Gisele Pélicot demande pardon face à Laurent Delahousse
Gisèle Pélicot raconte comment, entre 2011 et 2020, elle a été droguée à son insu puis violée à de multiples reprises dans son propre foyer ; découverts lors de l’arrestation de son mari, des fichiers numériques ont permis de reconstituer l’ampleur des agressions et de lancer un procès qui a abouti à des condamnations lourdes et à la publication de son témoignage.

Gisèle Pélicot raconte comment, entre 2011 et 2020, elle a été droguée à son insu puis violée à de multiples reprises dans son propre foyer ; découverts lors de l’arrestation de son mari, des fichiers numériques ont permis de reconstituer l’ampleur des agressions et de lancer un procès qui a abouti à des condamnations lourdes et à la publication de son témoignage.
Selon les éléments présentés au procès, son époux, Dominique Pélicot, aurait administré des médicaments sédatifs à sa femme alors qu’elle était inconsciente, l’auraient violée puis invité une trentaine à une cinquantaine d’hommes, rencontrés en ligne, à participer aux agressions au domicile conjugal. Les violences ont été filmées et photographiées, d’après l’accusation, constituant une archive numérique qui a servi au dossier pénal.
La bascule judiciaire est survenue en 2020, lorsque Dominique Pélicot a été interpellé dans un supermarché pour des faits de voyeurisme : filmage sous les jupes de clientes signalé par un vigile. Lors de la perquisition de son matériel informatique et de son téléphone, les enquêteurs ont retrouvé des milliers de fichiers pornographiques et des enregistrements documentant, selon l’accusation, les viols commis sur Gisèle Pélicot. L’affaire a été jugée devant la cour criminelle du Vaucluse.
Procès, condamnations et mise en lumière publique
Le procès a confronté la démarche de la justice aux questions du consentement et de la soumission chimique. Tous les hommes poursuivis pour des agressions sur la victime sont passés à la barre ; certains ont reconnu les faits, d’autres ont plaidé le consentement, argument rejeté par l’accusation au regard de l’état d’inconscience rapporté de la victime. La cour a individualisé les responsabilités en fonction de la participation, du nombre de faits reprochés, du comportement en enquête et des antécédents de chacun.
Au terme des débats, Dominique Pélicot a été déclaré coupable de viols aggravés répétés, d’administration de substances en vue de commettre un crime, ainsi que d’enregistrements et d’organisation des agressions. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Les hommes ayant pris part aux agressions ont écopé de peines variables, allant du sursis à plusieurs années d’emprisonnement ferme selon la qualification et la gravité des faits retenus contre chacun.
Sur le plan personnel et médiatique, Gisèle Pélicot publie un livre, Et la joie de vivre, coécrit avec l’auteure Judith Perrignon et paru aux éditions Flammarion ; la septuagénaire enchaîne les interviews en France et à l’étranger pour porter son témoignage. Elle est notamment passée sur le plateau de La Grande Librairie et a été invitée par Laurent Delahousse sur France 2 dans le cadre de la promotion de son ouvrage.
Lors des entretiens, elle a raconté avoir eu, dès 2013, des doutes sur l’état de ses boissons et avoir demandé à son mari : « Tu ne me droguerais pas par hasard ? » Elle a relaté la réaction de son époux, qui, selon elle, s’est mis à pleurer et l’a convaincue de s’excuser, une scène qu’elle qualifie de « terrifiante ». Elle déclare aujourd’hui tenter une reconstruction, engagée dans une nouvelle relation et cherchant à renouer des liens fragilisés avec sa fille Caroline, qui a également dénoncé des viols incestueux.



