 : le droit d’entrée, le droit de résidence et le droit d’établissement dans les États membres. Concernant l’usage du document, les autorités ont précisé que la carte biométrique CEDEAO constitue un document de voyage valable uniquement dans l’espace communautaire et ne remplace pas le passeport pour les déplacements hors de la région.

Les médias, maillon essentiel du dispositif
Au terme de l’atelier, un message s’est imposé comme le fil conducteur de toutes les interventions : la réussite du projet dépendra en grande partie du travail d’information mené par les médias. « Vous êtes le lien entre les institutions et les citoyens. Vous façonnez la compréhension du public, influencez la perception et contribuez à renforcer la confiance dans des initiatives telles que l’ENBIC », a rappelé Albert Siaw-Boateng.
Les organisateurs espèrent ainsi que les journalistes contribueront à mieux faire connaître les avantages de la carte biométrique CEDEAO afin d’encourager son adoption et de renforcer la mobilité, la sécurité et l’intégration régionale au bénéfice des citoyens ouest-africains.

Articles liés
Bénin: décès tragique d’un puisatier en pleine opération de maintenance
Deux ans de prison avec sursis pour l’ex-député LREM Jean-Jacques Bridey pour détournement de fonds publics
CRIET: cinq ans de prison ferme pour l’ex-greffier en chef du tribunal de Parakou et son assistant
Bénin: des mesures sociales fortes dans l’enseignement dont la gratuité de la scolarité pour les filles dans le secondaire
Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.